Du 4° siècle jusque l’an mille

Du 4° siècle jusque l’an mille

Table des matières

Du 4° siècle jusque l’an mille.. 1

InTRODUCTION.. 1

Contexte historique des siècles IV, V, VI. 1

Les grands courants théologiques IV, V, VI siècles et leurs aires géographiques. 1

Le concile de Nicée : Jésus visage humain de Dieu.. 3

Cyrille d’Alexandrie, défenseur de la maternité de Marie.. 4

Le concile de Chalcédoine : le Christ est la vérité sur Dieu et la vérité sur l’homme.. 4

Saint Augustin († 430): 5

Saint Augustin lit l’Ecriture (Mt 12, 46-50 et Lc 11, 27-28) et contemple en Marie la disciple du Christ. 5

Cette méditation sur la vie intérieure de Marie et sur sa foi conduit saint Augustin à réfléchir sur la façon dont Marie a conçu Jésus. 5

La virginité de Marie est donc la résultante de sa foi 5

Marie conçoit Jésus par sa charité pleine de foi. 6

Saint Augustin médite la sainteté de Marie. 6

Ce que dit saint Augustin de Marie et de l’Eglise a une grande importance. 7

Anastase d’Antioche († 599). 9

Marie, mère de Dieu († 599) 9

En Marie, les femmes peuvent toutes se réjouir. 10

L’accomplissement d’Ez 11,4. 10

Sophrone de Jérusalem († 638) et la sainteté de Marie.. 11

Vie et oeuvres de Sophrone de Jérusalem.. 11

Sa doctrine mariale. 11

La Vierge sainte et radieuse, coopératrice de l’Incarnation du Créateur. 12

Maxime le Confesseur (†662), une “vie de Marie”. 13

Biographie de saint Maxime le Confesseur. 13

Bibliographie sur saint Maxime le Confesseur. 13

Le Christ : En la personne du Christ sont présentes et unies deux natures, avec deux volontés et deux énergies : l’humanité et la divinité. 14

La Vierge Marie : Mère de Dieu. 14

La vie de Marie selon saint Maxime le confesseur. 14

Le manuscrit 14

Les sources utilisés par saint Maxime : 15

Les critères de la narration. 15

Le contenu de la vie de Marie : 15

Germain de Constantinople (†733) 17

Vie et œuvres de saint Germain. 17

La sainteté de Marie, mère de Dieu, pour nous. 17

L’Assomption de Marie. 18

La mort de Marie. 18

L’intercession et la médiation de Marie. 19

André de Crète († environ 740) 21

Vie de saint André de Crète. 21

Bibliographie. 21

Marie, créature très sainte et rachetée. 21

La préparation de Marie. 22

Marie et la déification de la race humaine. 22

Mort et Assomption de la Vierge. 23

Mère de la vie, reine, médiatrice. 23

Idelfonse de Tolède († 657), une spiritualité mariale.. 25

Invocation à la Vierge de l’Annonciation. 25

L’incarnation miséricordieuse et la dignité de la maternité divine. 25

Marie et le judaïsme. 26

Supplication adressée à la Vierge, au Seigneur et à l’Esprit Saint 26

Jean Damascène († 750), une spiritualité mariale.. 28

Saint Jean Damascène († 750) sa vie, et sa bibliographie. 28

Bibliographie. 28

Marie et l’Ancien Testament 28

Marie immaculée dans sa conception. 29

La Beauté de Marie. 29

Marie et les vertus morales. 29

Marie mère de Dieu. 30

La virginité de Marie : 31

Assomption et royauté de Marie. 31

Marie échelle de Jacob, Marie médiatrice. 32

Le culte marial, la consécration mariale. 33

Photius († 897) 35

Vie et bibliographie. 35

Beauté spirituelle de Marie, grâce et mérite, depuis l’enfance selon Photius (897 †) 35

L’épée de Siméon selon Photius (897 †) 35

L’Annonciation, noces de Dieu et du genre humain. 36

Marie médiatrice, et Marie louée dans l’Eucharistie selon Photius. 36

Simon Métaphraste († 1000 environ) 37

Vie et bibliographie. 37

Marie pendant la passion de Jésus selon Métaphraste (†1000) 37

Assimilation.. 39

 

 

InTRODUCTION

            Nous suivrons les cours de A. GILA et de L.GAMBERO, université pontificale Marianum, Rome, résumés et traduits pour vous par mes soins.

            Ce dossier, exceptionnellement long, veut aussi montrer la continuité et le développement de la contemplation, au cours des siècles et dans une certaine unité entre l’Orient et l’Occident qui ne sont pas séparés comme se sera le cas durant le second millénaire. 

 

Contexte historique des siècles IV, V, VI

            Au IV siècle, avec le virage politique de l’empereur Constantin, l’Église dans l’empire a une nouvelle situation religieuse, culturelle et cultuelle.

            L’intérêt pour les saintes Écritures augmente ainsi que l’effort de formulation doctrinale, en réponse aux nouvelles hérésies qui concernent l’identité de Christ, de nouveau mise en discussion, et de manière respect plus subtile. La personne de Marie est aussi impliquée.

            Aux conciles régionaux succèdent les conciles oecuméniques. Dans cette période chargée de tensions se succèdent bien cinq conciles: Nicée (325), Constantinople (381), Ephèse (431), Chalcédoine (451), Constantinople II (553). Leur influence sur le développement de la doctrine et le culte marial a été énorme.

            La liturgie se développe avec les homélies, les hymnes, les eucologes, les icônes… Toutes ces expressions ne pouvaient pas ignorer celle qui n’est pas le centre, mais qui est centrale dans l’Histoire du Salut.

            Le monachisme masculin et féminin, maintenant qu’ont cessé les persécutions, pour témoigner que les chrétiens vivent dans ce monde mais ne sont pas de ce monde. Dans ce contexte la Vierge Marie devient le modèle de la consécration de la créature au Créateur.

 

Les grands courants théologiques IV, V, VI siècles et leurs aires géographiques

             

En Orient :

  • L’Église syrienne avec l’école d’Edesse, ancrée dans la Tradition est plutôt éloignée des disputes théologiques. Elle est représentée par Aphraate, et surtout Ephrem († 373) surnommé la lire de l’Esprit Saint.
  • L’Église d’Alexandrie avec l’école fondée par Origène souligne la "christologie descendante." Les représentants les plus significatifs sont Athanase († 373), qui participa au concile de Nicée et Cyrille d’Alexandrie († 444), qui participa au concile d’Ephèse. Par "Christologie descendante" on entend la christologie du Verbe-chair (Logos-sarx). À Alexandrie on avait tendance à souligner l’unité de la personne du Christ ; portée à ses conséquences extrêmes, cette tendance donna lieu à différentes hérésies: arianisme (Arius), apollinarisme, monophysisme…
  • Les Églises de l’Asie mineure sont célèbres par les trois Cappadociens, Basile, Grégoire de Nysse et Grégoire de Naziance.
  • L’Église de la Palestine est célèbre par la présence d’Origène et par les souvenirs historiques bibliques. Y sont connus l’historien Eusèbe, Cyrille de Jérusalem († 387) et Epiphane de Salamine († 403)
  • L’Église d’Antioche avec son école biblique préfère la "christologie ascendante." Représentée pour l’aspect marial par Jean Chrysostome († 407), Sévère de Gabala, († après 408). Par "Christologie ascendante" on entend, la christologie du Verbe-homme (Logos-ánthropos). La théologie d’Antioche, plus aristotélicienne, soulignait la réalité des deux natures complètes en Jésus Christ. C’est une orientation théologique parfaitement saine quand elle est sauvegardée l’unité personnelle du Christ. L’excès de la distinction des natures conduisit à l’hérésie de l’adoptianisme.

 

En Occident :

            En Occident, plus que des régions ecclésiales, nous avons des personnalités avec qui on s’identifiait. Parmi les noms les plus significatifs, nous rappelons:

  • Hilaire de Poitiers († 367), penseur perspicace et esprit œcuménique ;
  • Ambroise de Milan († 397), défini le "père de la mariologie latine" ;
  • Jérôme († 419-420) l’exégète de l’Église latine qui dédia une oeuvre à la virginité perpétuelle de Marie, encore valide aujourd’hui sous l’aspect exégétique ;
  • Augustin († 430), le plus grand des Pères de l’Église latine et peut-être de toutes les Églises.

 

 

 

            Le choix des auteurs et des textes présentés répondra à notre thématique mariale. 

 

Le concile de Nicée : Jésus visage humain de Dieu.. 3

Cyrille d’Alexandrie, défenseur de la maternité de Marie.. 4

Le concile de Chalcédoine : le Christ est la vérité sur Dieu et la vérité sur l’homme.. 4

Saint Augustin († 430): 6

Anastase d’Antioche († 599). 10

Sophrone de Jérusalem († 638) et la sainteté de Marie.. 12

Maxime le Confesseur (†662), une “vie de Marie”. 14

Germain de Constantinople (†733) 18

André de Crète († environ 740) 22

Idelfonse de Tolède († 657), une spiritualité mariale.. 26

Jean Damascène († 750), une spiritualité mariale.. 29

Photius († 897) 36

Simon Métaphraste († 1000 environ) 38

Assimilation.. 40

 

 

 

Le concile de Nicée : Jésus visage humain de Dieu

 

Question : Est-ce que Jésus est le visage humain de Dieu?

 

1) Arius répond : non! Parce que:

 

            Si le Fils de Dieu était Dieu, dans le sens le plus fort du terme, il mettrait en échec la transcendance de Dieu même et le monothéisme biblique; si le Fils de Dieu est engendré, alors il est inférieur, il est créé (= démiurge, demi-dieu).

 

            Arius et surtout Apollinaire croient que le Verbe en s’incarnant a assumé un homme sans âme: il est lui-même l’âme de son humanité.

             

            Le Christ n’est donc pas un médiateur solidaire avec Dieu et l’homme mais un intermédiaire. Dans cette réponse d’Arius et d’Apollinaire, la maternité véritable et surtout divine de Marie est rendue vaine.

 

2) Les Pères du concile de Nicée (325) répondent : oui! Parce que:

  • "Qui m’a vu, a vu le Père" (Jn 14,9), c’est la réponse bouleversante de Jésus à Philippe. Jésus est le visage humain de Dieu!
  • Le concile de Nicée affirme la foi en un seul Seigneur Jésus-Christ, le fils unique de Dieu, c’est-à-dire de même nature (substance) que le Père, il est Dieu né de Dieu, Lumière né de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père. (Cf. DS 125)

 · Le Christ est donc vrai médiateur, solidaire avec les deux parties: il est vraiment homme et vraiment Dieu. Comme tel, il nous a vraiment sauvé: "Pour nous les hommes et pour notre salut, il se fit homme".

  • Athanase qui participa au Concile dira :

"Si le Fils était une créature, l’homme resterait simplement mortel, sans être uni à Dieu. (…) L’homme ne pouvait pas être divinisé en restant uni à une créature, si le Fils n’était pas vrai Dieu." [1]

 

            L’apollinarisme sera condamné par le premier concile de Constantinople (381), qui dans son symbole reprend celui de Nicée et lui donne sa forme définitive, entré dans l’usage liturgique de l’Église (Cf.DS 150).

 

· Dès lors que les Pères conciliaires affirmèrent avec force la consubstantialité du Fils avec le Père, il est clair qu’ils permirent une profonde compréhension de la maternité divine. En outre, en soulignant avec force "pour nous et pour notre salut homme", indirectement il est précisé que la maternité divine garantit notre salut. Dans ce contexte, il n’est pas étrange que l’empereur Constantin dans son discours au concile, ait fait usage du titre "Theotokos." [2]

 

Cyrille d’Alexandrie, défenseur de la maternité de Marie

 

            Dans la ligne de l’école d’Antioche, Nestorius accentue le caractère concret et la singularité de l’humanité de Jésus, jusqu’à considérer en lui un être humain complet, uni seulement moralement à la personne divine du Fils: le Verbe serait reçu dans l’homme Jésus comme dans un temple ; Nestorius déplore que Marie fût appelée mère de Dieu.

 

Cyrille d’Alexandrie répond :

-En Jésus Christ le Verbe s’est approprié l’homme, il l’a fait sien ;

-Jésus avait ce qu’aujourd’hui nous appelons "personnalité" parce que cela fait partie de la nature humaine ;

-La "communication des idiomes" selon laquelle les attributs entre l’humanité et la divinité de Jésus peuvent être échangés dans l’unité de la personne, est légitime.

- La reconnaissance de Marie comme Theotokos est juste et fondée ;

 

  • Le document doctrinal le plus important, reçu par le concile d’Ephèse, est la seconde lettre de Cyrille à Nestorius, qui déclare explicitement:

"Voici ce qu’enseigne la doctrine de la foi plus sûre, ce qu’avaient retenu les saints Pères : en effet ils n’ont pas craint d’appeler la sainte vierge Theotokos (mère de Dieu), non pas en ce sens que la nature du Verbe et sa divinité ait eu de la sainte Vierge le début de son origine, mais qu’en ayant tiré d’elle ce corps sacré perfectionné par l’âme intelligente à qui il était uni selon l’hypostase, se déclare né selon la chair." [3]

 

Jésus Christ est l’humanisation de Dieu, c’est l’approche de Dieu vers l’homme. La Theotokos en est la garantie[4].

 

Le concile de Chalcédoine : le Christ est la vérité sur Dieu et la vérité sur l’homme

 

Le Christ est la vérité sur Dieu et la vérité sur l’homme.

 

Le concile précise l’union hypostatique, c’est à dire l’union de la nature humaine et de la nature divine dans une seule personne, le Christ :

 « Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation » (DS 302)

 

Marie est la garantie de l’identité du Christ : « Le même, engendré du Père avant les siècles selon la divinité, [engendré] dans les derniers jours pour nous et pour notre salut, de Marie la Vierge, la mère de Dieu, selon l’humanité. » (DS 301)

 

 

 

Saint Augustin († 430):

            Saint Augustin est un païen converti, il fut disciple de saint Ambroise, puis évêque d’Hippone en Afrique du Nord. Il mourut en 430. Son influence est considérable.

Je remercie le professeur A.Gila pour ses cours au Marianum, dont je m’inspire ici.

Saint Augustin lit l’Ecriture (Mt 12, 46-50 et Lc 11, 27-28) et contemple en Marie la disciple du Christ.

« Il [Jésus] dit : "Les voici, mes frères ; et quiconque aura fait la volonté de mon Père, celui-là est mon frère et ma mère et ma sœur" (Mt 12, 46-50). Que nous enseigne-t-il par là, sinon à faire passer notre parenté spirituelle avant notre parenté selon la chair et à tenir les hommes pour heureux non pas du fait qu’ils sont liés par le sang à des justes et à des saints, mais du fait qu’en suivant leur doctrine et leurs exemples, ils deviennent leurs alliés. C’est ainsi que Marie fut plus heureuse de recevoir la foi du Christ que de concevoir la chair du Christ. Car à qui lui disait : "Bienheureux le sein qui vous a porté", le Christ lui-même répondit : "Bien plus heureux ceux qui entendent la parole de Dieu et l’observent" (Lc 11, 27-28). En fin de compte, ses frères, c’est-à-dire ses proches selon la chair qui ne crurent point en lui, à quoi leur a servi cette parenté ? De même, le lien maternel n’eut servi de rien à Marie, si elle n’avait eu plus de bonheur à porter le Christ dans son cœur que dans sa chair. » [5]

           

            La Vierge est vue comme la figure exemplaire du croyant. L’idée est déjà présente dans le parallèle ancien entre Ève et Marie (Cf. Irénée). C’est Augustin qui porte à l’accomplissement le développement du thème de la foi de Marie. La virginité de Marie est donc exemplaire parce qu’elle exprime son dévouement inconditionnel à Dieu dans la foi, et non pas pour un simple aspect physique et charnel.

 

Cette méditation sur la vie intérieure de Marie et sur sa foi conduit saint Augustin à réfléchir sur la façon dont Marie a conçu Jésus. 

            L’expression célèbre d’Augustin reprise par saint Léon le Grand: «prius concepit mente qua ventre»[6] (Marie conçoit d’abord dans l’esprit) esquisse l’attitude de l’homme vis-à-vis de l’initiative divine: à l’Esprit qui donne répond l’acceptation de la créature humble dans la foi et qui se rend disponible aux desseins de Dieu. Et le Verbe peut ainsi s’incarner dans l’homme.

La virginité de Marie est donc la résultante de sa foi

            Dans un sermon pour le jour de Noël, saint Augustin parle de Dieu qui fait que Marie reste vierge dans l’enfantement.

« 1. 1. Réjouissons-nous, mes frères ; que les peuples tressaillent de bonheur et d’allégresse. Ce n’est pas ce soleil visible, mais son invisible Créateur qui a fait pour nous de ce jour un jour sacré ; quand, devenu visible pour l’amour de nous, l’invisible Créateur de sa mère est né de son sein fécond sans aucune atteinte à sa pureté virginale ; car elle est restée Vierge en concevant son Fils, Vierge en l’enfantant, Vierge en le portant, Vierge en le nourrissant de son sein, Vierge toujours. (…) Il se créa donc une Mère tout en demeurant dans le sein de son Père ; et naissant d’elle, il ne cessa de demeurer en Lui. Et comment aurait-il cessé d’être Dieu en se faisant homme puisqu’il accordait à sa Mère de ne pas cesser d’être Vierge, tout en l’enfantant ? Aussi en se faisant chair le Verbe n’a point péri, il ne s’est point transformé en chair ; c’est la chair qui s’est unie au Verbe pour ne point périr. »[7]

 

« [L’ange répondit à Marie : ] Vous resterez Vierge ; croyez seulement la vérité, conservez votre virginité, recevez même ce qui la complétera. Votre foi étant intègre, votre virginité restera sans tache.»[8]

Saint Augustin

Marie conçoit Jésus par sa charité pleine de foi.

« C’est toute l’humanité que s’est unie le Verbe, à savoir l’âme raisonnable et le corps, pour ne former qu’un même Christ, qu’une même personne divine, qu’un seul Fils de Dieu, tout en n’étant pas seulement le Verbe, mais le Verbe et son humanité, tout est en même temps Fils de Dieu le Père comme Verbe, et fils de l’homme comme homme. Comme Verbe, il est égal au Père ; comme homme, il lui est inférieur. Uni à son humanité il est Fils de Dieu, mais à cause du Verbe qui s’est uni à elle ; et uni au Verbe il est fils de l’homme, mais à cause de l’humanité que le Verbe s’est unie. En considération de sa conception toute sainte dans le sein de la Vierge, conception qui n’a pas été due aux ardeurs de la concupiscence, mais à la ferveur d’une charité pleine de foi, nous disons encore qu’il est né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, l’un de ces deux noms désignant, non pas Celui qui a engendré, mais Celui qui a sanctifié, et l’autre s’appliquant à Celle qui l’a conçu et mis au monde. »[9]

 

Saint Augustin médite la sainteté de Marie

            Saint Augustin, comme son maître Ambroise n’ont pas le moindre doute sur la sainteté de Marie. Sa doctrine servit de base à la plus grande partie des théologiens occidentaux qui ont suivi. Mais les circonstances difficiles où il écrivit (contre les hérésies) firent que quelques textes, parmi les plus discutés en mariologie, furent interprétés avec des divergences considérables. Nous devons distinguer deux problèmes différents: son idée sur la sainteté de Marie et son attitude envers la doctrine de l’immaculée Conception.

 

a)Sur la sainteté de Marie il n’a aucun doute bien qu’il attaque les pélagiens qui la défendent.

 

            Les disciples de Pélage soutenaient la vie ascétique et consacrée, et ils considéraient Marie comme leur modèle.

            Selon saint Augustin, leur doctrine était fausse, non pas parce qu’elle niait la sainteté de Marie, mais parce que Pélage se basait sur les propres forces de Marie. Saint Augustin défend au contraire la sainteté personnelle de Marie comme un privilège, et donc, comme une grâce. 

            Ce qu’Augustin attaquait était le fait que Pélage utilisât la sainteté de Marie comme appui pour une doctrine incorrecte sur la grâce du Christ. Et sur ce point Augustin ne cèdera pas : il n’existe pas de grâce qui ne vienne pas du Christ. Ce qu’Augustin veut défendre à tout prix, c’est que Marie est sainte en tant qu’elle a été rachetée, et que sa sainteté extraordinaire n’est pas un motif pour l’affirmer comme une exception vis à vis de l’universalité de la rédemption dans le Christ.

            Marie a été sainte, oui, parce qu’elle a été remplie de l’Esprit Saint, en vertu de sa vocation à la maternité divine, et non pas par un effort personnel:

« Le même Fils premier-né de Dieu, Jésus Christ, unique Seigneur, est né de l’Esprit Saint et de Marie Vierge. L’Esprit Saint est aussi Dieu, pas moins que le Père et le Fils. Donc, que signifie l’intervention de l’Esprit Saint dans la naissance de Jésus Christ sinon la grâce? Car la vierge ayant demandé à l’ange comment cela arrivera ce qu’il lui avait été annoncé étant donné qu’elle ne connaissait pas d’homme, l’ange lui répondit: "L’Esprit Saint descendra sur toi" (Lc 1,30 » (Enchiridion sive de fide, spes et charitate, 37,11; PL 40,251)

 

b) L’opinion de saint Augustin sur l’immaculée Conception, s’il en a eu une et il ne s’agit pas d’un problème postérieur, est très discutée. Quelques théologiens affirment vaillamment le fait que dans les textes antipélagiens Augustin ait enseigné cette doctrine; d’autres considèrent que cette opinion est anachronique.

 

Ce que dit saint Augustin de Marie et de l’Eglise a une grande importance

            Sur le rapport "Marie et Église", Augustin explique ceci :

  • L’Eglise est plus grande que Marie car Marie est membre de l’Église, membre sublime et saint, mais seulement un membre: l’Église est le "corps" dont font partie tous les membres, y compris Marie, et l’Eglise forme avec sa tête (le Christ) une seule chose : le Christ total.
  • Il y a un rapport de "similitude" entre l’Église et Marie, vierge et mère.
  • Marie est mère des membres du Christ, c’est-à-dire des fidèles.
  • La charité est le fondement de la fécondité spirituelle.

 

            L’Eglise est le Corps du Christ, elle est la vierge du Christ par la foi, l’espérance et la charité. Cette image de l’Eglise dérive de celle de la figure de Marie. Ce que Marie a accompli en faisant la volonté du Père (sa volonté de salut pour que tous deviennent le corps du Christ) l’Eglise et chaque fidèle continue de l’accomplir comme elle et avec elle.

            « Le Christ a pour frères et pour sœurs tous les hommes et toutes les femmes qui se sanctifient parce qu’ils sont ses cohéritiers dans l’héritage céleste : sa mère, c’est l’Église toute entière, car, par la grâce de Dieu, c’est elle qui met au monde ses membres, c’est-à-dire ses fidèles. Sa mère, c’est encore toute âme pieuse qui accomplit la volonté de son Père, en vertu de cette charité qui est si féconde en ceux qu’elle enfante jusqu’à ce que le Christ lui-même soit formé en eux. Marie elle-même, en faisant la volonté de Dieu, n’est, corporellement, que la mère du Christ ; mais spirituellement, elle est donc et sa sœur et sa mère. »[10]

 

            « Cette femme unique [Marie] est vierge et mère non seulement selon l’esprit, mais aussi selon le corps. Elle n’est pas la mère, selon l’esprit, de notre chef qui est le Sauveur lui-même ; spirituellement, elle est plutôt sa fille, - car tous ceux qui auront cru en lui, et elle est du nombre, sont appelés à juste titre les fils de l’époux (Mt 9, 15) ; - mais elle l’est de toute évidence de ses membres – et nous en sommes – car elle a coopéré, par la charité, à la naissance, dans l’Église, des fidèles qui sont les membres de ce chef ; selon la chair, au contraire, elle est la mère du chef lui-même. Il fallait en effet que notre chef, par un miracle insigne, naquit, selon la chair, d’une vierge, pour signifier que ses membres naîtraient, selon l’esprit, de cette autre vierge qu’est l’Église. » [11]

 

Augustin, pose le fondement de la maternité spirituelle aussi bien de Marie que de l’Eglise, et c’est la charité. Une charité qui en Marie provient de la foi, et la rend féconde en engendrant le Christ-tête par l’œuvre de l’Esprit Saint et qui la rend féconde aussi en coopérant dans l’Église à la régénération du corps du Christ, c’est-à-dire de tous les membres, durant toute l’histoire.

 

Le regard de saint Augustin ne s’étend pas à tout le chemin historique de l’Église mais il se fixe d’abord sur le moment décisif de l’Annonciation, quand le Christ s’insère par elle dans notre « pâte » en la transformant ; c’est alors que la foi et l’amour de la Vierge, envers de lui et envers de nous, lui donne d’être la mère de la tête ainsi que la mère des membres. De cette façon la maternité spirituelle de Marie se prolonge dans l’Église.

 

 

  • Saint Augustin († 430) a eu l’intuition que Marie est la mère des membres du Christ:

 « Cette femme unique [Marie] est vierge et mère non seulement selon l’esprit, mais aussi selon le corps. Elle n’est pas la mère, selon l’esprit, de notre chef qui est le Sauveur lui-même ; spirituellement, elle est plutôt sa fille, - car tous ceux qui auront cru en lui, et elle est du nombre, sont appelés à juste titre les fils de l’époux (Mt 9, 15) ; - mais elle l’est de toute évidence de ses membres – et nous en sommes – car elle a coopéré, par la charité, à la naissance, dans l’Église, des fidèles qui sont les membres de ce chef. » [12]

            Jésus avait dit: "Quiconque fait la volonté du Père mien qui est dans les cieux, celui-ci c’est mon frère, ma sœur et ma mère"[13]. Avant tout, l’Église est la Mère du Christ, parce qu’elle engendre ses membres. Les fidèles peuvent devenir aussi "mère" du Christ dans la mesure où ils font la volonté du Père. Augustin présente son interprétation de "faire la volonté du Père": faire la volonté du Père veut dire aimer les hommes pour qu’ils soient régénérés en Dieu et que le Christ soit formé en eux. Ceci suppose une charité authentique. Si donc celui qui fait la volonté du Père devient spirituellement "mère" du Christ, Marie l’est aussi, et plus que tout autre fidèle, « elle a coopéré, par la charité, à la naissance, dans l’Église, des fidèles qui sont les membres de ce chef. » Il s’agit d’une coopération efficace à la naissance spirituelle des hommes qui se réalise dans l’Eglise et par l’Eglise.

 

 

 

Anastase d’Antioche († 599).

Il fut nommé patriarche d’Antioche en 559 et mourut en 599.

N.B. Il y a une confusion entre Anastase d’Antioche et Anastase du Sinaї. Il n’est pas du tout certain qu’Anastase d’Antioche fût d’origine palestinienne et qu’il eût passé quelque temps comme moine sur le mont Sinaï.

Il résista à l’empereur Justinien qui tendait d’imposer comme doctrine orthodoxe la théorie qui proposait l’incorruptibilité du corps de Christ avant la résurrection. Justin II se trouva aussi devant le ferme résistance d’Anastase quand il tenta d’usurper les biens de l’Église[14]. Il mourut en 599.

 

Marie, mère de Dieu († 599)[15]

Dans l’homélie pour la Présentation au Temple (Ipapante) Anastase d’Antioche (†599) appelle la Vierge Mère du Seigneur et Mère de Dieu sans toutefois utiliser le titre Theotokos.

Il souligne la réalité de cette maternité : Marie fournit vraiment la matière pour la formation du corps du Seigneur qui est un corps naturel, absolument humain, bien qu’il ait été engendré de manière miraculeuse ; d’autre part, la nature transcendante de l’enfant justifie le titre Mère de Dieu.

 

C’est la liturgie qui introduit les croyants dans le mystère du Christ.

Le fait que le mystère du Verbe de Dieu, dans l’événement de l’Incarnation, nous soit devenu familier ne lui enlève rien de son mystère abyssal. Seules la parole de Dieu et la participation aux mystères divins célébrés dans la liturgie peuvent donner un peu de lumière à notre esprit.

 

Le Christ est homme parfait.

Avec l’affirmation de la divinité de Christ, l’évêque d’Antioche insiste aussi sur son humanité : Le Christ nous est consubstantiel, il est non seulement un vrai homme dans sa constitution psycho-physique, en tant qu’il est formé d’un corps devenu instrument de la divinité et d’une âme raisonnable, mais aussi en vertu de son adaptation à la mentalité, aux coutumes et aux lois de son peuple.

 

En lien avec l’Incarnation, Marie collabore au salut.

« O divine et bienheureuse Vierge, échelle qui s’élève vers le ciel, porte du paradis, entrée de l’incorruptibilité, trait d’union et lien entre Dieu et les hommes. »

Dans le même passage Anastase salue Marie comme « la nourriture de vie et la source d’immortalité » à cause de son lien maternel avec son Fils offert dans l’Eucharistie.

 

En Marie, les femmes peuvent toutes se réjouir

            Dans l’homélie pour la Présentation au Temple[16] saint Anastase d’Antioche (†599) rappelle que la faute originelle avait apporté la mort, mais que Marie engendre le salut :

« Comme donc à travers la femme survint la mort, il fallait que par la femme le salut fût prodigué.

Nous sommes tous morts à cause de cette femme trompée par le plaisir ; par contre grâce à cette autre femme, nous avons été rendus à la vie. Et nous avons reçu les biens que nous avions perdu, et des biens beaucoup plus grands et encore plus précieux… »

(le bien le plus précieux est le Christ)

            Puis saint Anastase en conclut qu’en Marie toutes les femmes peuvent se réjouir :

« Jusqu’à ce moment les femmes avaient entendu ces paroles : Vous accoucherez dans les douleurs (Cf Gn 3,16 ) ; et sur elles toutes tombait ce commandement divin, comme une succession héréditaire inexorable. Mais à partir de toi le sexe féminin commença à entendre d’autres paroles : Réjouissez-vous, femmes, parce que vous avez accueilli le commencement de la joie, c’est-à-dire celle qui entre toutes les vierges est seule la pleine de grâce, la seule belle, immaculée, sainte, en d’autres mots: Marie Mère de Dieu »

 

L’accomplissement d’Ez 11,4

Dans l’homélie pour la Présentation au Temple[17] saint Anastase d’Antioche (†599) montre qu’en Marie, bénie entre toutes les femmes, la prophétie d’Ezéchiel s’accomplit :

 « En effet ni le soleil, avec sa flamme de volupté, ne t’a brûlé, ni la force qui émane de la lune pendant la nuit ne t’a nui, parce que tu n’as pas abandonné à l’incertitude (ps 120,3) le pied de ton âme, mais en l’appuyant vivement sur la pierre, tu es restée indomptée et le Seigneur t’a gardé lorsqu’il est entré lui seul, en toi et de toi est sorti, (Cf Ez 11,4) en te laissant close et scellée pour toujours. »

 

 

Sophrone de Jérusalem († 638) et la sainteté de Marie

Vie et oeuvres de Sophrone de Jérusalem

 Sophrone naquit à Damas entre 550 et 560. Maître de rhétorique, il se fit moine en Palestine; il visita les monastères égyptiens et Rome. En 633 il se rendit de nouveau en Egypte dans le but d’empêcher que le patriarche d’Alexandrie Ciro proclamât le soi-disant "Pacte d’union" avec quelques groupes monophysites (voulant affirmer une énergie seule; cette doctrine n’est pas fidèle à l’évangile, il y a seulement une personne du Christ, vrai Dieu et vrai homme qui opère tout, mais soit avec l’énergie humaine soit avec l’énergie divine, il y a deux énergies, l’énergie humaine lui permet de dormir, d’avoir faim ou de mourir). N’ayant pas réussi dans son entreprise, Sophrone se rendit à Constantinople auprès du patriarche Serges. Il fut appelé en 634 à succéder à Modeste comme patriarche de Jérusalem. Il mourut en 638.

 

Ses écrits :

- L’épître synodique à Serges, qui fut approuvé officiellement par le 6e Concile œcuménique, celui de Constantinople III (680-681)

- Ses homélies,

- Ses hymnes liturgiques.

 

Bibliographie:

Pour les problèmes d’authenticité cf. CPG, En, 7635-7681.

Texte grec en PG 87,3,3147-4014;

Traduction italienne des textes sélectionnés in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, Roma 1989, pp. 138- 169.

Il semble qu’une étude monographique n’existe pas encore sur sa doctrine mariale.

 

Sa doctrine mariale

 

Le péché originel

Pour comprendre toute la vigueur de la doctrine de Sophrone sur la sainteté de la Vierge, il faut avoir présent à l’esprit ses idées en sujet de péché originel. Il n’hésitait pas à le considérer comme une désobéissance que nous avons tous commis en Adam et qui a entraîné la condamnation et la décadence de notre nature[18]. En induisant la chute d’Adam, Satan a rendu tous les êtres humains transgresseurs du commandement de Dieu[19]. Le corps qu’ils reçoivent d’Adam, leur premier père est mortel parce qu’il a contracté la même corruption du corps de leur ancêtre[20].

 

La Vierge sainte et radieuse, coopératrice de l’Incarnation du Créateur.

 Sophrone de Jérusalem écrit:

"À propos de l’incarnation, je crois que Dieu le Verbe, le Fils unique du Père…, touché de compassion pour notre nature déchue, de son initiative, par vouloir de Dieu qui l’a engendré et avec le consentement de l’Esprit…, est descendu vers notre bassesse,… et que, en entrant dans le sein tout resplendissant de pureté virginale de Marie, la Vierge sainte et radieuse, pleine d’une sagesse divine et exempte de toute tache du corps, de l’âme et de l’esprit, s’est incarné, lui qui est incorporel…; il s’est fait vraiment homme, lui qui reste toujours Dieu … il a voulu se faire homme pour purifier le semblable avec le semblable ; pour sauver le frère au moyen du frère… Voilà pourquoi une Vierge sainte est choisie ; elle a été purifiée dans son corps et dans son âme; étant chaste, pure et immaculée, elle devient la coopératrice de l’Incarnation du Créateur." [21]

 

  • Dieu a voulu purifier la nature humaine au moyen de cette nature même et donc il a décidé l’incarnation du Fils. Mais il a aussi voulu que l’instrument auxiliaire de cette purification, Marie, fût indemne de toute tache.

 

  • Quand et comment cette sanctification de la Vierge arriva-t-elle ? Il le dit dans l’homélie pour l’Annonciation : "L’Esprit Saint descendra sur de toi, o immaculée, pour t’orner d’une plus splendide pureté et pour t’accorder la capacité de porter du fruit."[22]

 

  • La sanctification de Marie advient donc avant que l’événement de l’incarnation et elle fut opérée par l’Esprit Saint. L’auteur utilise le verbe prokekathartai; le même verbe utilisé par Grégoire de Naziance quand il parle aussi de pré-purificazione de Marie.

 

  • On ne peut cependant pas encore parler d’Immaculée Conception car Sophrone ne situe jamais Marie dans la problématique, pourtant connue, du péché originel.

 

  • La sainteté radieuse de Marie lui donne de coopérer à l’Incarnation.

 

La Vierge sainte et radieuse, coopératrice de l’Incarnation du Créateur

 Sophrone de Jérusalem a écrit dans une lettre très importante qui fut officiellement approuvée par le 6e concile oecuménique Constantinople II (680-681) :

 

"À propos de l’Incarnation, je crois que Dieu le Verbe, le Fils unique du Père…, touché de compassion pour notre nature déchue, de son initiative, par vouloir de Dieu qui l’a engendré et avec le consentement de l’Esprit…, est descendu vers notre bassesse,… et que, en entrant dans le sein tout resplendissant de pureté virginale de Marie, la Vierge sainte et radieuse, pleine d’une sagesse divine et exempte de toute tache du corps, de l’âme et de l’esprit, s’est incarné, lui qui est incorporel…; il s’est fait vraiment homme, lui qui reste toujours Dieu … il a voulu se faire homme pour purifier le semblable avec le semblable ; pour sauver le frère au moyen du frère… Voilà pourquoi une Vierge sainte est choisie ; elle a été purifiée dans son corps et dans son âme; étant chaste, pure et immaculée, elle devient la coopératrice de l’Incarnation du Créateur." [23]

 

 

 

 

Maxime le Confesseur (†662), une “vie de Marie”

thème 1 On peut utiliser pour le thème 1 simplement le paragraphe « la vie de Marie », qu’il est intéressant de laisser avec l’explication sur les sources et les critères qu’il utilise. La bibliographie donnée en note (pour trouver le texte français complet) est suffisante dans ce cadre. Cette présentation de la vie de Marie de saint Maxime pourrait remplacer fort bien celle qu’avait proposer Olivier (thème 1) et qui péchait parce qu’elle mélangeait sans explications apocryphes et évangile.

[thème 6, présentation complète de l’auteur et du cadre christologique de la vie de Marie, le 1e paragraphe sur le Christ correspond aux discussions des premiers conciles Chalcédoine, Constantinople, il certainement un peu difficile, mais finalement ce sont des questions que les gens se posent encore, et il a sa place ; la grande bibliographie concerne aussi ce paragraphe.]

 

Biographie de saint Maxime le Confesseur

  • Né à Constantinople vers 580 dans une famille byzantine noble, il entra dans l’administration impériale comme haut dirigeant ;
  • Vers 613-614, il laissa volontairement son métier pour embrasser la vie monastique, en entrant dans le monastère de Chrysopolis, situé sur le Bosphore, devant Constantinople puis il passa en Egypte.
  • On doit lui reconnaître un esprit indépendant, ouvert et universel, une intelligence vive et profonde. Tout ce qui est authentiquement dogmatique ou ascétique-mystique n’est autre que le fruit d’une compréhension profonde et vitale de l’Écriture.
  • Il se rendit à Rome pour prendre part au Synode de Latran en 649, convoqué par le pape Martin I. Le synode condamna le monothélisme et l’édit impérial avec lequel l’empereur avait interdit de discuter sur le problème. L’empereur réagit férocement à la convocation du synode et à ses conclusions. Le Pape Martin fut arrêté, torturé, déposé et exilé en Crimée. Maxime, après l’arrestation, le procès et les tortures (la langue et la main droite lui furent amputées), fut déporté en Thrace, où il mourut en 662, en méritant le titre de "confesseur" de la foi.

 

Bibliographie sur saint Maxime le Confesseur

Vie de Marie : (texte georgien et français) : CSCO 478-479 traduction en italien (extraits) dans Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, Roma 1989, pp. 186-187.

Autres oeuvres (texte grec) : PG 90 et 91 (Migne)

Etude de l’authenticité des textes : Clavis patrum Grecorum III 7688-7721

Etudes diverses :

Urs von BALTHASAR, Kosmische Liturgie. Das Weltbild Maximus des Bekenners, Einsiedeln 1961.

M. LETHEL, Théologie de l’agonie du Christ. La liberté humaine du Fils de Dieu et son importance sotériologique mises en lumière par saint Maxime le Confesseur, Paris 1979 ;

F . HEINZER, Gottes Sohn als Mensch. Die Struktur des Menschenseins Christi bei Maximus Confessar, Fribourg 1980;

A. Ceresa GASTALDO, Maria di Nazaret nelle opere di Massimo Confessore, in Studi Tardoantichi VII (1989),379-385 (Università di Messina).

 

Le Christ : En la personne du Christ sont présentes et unies deux natures, avec deux volontés et deux énergies : l’humanité et la divinité.

 

Saint Maxime le Confesseur place au centre de l’histoire humaine la personne divine du Verbe Incarné. Le temps et les événements qui ont précédé sa venue sur la terre est la préparation providentielle à l’économie de l’incarnation. Le temps qui la suit constitue l’âge du salut qui doit se réaliser pour chaque être humain à travers un processus de divinisation véritable (theosis).

 

Cette divinisation consiste en une expérience de type mystique où l’Esprit Saint conduit la créature humaine vers la participation consciente à l’humanité glorifiée du Christ. Il vient à notre rencontre dans la célébration des mystères de l’Église et de manière spéciale dans l’Eucharistie.

 

En tant qu’il est le nouveau commencement d’une vie divine en l’homme, il faut que le Christ soit vrai Dieu et homme parfait et complet ; il lui faut posséder une vraie nature (physis) humaine à côté de la nature divine et une volonté (thelema) humaine, cause d’un agir (énergie) humain, à côté de la volonté et à l’agir divin. Si cependant la volonté et la capacité d’agir appartiennent à la nature, un acte de volonté déterminé appartient à la personne, dans un acte précis agit donc une énergie « théandrique »[24] : c’est un seul acte où confluent les deux volontés et les deux libertés, dans l’unité (monadikos).[25]

Par exemple, avant sa passion, l’humanité du Christ aurait pu dire non, mais librement elle s’unit à la divinité.

 

La Vierge Marie : Mère de Dieu

 

Le rapport du fils et de la mère concerne la personne. Nous aussi, alors que notre âme vient de Dieu, notre mère est la mère de notre personne, corps et âme. Marie est la mère du Christ qui est une personne unique, Marie est la Mère de Dieu.

« Nous croyons que la très sainte Vierge est réellement et véritablement Mère de Dieu. C’est-à-dire que nous croyons non pas qu’elle est la mère d’un pur et simple homme, qui serait formé pour ainsi dire en un battement d’œil, avant et séparément de l’union avec le Verbe et divinisé ensuite grâce à ses oeuvres accumulées et à l’obtention du plus haut degré de vertu ; mais nous croyons que la Vierge est la mère du Verbe de Dieu lui-même, du Fils unique de la sainte Trinité qui a assumé en elle la chair par une conception mystérieuse, et est devenu homme parfait. » (Epist 12, PG 91,504).

 

La vie de Marie selon saint Maxime le confesseur[26]

 

Le manuscrit

Cet écrit est plutôt long, est apparu en version géorgienne, et a été publié en 1986 par Michel-Jean van Esbroeck dans sa version géorgienne et en traduction française.

Si l’écrit est vraiment de Maxime, avant 626, alors on peut accepter l’hypothèse qu’il ait influencé la composition de deux autres vies plus tardives de la Vierge, celle de Jean le Géomètre et celle de Siméon Métaphraste. Mais il n’est pas encore possible d’attribuer avec certitude absolue que cette biographie de Marie soit de Maxime le Confesseur.

 

Les sources utilisés par saint Maxime :

- La source la plus importante, celle qu Maxime préfère, c’est l’Évangile que Maxime professe avec fidélité. Les autres renseignements ou hypothèses personnelles viennent sont rassemblés dans la mesure où ils se concilient d’une façon ou d’une autre avec cette source principale.

- Puis viennent les Pères de l’Église définis comme "théophores", leurs mots lequel mots sont pleines de sagesses et inspirées par l’Esprit Saint. L’auteur nomme en particulier Grégoire le Thaumaturge, Athanase, Grégoire de Nysse et Denis l’Aréopagite.

- Les apocryphes peuvent aussi être utilisés, mais seulement ceux qui sont cités et confirmés par les Pères de l’Église.

- L’auteur s’inspire aussi des textes de la liturgie de l’Église dont il fait un ample usage. E.Toniolo a fait une découverte intéressante: il s’est rendu compte que dans la dernière section de la Vie de Marie, l’hymne Acathiste est cité entièrement.

 

Les critères de la narration

            Maxime fait en sorte que son récit soit toujours en harmonie avec les grandes vérités de la foi autour de Marie : la maternité divine, la triple virginité, sa sainteté totale. Sur ces bases il fonde, par exemple, le récit du Dormition et de l’Assomption au ciel.

            Mais le critère dominant est la conscience de l’union parfaite de la Mère avec le Fils en tous les événements de sa vie terrestre jusque dans son union définitive avec le fils dans la gloire céleste.

 

Le contenu de la vie de Marie :

1. Il commence avec une préface: louanges à Dieu pour ses desseins providentiels et à la Vierge.

2. Suivent la Nativité de Marie, enfance et surtout les années passées dans le temple de Jérusalem (apocryphe).

3. Suivent les récits de l’Annonciation, de la visite à Elisabeth et un commentaire du Magnificat. (Évangile)

4. Il s’occupe de l’histoire de Joseph ; décrit la naissance du Christ à Bethléem, l’adoration des mages, le massacre des enfants innocents, la circoncision de Jésus. (Évangile)

5. Il continue avec la Présentation de Jésus au temple, la fuite en Egypte, le retour au Nazareth, l’enfance de Jésus, son recouvrement au temple, la vie cachée au Nazareth. (Évangile)

6. Il fait une conjectures qu sujet d’autres événements possibles de la vie du Christ et de Marie : présence de la Vierge au baptême du Christ et pendant sa vie publique. Elle l’aurait toujours accompagné.

7. Il suppose la participation de Marie à la passion de Jésus; sa participation aux souffrances du Fils, selon la prophétie de Siméon; la présence de la Mère au sépulcre du Seigneur.

8. Marie aurait été l’unique témoin de l’événement de la résurrection; et jusqu’à l’Ascension elle aurait été présente aux apparitions du Ressuscité. Après l’Ascension, elle resta à Jérusalem et il fut le modèle et le guide des disciples, jusqu’au jour de sa mort, à 80 ans.

9. Marie est présentée pendant qu’elle se prépare à la mort. Les apôtres rentrent Jérusalem pour assister à l’événement. Marie rend l’âme au Fils auquel se joint une escorte d’esprits célestes; sa sépulture est accompagnée de prodiges. (Apocryphes). Thomas arrive à Jérusalem avec trois jours de retard et il demande que lui soit ouvert le sépulcre, pour qu’il puisse voir aussi pour la dernière fois le corps très saint de la Mère de Dieu ; mais le sépulcre apparaît vide. (Marie imite le Christ)

10. Puis Maxime raconte comme la découverte de la relique du vêtement de Marie (maphorion) ; son déplacement à Constantinople ; la construction du sanctuaire de Blacherne où il fut gardé.

11. Finalement Maxime explique le sens de la Dormition de la Theotokos ; il la loue pour son passage glorieux ; il demande qu’au ciel elle intercède pour nous. Et le texte se termine ainsi avec une invocation finale.

 

 

 

Germain de Constantinople (†733)

Vie et œuvres de saint Germain

Il naquit à Constantinople vers 635 dans une famille noble.

Entre 705 et le 711 il fut consacré évêque de Cizico.

En 715 il fut appelé à la charge de patriarche de Constantinople.

Quand la crise iconoclaste éclata, Germain ne fut pas surpris et il sut opposer une forte résistance à la politique religieuse de l’empereur Léon III.

En 730 il refusa de souscrire le décret impérial contre la vénération des images sacrées et il démissionna de la charge de patriarche en se retirant dans sa propriété de famille. Ce serait la version officielle de l’événement; mais en réalité, selon Jean Damascène, Germain fut retiré de sa charge avec une intervention de violence qui probablement ne fut pas seulement de nature morale.

Il mourut en 733.

 

Oeuvres

Trois traités: Sur la fin de la vie, Sur les synodes saints et sur les hérésies, Histoire ecclésiastique et théorie mystique.

Quatre lettres publiées dont trois d’importance considérable parce qu’elles touchent des problèmes relatifs au culte des images.

Quant aux homélies, nous en connaissons sûrement neuf authentiques, toutes significatives et intéressantes pour nous, en tant qu’elles traitent de thèmes marials.

 

Ses homélies sont importantes pour l’histoire de la théologie et de la spiritualité mariale. Il est mentionné trois fois dans le chapitre VIII du Lumen Gentium, en relation à quelques points spécifiques de la doctrine: l’exemption de Marie de toute tache de péché (LG 56), son Assomption (LG 59) et son intervention en notre faveur (LG 60). Mais nous pouvons ajouter que l’enseignement marial du Vatican II retrouve la place et la fonction que Germain avait assigné à la Vierge dans l’économie salvatrice. G. Soll pense que saint Germain doit être considéré comme le sommet de la mariologie patristique[27].

 

La sainteté de Marie, mère de Dieu, pour nous

Nous avons un splendide exemple de l’attitude intérieure de saint Germain de Constantinople (†733) envers Marie dans la première homélie pour la Présentation de Marie au temple :

« Salut, o trône saint de Dieu, offrande divine, maison de la gloire, splendeur très belle, bijou choisi, universel propitiatoire, ciel qui raconte la gloire de Dieu, où pointe une lumière impérissable… Salut o Marie, pleine de grâce, plus sainte que les saints, plus glorieuse que les chérubins, plus honorée que les séraphins, vénérable au-dessus de toute la création : lors de ta présentation glorieuse et resplendissante tu nous apportes le rameau d’olivier libérateur du déluge universel. O colombe, tu nous apportes le l’heureuse annonce du port de salut… urne toute d’or tu contiens la douceur de nos âmes c’est-à-dire Christ notre manne. » [28]

 

            Du rythme poétique du texte et de la couleur des allégories et des métaphores, émerge une conviction forte : la maternité divine apparaît le fondement évident et racine de sa sainteté extraordinaire et de sa grandeur.. en étant en effet le trône de Dieu, la maison de la gloire, l’urne d’or qui contient le Christ notre manne, Marie est pleine de grâce, c’est le saint des saints. Les conséquences de la maternité divine nous touchent aussi : Marie nous offre la branche d’olivier libérateur et nous apporte la bonne nouvelle du salut.

 

L’Assomption de Marie

 

Pie XII, dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus cite saint Germain parmi les témoins de la tradition de l’Église pour ce dogme.

 

Saint Germain tient pour certain que Marie est montée au ciel non seulement avec l’âme, mais aussi avec le corps, parce qu’il y avait des raisons fortes qu’ils exigeaient :

1.Il considère l’Assomption de Marie comme un privilège que Jésus lui a accordées au regard de la dette qu’il avait d’une certaine façon envers sa Mère pour toutes les choses qu’il avait reçues par elle pendant sa vie sur la terre. Germain met sur les lèvres de Jésus ces mots:

« Viens de bon grès auprès de celui qui fut engendré de toi. Par un devoir filial, je veux te réjouir, je veux te payer le domicile dans ton sein maternel, le sou de l’allaitement, la rétribution de l’éducation, je veux donner la certitude à ton cœur. O Mère, toi qui m’as eu comme fils unique, choisis plutôt d’habiter avec moi. » [29]

 

2. Une autre raison est donnée par la pureté totale et l’intégrité de Maria.

 

3. Une autre raison consiste dans le rôle d’intercession et de médiation que la Vierge est appelée à jouer devant son Fils en notre faveur.

 

La mort de Marie

 À propos de la mort de Marie, saint Germain de C. croit qu’il fût normal pour elle d’affronter cette expérience humaine avant sa glorieuse Assomption, comme le Christ avant sa résurrection :

« Même si tu as affronté la mort, inévitable à la nature humaine cependant ton œil qui nous garde, ne vacille pas et ne s’endormira pas. » [30]

Marie est morte comme aussi son fils qui est le Dieu de tous. [31]

« Pierre et Jean étant venu en courant, et en ayant trouvé les bandes et le suaire, ils apprirent que Christ été ressuscité. En toi O Gethsémani, nous tous, disciples du Sauveur et la foule rassemblée pour l’enterrement de la toujours vierge Marie la vit pendant qu’elle était mise dans le sépulcre et ensuite transférée ailleurs. Elle devint invisible à toute contestation, avant que le sépulcre fût fermé avec une pierre… Mais voilà, pendant qu’elle était exaltée avec des hymnes et déposée dans la tombe, elle laissa vide le Sépulcre ; elle a non seulement rempli le paradis de sa gloire, mais elle possède aussi le repos de la vie céleste et demeure avec le plaisir de Dieu. » [32]

            Germain n’ignore pas une quatrième raison qui explique la mort de la Mère du Seigneur. Celle-ci devrait apparaître comme une confirmation de la réalité de l’incarnation:

« Comment la dissolution aurait pu dissoudre ton corps en cendre et poussière toi qui, par l’incarnation de ton Fils as libéré l’homme de la ruine de la mort ? Tu te séparas donc des choses terrestres afin que se montrât réellement renforcé le mystère de la terrible Incarnation ; afin que, en ayant subi l’éloignement des choses sujettes au temps, on crût que le Dieu né par toi était aussi un homme complet, fils d’une vraie mère soumise aux nécessités physiques par ordre de la volonté divine et par la norme qui règle le temps de la vie. » [33]

 

            L’événement de la mort et de l’Assomption de Marie au ciel eut des témoins influents dans la personne des Apôtres :

« Ton départ ne fut pas privé de témoins, et ta dormition ne fut pas fausse. Le ciel raconte la gloire de ceux qui alors coururent à ta rencontre ; la terre présente la vérité qui les concerne ; les nuages crient l’honneur qu’ils te prêtèrent ; et les anges rapportent l’offre de dons qui te fut faite : et c’est-à-dire comment les apôtres furent à tes côtés en passant au-dessus de Jérusalem. » [34]

 

            D’autre part saint Germain insiste sur le fait que Marie là-haut n’a pas interrompu sa présence spirituelle au milieu de nous:

            « Même si tu es partie, tu ne te séparas pas du peuple chrétien. Tu es la vie d’une telle incorruptibilité, tu ne t’éloignas pas de ce monde corruptible; au contraire tu es proche de ceux qui t’invoquent. Ceux qui te cherchent fidèlement te trouveront. » [35]

 

            La présence spirituelle de Marie dans notre monde a des caractéristiques analogues avec celle de son Fils. Germain fait prononcer par Jésus ces mots:

« Comme moi aussi , bien que n’étant pas du monde, je tourne le regard et je pourvois à ceux qui sont dans le monde, ainsi ta protection ne s’éloignera pas des êtres du monde jusqu’à son achèvement. » [36]

 

L’intercession et la médiation de Marie

 

Saint Germain fait une affirmation plutôt audacieuse à propos de cette médiation - qui ne remplace pas celle du Christ:

« Puissante est ton aide pour le salut O Mère de Dieu, et il n’y a pas besoin d’aucun autre médiateur auprès de Dieu. (…) Personne ne se sauve pas si ce n’est à travers toi O toute sainte. Personne n’est libéré des maux si ce n’est par toi, O irrépréhensible. Personne ne reçoit un don si ce n’est par toi O toute chaste. Personne n’est pris en pitié sinon à travers toi, O toute vénérable. Et en échange de cela, qui ne te proclamera pas bienheureuse ? Qui ne te glorifierait, sinon autant que tu le mérites, au moins de la façon la plus ardente? » [37]

 

La Mère de Dieu ne jouit pas d’un aussi grand pouvoir par elle-même, mais par son intercession auprès de son Fils:

« Comme Tu as auprès de ton Fils la hardiesse et la force d’une mère, avec tes prières et tes interventions tu nous sauves et rachètes de la punition éternelle, nous qui nous avons été condamnés par nos péchés et qui n’osons pas regarder non plus vers les hauteurs du ciel. » [38]

 

            Pour le patriarche de Constantinople il est encore prématuré de parler de la doctrine de la maternité spirituelle de Marie, cependant son insistance sur sa présence dans notre vie et sur sa sollicitude maternelle envers ses fils, aidera beaucoup à ouvrir la voie vers la compréhension de cette vérité.

            Saint Germain a une grande préoccupation pastorale, Constantinople est une ville riche de dévotion, pèlerinages, procession mariales. Il ne cherche pas seulement à louer la Mère de Dieu et à expliquer ses mystères. Il se consacre à réveiller dans les cœurs un amour fidèle et une confiance forte envers sa sollicitude maternelle et son intervention.

            Saint Germain appelle serviteurs (douloi) de Marie[39] les fidèles qui recourent à elle pour obtenir protection et salut.

 

 

 

André de Crète († environ 740)

Vie de saint André de Crète

Cet excellent hymnographe, contemporain de Germain de Constantinople et de Jean Damascène, donna une poussée considérable à la théologie mariale, en particulier au sujet de la sainteté personnelle de Marie et de son rôle d’intercession. Marie est pour lui une femme sans tache, elle fut élevée en ciel, c’est une reine qui prend soin de ses fidèles et prie pour eux.

 

Saint André naquit à Damas vers 660. La tradition dit qu’il fut muet jusqu’à l’âge de 7 ans, mais reçu par grâce le don de la parole quand il fut admis à recevoir sa première communion. Vers 710, il fut consacré évêque métropolite de l’île de Crète. Saint André vécut la première période de la crise iconoclaste pendant laquelle il s’opposa énergiquement et avec un grand courage aux persécuteurs.

Dans son église de Crète André fit construire beaucoup de bâtiments pour le culte et développa la pratique liturgique. Il fonda différentes oeuvres caritatives et d’assistance sociale ; et il fut un soutient pour l’éducation de la jeunesse. Une de ses préoccupations les plus insistantes fut la promotion de la vie monastique.

Son Grand Canon[40], que l’on chante encore aujourd’hui dans l’Église orientale pendant le Carême, se compose de neuf séries d’odes, chacune s’achevant par un Theotokion, qui est un verset en l’honneur de la Mère de Dieu invoquant habituellement sa compassion et son aide.

Saint André composa en outre trois canons liturgiques spécifiques en honneur de la Mère de Dieu : pour la Conception, pour la Nativité et pour l’Annonciation. Saint André dédia à Marie différentes homélies.

 

Bibliographie.

Les oeuvres d’André de Crète sont publiées en PG 97. Pour un examen cf critique CPG. Vol. III. 8170-8228, qui énumère 17 homélies inédites parmi celles qui sont considérées authentiques.

 

G. GHARIB, E. TONIOLO, L. GAMBERO, G. Di NOLA, Testi Mariani del Primo Millennio, Roma, 1989, vol. II, pp. 391-481;

ANDREA di Creta, Omelie mariane, a cura di Vo Fazzo, Roma, Città Nuova 1987.

C.CONI, La mariologia di Sant’ Andrea di Creta, Roma 1950 (tesi presso la Gregoriana); Roma 1950;

R.GARCIA, Andrés de Creta, doctor de la lnmaculada Concepcion y teologo classico de la Asunciòn de Maria a los cielos, in Studium 10 (1970),3-52.

E.FOLLIERI, Un canone inedito di S. Andrea di Creta per l’Annunciazione, Studi e Testi 219, Città del Vaticano 1962, 337-357;

 

Marie, créature très sainte et rachetée

A plusieurs reprises saint André de Crète affirme que Marie a passé toute sa vie terrestre sans avoir été contaminée par aucune tache morale.

 

« Donc non sans raison le merveilleux Joachim et sa femme Anna, inspirée par des pensées divines, l’obtinrent comme fruit de leur prière ; je veux dire, comme reine de la nature, prémices de notre masse[41] dont nous célébrons le jour de la naissance et dont nous honorons les langes et où nous vénérons la restauration du genre humain qui a pris son début en elle. »[42]

Dans ce passage typique, Marie est présentée comme prémices de l’humanité c’est à dire comme la première créature qui a reçu le don du salut. Mais notre auteur s’explique mieux encore:

« Marie, la Mère de Dieu, refuge commun de tous les chrétiens fut la première à être libérée de la faute primitive de nos ancêtres. » [43]

 

On en peut pas encore parler de conception Immaculée au sens strict.

Il est vrai que saint André est placé, dans la bulle Ineffabilis Deus, parmi les témoins de la vérité de l’immaculée Conception ; cependant quand il parle de Marie comme de celle qui la première fut rachetée, ou libérée du péché originel, il ne précise pas l’idée de préservation du péché originel, comme aujourd’hui nous l’entendons et comme le magistère solennel de l’Église l’a défini dans ses dogmes. En Occident le péché originel était compris comme un acte commis par Adam en qui chacun est impliqué à travers une responsabilité personnelle véritable. Par contre, selon la théologie orientale, les descendants d’Adam ne sont pas responsables d’un péché qu’ils n’ont pas personnellement commis. Pour eux donc le péché originel consisterait simplement à être hériter des conséquences de la faute commises par les premiers parents, c’est-à-dire les passions (pathos), la corruption (phthora) et la mort (thanatos), comme nous pouvons lire, par exemple, en Maxime le Confesseur. Pour les orientaux donc le péché originel ne comporte pas une responsabilité personnelle dans les descendants d’Adam et Ève. Avec ces fondements, il apparaît facile de comprendre comment saint André pouvait parler sans se poser le problème de la présence ou non en Marie du péché originel.

 

La préparation de Marie

Saint André veut dire que toute ombre de faute personnelle ou d’imperfection doit être exclue de la Vierge depuis le moment de la naissance. Il s’agit d’une sainteté s’entendue au sens positif de richesse intérieure, trésor de vertu, amour privilégié de Dieu pour Marie.

« Il était nécessaire de préparer une demeure pour le Roi avant qu’il ne vînt; il était

nécessaire tisser à l’avance le manteau royal, afin d’accueillir l’enfant royal au moment de sa naissance. Il était nécessaire enfin que l’argile reçût un traitement préalable avant l’arrivée du potier. » [44]

« Que danse toute la création ; que David danse aussi : en effet de sa souche et de sa graine bourgeonna la verge qui fait fleurir le Seigneur et le Rédempteur du monde… Anne était stérile et inféconde, mais non sans enfants aux yeux de Dieu. Depuis toujours elle fut prédestinée à être la mère de la Vierge pure de laquelle devait fleurir le Créateur sou forme de serviteur. Agnelle intacte toi qui seule dans ton sein as offert au Christ la laine, c’est-à-dire notre substance. Tous nous te célébrons avec des chants pour ta naissance d’Anne. » [45]

 

Marie et la déification de la race humaine

            Notre auteur compare Marie à la terre vierge, à l’Eden, métaphore très connue dans la littérature patristique.

            « Aujourd’hui la nature qui d’abord était réduite à la terre reçoit le début de la divinisation ; et la poussière s’empresse de courir vers la gloire suprême. Aujourd’hui Adam, qui présente à Dieu pour nous la prémices venant de nous, lui offre Marie ; et grâce à elle, la prémices qui n’avait pas été contaminée devient pain pour la régénération de la souche… Aujourd’hui la noblesse naturelle des hommes reçoit de nouveau le don de la première divinisation et il redevient lui-même ; la nature engendrée, en restant unie à la Mère du Beau, reçoit comme elle comme l’empreinte excellente et divine, cette splendeur de beauté que la bassesse de la malice avait obscurci. L’empreinte devient réellement une nouvelle formation ; la nouvelle formation est une vraie reconstitution et celle-ci est une déification, qui consiste en un retour à la condition originelle. » [46]

             

Mort et Assomption de la Vierge[47]

            En ce qui concerne la mort de Marie, saint André n’a aucun doute. Jésus lui-même n’a pas échappé au décret de mort promulgué par Dieu pour l’humanité entière après la faute d’Adam, et Marie devait être comme son Fils. C’est une raison exprimée aussi par saint Germain de Constantinople. Néanmoins saint André se pose un problème qu’avant lui personne n’avait encore formulé: Etait possible qu’une créature aussi sainte que la Vierge pût être condamnée à la loi de la mort, si celle-ci semble avoir été introduite pour punir Adam de sa prévarication ? Sa réponse est que la mort ne signifie pas en elle une condamnation ou une malédiction comme conséquence du péché.

            Après sa mort, Marie fut appelée à jouir de la gloire éternelle du ciel ; l’âme de Marie fut certainement élevée au ciel ; mais la destinée de son corps n’est pas expliquée clairement. Il est possible que le corps ait été réuni à l’âme dans la gloire céleste ; ou qu’il ait été porté dans une place convenable sur la terre, une espèce de paradis terrestre. L’unique renseignement clair concerne le sépulcre qui resta vide. Quant aux problèmes du silence de l’Écriture et des plus anciens Pères et écrivains de l’Église, André répond qu’un tel silence peut être expliqué par le fait que Marie pourrait être été morte très tard, de sorte que sa mort ne pouvait pas être insérée dans les livres du N.T. Une seconde raison pouvait venir de l’urgence de proclamer l’incarnation du Fils de Dieu avant tout ; ce qui mettait en sourdine les autres événements de la foi. [48]

 

Mère de la vie, reine, médiatrice

Saint André voit la royauté de Marie prophétisée dans le psaume 44: "La reine reste à ta droite, habillée d’un habit d’or" (ps 44, 9 septante)

« Bénie dans les cieux et glorifiée sur la terre. En effet toute langue te glorifie pleine de gratitude, en te proclamant mère de la vie. Toute la création est pleine de ta gloire ; l’univers a été sanctifié par la sensation de ton parfum. Par toi a disparu le principe du péché et la condamnation d’Eve a été changée en joie. Grâce à toi tous chantent avec nous : Gloire au ciel et paix sur la terre…. O Reine de tout le genre humain, vraiment fidèle au sens de ton nom, tu demeures au-dessus de tout excepté Dieu. » [49]

 

La médiation de Marie est une fonction enracinée dans son rôle de Mère de Dieu :

« Quelle merveille ! Elle opère comme médiatrice entre la sublimité de Dieu et la bassesse de notre chair et elle devient Mère de notre Créateur. » [50]

 

 

L.GAMBERO, université pontificale Marianum, Rome

 Traduction de l’italien pour Marie de Nazareth, Françoise Breynaert

 

 

 

Idelfonse de Tolède († 657), une spiritualité mariale

            Idelfonse naquit à Tolède vers 617. Il devient moine puis archevêque de sa ville en 657 jusqu’à sa mort le 23 janvier 667.

 

            Son oeuvre principale porte le titre: Livre sur la virginité de sainte Marie contre trois négateurs, Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles. L’œuvre eut une grande diffusion et demeura à la base de la littérature mariale de l’Espagne.

            Les trois adversaires réfutés sont Jovinius, Helvidius et un Juif dont il ne dit pas le nom. Les deux premiers ont vécu au IVème siècle, ils avaient déjà été réfutés par saint Jérôme.

            Dans le cas de Jovinius et d’Helvidius il s’agit donc de polémiques contres des hérétiques du passé. La controverse contre le Juif correspond probablement davantage à l’époque de l’auteur.

            On sait que les Juifs étaient présents en grand nombre dans l’Espagne du 7ème siècle et leur hostilité contre les souverains de l’Espagne, du reste très rigides et intolérants à leur égard, avait aussi provoqué des attaques faciles contre les dogmes de la foi chrétienne. La réaction d’Ildefonse pour défendre la virginité de la Mère de Dieu fut immédiate et profonde. L’auteur se sent frappé dans les fibres les plus intimes de sa foi. Toutes les armes que lui fournissent les Pères et la tradition de la foi chrétienne sont bonnes pour réfuter ses adversaires, mais il se fonde surtout sur les saintes Écritures.

 

            Ildefonse a aussi le mérite d’avoir exprimé et diffusé l’idée de la consécration à Marie et du total don de soi à son service. En Orient, la même idée apparaît seulement un peu plus tard, introduite par saint Jean Damascène.

            Dans l’œuvre de saint Ildefonse, il n’émerge pas seulement une doctrine, mais aussi la chaleur de sa dévotion et de son amour pour la Vierge. Il a enseigné en Occident une nouvelle forme de spiritualité mariale, qui est parvenue jusqu’à nos jours avec saint Bernard et saint Louis Grignion de Montfort.

 

 

Invocation à la Vierge de l’Annonciation

O Notre Dame, o ma protectrice, Mère de mon Seigneur, servante de ton fils, Mère de ton Créateur, je te prie, je te conjure, je te supplie pour que me soit donné l’Esprit de ton Seigneur, pour que me soit donné l’Esprit de ton fils, pour que je reçoive l’Esprit de mon Rédempteur ; accorde-moi, de comprendre tes vraies prérogatives et de parler dignement de tes vrais privilèges et d’aimer tout ce qui est vrai et digne de toi. Tu as été choisie, élue par Dieu, toute proche de Dieu, obéissante à Dieu, jointe à Dieu; tu fus visitée par l’ange, saluée par l’ange, bénie par l’ange, rendue bienheureuse par les mots de l’ange; tu fus bouleversée par ses paroles, surprise dans ton âme, pleine de stupeur pour son salut, étonnée à l’annonce de son message.

 

Idelfonse de Tolède, Livre sur la virginité de la sainte Marie contre trois négateurs, (Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles), I, 1 ; L. GAMBERO, Testi mariani del primo millennio, III, Città nuova editrice, 1990 p. 648, traduction de l’italien par Françoise Breynaert.

 

L’incarnation miséricordieuse et la dignité de la maternité divine

Si je cherche la mère, elle est aussi vierge; si je cherche la vierge, elle est aussi mère; si je cherche le fils, il est fils de la Vierge; et si je cherche l’intégrité, elle est chez sa mère entièrement.

O Dieu, auteur de tous les prodiges, o Dieu de toutes les créatures, o Dieu créateur de l’univers, o Dieu, origine de toutes les merveilles ! Avec tous tes miracles, avec toutes tes grandeurs, avec toute ta puissance, tu as accompli ce prodige, cette œuvre, ce résultat : tu as ouvert les trésors de ta miséricorde, tu as donné la preuve de ta mystérieuse pitié, tu as ouvert les richesses de ton pardon, tu as fait couler les fleuves de ta clémence pour mon salut et pour le salut du monde, pour ma rédemption et pour la rédemption du monde, pour ma justification et pour la justification du monde, pour ma libération et pour la libération du monde !

 

Idelfonse de Tolède, Livre sur la virginité de la sainte Marie contre trois négateurs, (Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles), II, 4, L. GAMBERO, Testi mariani del primo millennio, III, Città nuova editrice, 1990 p. 653, traduction de l’italien par Françoise Breynaert.

 

Marie et le judaïsme

« Qu’est-ce que tu entends affirmer, o Juif ? Qu’est-ce que tu te fixes ? Qu’est-ce que tu inventes ? Qu’est-ce que tu objectes ? Qu’est-ce que tu opposes ? Voilà que notre Vierge vient de ta souche, elle vient de ta progéniture, elle dérive de ta racine, elle dérive de tes générations, et vient de ton peuple, elle vient de ta nation, elle vient de ton origine, elle dérive de ton origine même. Elle appartient cependant à notre foi, à notre confession, à notre consentement, à notre respect, à notre dévotion, à notre louange, à notre prédication, à notre célébration, à notre défense, à notre revendication. »

 

Idelfonse de Tolède, Livre sur la virginité de la sainte Marie contre trois négateurs, (Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles), III,1 ; L. GAMBERO, Testi mariani del primo millennio, III, Città nuova editrice, 1990 p. 656, traduction de l’italien par Françoise Breynaert.

 

Supplication adressée à la Vierge, au Seigneur et à l’Esprit Saint

XII, 2 « Je suis ton serviteur, parce que ton Fils est mon Seigneur. Donc tu es ma maîtresse, parce que tu es la servante de mon Seigneur. Donc je suis le serviteur de la servante de mon Seigneur, parce que tu es ma maîtresse, tu es devenue la Mère de mon Seigneur. Je te prie et je te supplie, o sainte Vierge, pour que j’accueille Jésus de la part de cet Esprit par lequel tu as engendré Jésus.           Puisse mon âme recevoir Jésus grâce à cet Esprit par lequel tu as conçu Jésus dans la chair.

            Que me soit donné de connaître Jésus par cet Esprit avec lequel il te fut donné de le connaître, de le posséder et d’enfanter Jésus;

            que je puisse manifester Jésus dans les choses humbles et les choses élevées par cet Esprit, grâce auquel tu t’es dite la servante du Seigneur, en désirant qu’il t’advienne selon la parole de l’ange;

            que j’aime Jésus dans cet Esprit par lequel tu l’adores comme Seigneur et tu le contemple comme ton fils ; que je craigne Jésus avec autant de sincérité que lui, étant Dieu, il était soumis à ses parents (Lc 2,51).

 

XII, 3 […] O condition splendide de ma libération !

O assurance indissolublement glorieuse de ma noblesse, fondée sur l’éternité de la gloire !

Trompé d’une façon malheureuse, que je puisse donc aspirer à atteindre ma réparation, devenu le serviteur de la Mère de mon Seigneur !

Séparé un jour de la communion des anges par la faute du premier homme, que je puisse mériter de revenir dans cette communion comme serviteur de la servante et de la Mère de mon Créateur !

Que je puisse implorer par les mains du Très Haut une conduite louable et, au service de cette Mère Vierge, d’être lié par la dévotion continue de mon service.

 

XII, 4 Accorde-moi tout ceci o Jésus, Dieu et Fils de l’homme;

accorde-moi ceci, o Seigneur de l’univers et fils de ta servante;

accorde-moi ceci, o Dieu devenu humble dans l’assomption de l’homme;

accorde-moi o Homme uni glorieusement à Dieu,

            que je croie au sujet de l’accouchement de la Vierge tout ce qu’il faut pour compléter ma foi au sujet de l’Incarnation;

            donne-moi de parler de la virginité de ta mère pour que ma bouche exprime tes louanges;

            fais que j’aime ta mère de sorte que j’atteigne l’accomplissement de ton amour;

            fais que je serve ta mère de manière que je montre t’avoir servi toi-même;

            fais qu’elle me maintienne à son service pour que je reconnaisse que je t’ai plu ;

            fais qu’en étant ma reine elle me conserve dans la vie de ce monde, pour que tu deviennes mon Seigneur pour l’éternité.

 

XII, 5. « Je désire rapidement servir Marie, je me félicite de m’assujettir sincèrement au joug de son service, je désire ardemment me soumettre complètement à ses commandements, je tache courageusement de ne pas quitter son service, j’aspire avidement à ne me pas m’éloigner de sa dépendance,

             avec autant de sincérité j’entends trouver la manière de la servir, avec autant de sincérité, en la servant, je veux mériter sa grâce, avec autant de sincérité je désire me tenir sans trêve à son service, et avec autant de sincérité je tache de n’être jamais exclu de sa joie. […]

 

XII, 7. Et, pour devenir serviteur de son Fils, je désire ardemment qu’elle devienne ma reine, et pour que son fils devienne mon Seigneur, je me résous à devenir son serviteur ; […] En effet est rapporté au Seigneur ce qui est rapporté à sa servante; abonde sur le fils ce qui est attribué à la mère; revient à l’avantage de l’enfant ce qui trouve un emploi pour la nourrice; retombe à la gloire du roi l’honneur qui est adressé au service de la reine.

 

XII, 8.             Et pendant que j’exulte avec les hymnes des anges et que je me réjouis des louanges des anges, je me félicite avec Marie, je me réjouis avec la Mère de mon Seigneur, j’exulte avec la servante de son fils, car elle est devenue la Mère de son Créateur; je me réjouis avec elle, parce que par elle le Verbe de Dieu s’est fait chair. Je l’ai cru avec elle, elle qui, avec moi, le sait d’elle-même; elle sait être Vierge et Mère, et je comprends qu’elle, en restant vierge, a donné à la lumière son fils […].

 

XII, 9. J’aime ces mystères d’autant plus sincèrement que je reconnais qu’ils se sont accomplis pour moi. C’est pour moi qu’a été accompli par elle ces mystères pour que ma nature soit associée à mon Dieu et que l’unique Christ fût ainsi Verbe de Dieu et chair, Dieu et homme, et, dans le temps même, Créateur et créature, potier et pétri, forgeur et forme de la création, opérateur et réalité de l’œuvre assumée […] Lui, le fort, et lui le malade; Lui, mon salut, et Lui couvert de blessures pour moi; Lui, ma santé, pourtant frappé à la mort pour moi; Lui, la puissance de Dieu, et pour moi humble Dieu; Lui, vivant, mais sujet à la mort et victorieux de la mort. […]

 

Idelfonse de Tolède, Livre sur la virginité de la sainte Marie contre trois négateurs (Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles) XII, 2-9 ; L. GAMBERO, Testi mariani del primo millennio, III, Città nuova editrice, 1990 p. 684-688 traduction de l’italien par Françoise Breynaert.

 

 

 

 

 

Jean Damascène († 750), une spiritualité mariale

Saint Jean Damascène († 750) sa vie, et sa bibliographie

La doctrine mariale de saint Jean Damascène peut se considérer une synthèse exhaustive et puissante de tout l’enseignement donnée par les auteurs chrétiens qui l’ont précédé.

Jean Damascène a grandement aimé la Mère du Seigneur et pour son amour il s’est courageusement lancé dans la lutte pour la défense du culte légitime des icônes sacrées.

 

Il naquit au Damas d’une famille chrétienne noble d’origine arabe, vers 650. Comme son père, il entra au service des califes Omeyyades. A l’âge adulte il entra comme moine maintenant dans le monastère de Saint Saba, près de Jérusalem. Il y reçut l’ordination sacerdotale, pendant que Jean IV, était patriarche de Jérusalem (706 – 736), et il continua sa mission de professeur, prédicateur et écrivain. Il mourut vers 750 à un âge très avancé. Théologien, il fut aussi un grand hymnographe, célébrant la Vierge dans ses hymnes dont beaucoup sont entrés dans la liturgie byzantine.

 

Sont particulièrement importantes quatre homélies mariales : l sur la Nativité de la Vierge, 3 sur la Dormition.

 

Avec Germain de Constantinople et André de Crète, Jean est cité dans le Munificentissimus Deus de Pie XII; et son nom apparaît aussi dans le chapitre VIII de la Lumen Gentium et dans la Redemptoris Mater de Jean Paul II.

 

Bibliographie.

  • M. SCHUMPP, Zur Mariologie des hl. Johannes Damascenus, in Divus Thomas 2 (1924),222-234.
  • A. MITCHEL, The Mariology of St John Damascene, Kirkwood, Missouri 1930.
  • C. CHEV ALIER, La Mariologie de Saint Jean Damascène, Orientalia Christiana Analecta 109, Roma 1936.
  • V. GRUMEL, La Mariologie de Saint Jean Damascène, in Echos d’Orient 40 (1937),318-346.
  • J. M. CANAL, San Juan Damasceno, doctor de la muerte y de la asuncion de Maria, in Estudios Marianos 12 (1952),270-330.
  • L. FERRONI, La Vergine, nuova Eva, cooperatrice della divina economia e mediatrice, secondo il Damasceno, in Marianum 17 (1955),1-36.
  • B. M. GARRIDO, Lugar de la Virgen en la Iglesia, segun san Juan Damasceno, in Estudios Marianos 28 (1966),333-353.
  • D. DIMITRIJEVIC, Die Entwicklung der liturgischen Verehrung der Mutter Gottes nach dem Ephesinum bis rum 12. Jahrhundert, in De cultu mariano saeculis VI-XI, vol. IV, Roma 1972,101-1 lO.
  • F. M. JELLY , Mary’s Mediation in the Distribution of Grace according to Sto Jobn Damascene’s Homilies in her Dormition, Ibid., 301-312.

 

Marie et l’Ancien Testament

Nous observons en outre que saint Jean Damascène applique textes de l’ancien Testament aux réalités du Nouveau Testament :

 

“Cime plus sainte que le Sinaї, que ne couvrent ni fumée ni ténèbres, ni tempête, ni feu redoutable, mais l’éclat illuminateur de l’Esprit très saint. Là, la Parole de Dieu avait gravé la loi sur des tables de pierre, par l’Esprit, ce doigt divin : ici, par l’action de l’Esprit-Saint et par le sang de Marie, la Parole elle même s’est incarnée et s’est donnée à nôtre nature comme un remède de salut plus efficace. Là c’était la manne, ici, celui qui donna la manne et sa douceur.

Que la demeure fameuse que Moise construisit au désert avec des matières précieuses de toute espèce, et avant elle la demeure de notre père Abraham, s’effacent devant la demeure de Dieu, vivante et spirituelle. » [51]

 

Marie immaculée dans sa conception

 

Saint Jean Damascène explique pourquoi Joachim et Anne étaient d’abord stériles :

            « La nature a cédé le pas à la grâce, elle s’est arrêtée en tremblant et ne voulut pas être le première. Comme la Vierge Mère de Dieu devait naître d’Anne, la nature n’osa prévenir le fruit de la grâce ; mais elle demeura sans fruit, jusqu’à ce que la grâce eût porté le sien. » [52]

            L’auteur a voulu dire que la stérilité d’Anne doit être comprise comme un fait appartenant au plan divin, pour que le rôle prédominant de sa grâce pût se révéler manifestement.

            Dans une perspective semblable, Jean Damascène nomme toujours avec un respect profond les parents de Marie, trouvés disponibles à s’offrir eux-mêmes comme instruments dociles à l’intervention miraculeuse de Dieu :

« Heureux lombes de Joachim, d’ où sortit un germe tout immaculé ; admirable sein d’Anne, grâce auquel se développa lentement, où se forma et d’où naquit une enfant toute sainte ! Entrailles qui avez porte un ciel vivant, plus vaste que l’immensité des Cieux ! » [53]

            Cette idée de perfection est toute entière positive et on comprend pourquoi saint Jean Damascène contemple en Marie une sorte de nouveau ciel :

            « Ciel en réalité bien plus divin et plus surprenant que le premier : car ce lui qui dans le premier créa le sole il s’est levé lui-même de ce nouveau ciel comme un soleil de justice. » [54]

 

La Beauté de Marie

La beauté spirituelle de la Vierge vient de son rapport spécial avec le Seigneur:

 

« Ton appétit est de te nourrir des paroles divines et de te fortifier de leur sève, comme "l’olivier fertile dans la maison de Dieu" (Ps 52,10), comme "l’arbre planté près du cours des eaux" (Ps1,3) de l’Esprit, comme l’arbre de vie, qui a donné son fruit au temps qui lui fut marqué (Cf. Ap 22,2) : le Dieu incarné, vie éternelle de tous les êtres. Tu tiens toute pensée nourrissante et utile à l’âme : mais toute pensée superflue et qui serait pour 1’âme un dommage, tu la rejettes avant de la goûter. (…) toute belle, tout entière proche de Dieu. Car dominant les chérubins, plus haute que les Séraphins, proche de Dieu» [55]

 

Marie et les vertus morales

Saint Jean Damascène explique quelles sont les vertus morales que Marie aime et qui attirent Marie en nos cœurs, et non seulement Marie mais le Christ :

 

            « Elle est vierge; et amie de la virginité ; elle est chaste et amie de la chasteté. Si donc avec le corps nous purifions la mémoire, nous obtiendrons sa grâce qui viendra habiter chez nous.

            Elle évite toute souillure et se détourne de la fange des passions. Elle exècre l’intempérance […] Elle déteste l’enflure de l’orgueil ; elle n’admet pas l’inhumanité ni les querelles. Elle repousse la vaine gloire qui se fatigue pour le néant. Elle s’oppose en adversaire au faste de la superbe. Elle déteste le souvenir des injures, cet ennemi du salut.

            Tous les vices, elle est les tient pour poisons mortels, et prend sa joie dans leurs contraires. Car les contraires se guérissent par les contraires.

            Le jeune, la maîtrise de soi, les chants des psaumes lui sont agréables. Avec la pureté, la virginité, la sagesse, elle se plait, entretient avec elles une paix, éternelle, les embrasse avec amour. Elle accueille la paix et l’esprit de douceur, elle reçoit dans ses bras comme ses, enfants, la charité, la pitié, l’humilité. Et pour tout dire en un mot, attristée et irritée par tout vice, elle se réjouit de toute vertu comme de sa grâce propre.

            Si donc nous évitons avec courage nos vices passés ; si nous aimons de toute notre ardeur les vertus et que nous les prenions pour compagnes, elle multipliera ses visites auprès de ses propres serviteurs, avec, à sa suite, l’ensemble de tous les biens ; et elle prendra avec elle le Christ : son Fils Roi et Seigneur universel, qui habitera en nos cœurs.

            A Lui gloire, honneur, force, majesté et magnificence, avec le Père sans principe et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »[56]

Marie mère de Dieu

 

Saint Jean Damascène résume l’enseignement des pères de l’Eglise et des conciles qui l’ont précédé, son enseignement est clair, précis, et splendide :

 

“Comme celui que nous adorons est Dieu […] qui dépasse toute cause, parole, idée soit de temps soit de nature, c’est la Mère de Dieu que nous honorons et vénérons. Nous ne voulons pas dire qu’il tienne d’elle la naissance , intemporelle de sa divinité – la génération du Verbe de Dieu est hors du temps et éternelle comme le Père. Mais nous confessons une seconde naissance, par incarnation volontaire, et de celle-ci nous connaissons la cause et nous la proclamons : il se fait chair, celui qui est éternellement incorporel, « à cause de nous et à cause de notre salut », pour sauver le semblable par le semblable. Et s’incarnant, il naît de cette Vierge sacrée sans union humaine, restant lui-même Dieu tout entier, et tout entier devenu homme, pleinement Dieu avec sa chair, et pleinement homme avec son infinie divinité. […] Nous ne l’appelons pas une déesse - loin de nous ces fables de l’imposture grecque - puisque nous annonçons aussi sa mort. Mais nous la reconnaissons pour la Mère de Dieu incarné. » [57]

 

« Que ses décrets sont insondables et incompréhensibles ses voies ! (Rm 11,33) O immensité de la bonté de Dieu ! O amour qui dépasse toute explication ! Celui qui appelle le néant à l’existence (Rm 4,17) celui qui remplit le ciel et la terre (Jr 23,24) celui dont le ciel est le trône et la terre l’escabeau de ses pieds (Is 66,1) s’est fait une spacieuse demeure du sein de sa propre servante, et accomplit en elle le mystère de tous le plus nouveau. Etant Dieu, il devient homme, et, le temps venu de sa naissance, il est enfanté surnaturellement ; il ouvre le sein maternel sans avoir endommagé le sceau de la virginité. Sur des bras humains il est porté comme un petit enfant, lui l’éclat de la gloire, l’empreinte de la substance du Père, lui qui soutient tout l’univers par la parole de sa bouche. (He 1,3) »[58]

 

« Qu’y a-t-il de plus glorieux que d’avoir donné accueil au dessein de Dieu ? »[59]

 

La virginité de Marie :

« Il convenait en effet que la virginité issue de la chasteté produisît la lumière unique et monogène, corporellement, par la bienveillance de Celui qui l’a engendré sans corps – l’être qui n’engendre pas, mais est toujours engendré, pour qui être engendré est l’unique propriété personnelle. Oh ! Que de merveilles et quelles alliances en cette petite enfant ! » [60]

 

Assomption et royauté de Marie

 

- Jean Damascène accepte les données de la tradition et il les justifie avec une explication plus théologique qu’historique.

- La résurrection de Marie après la mort fait partie du plan divin dans lequel Marie, à cause de sa relation intime avec le Fils, doit recevoir la gloire éternelle avant le temps établi pour la résurrection finale de tous les êtres humains.

- À cause de sa glorification, elle est devenue la Reine (Basilissa), la Souveraine (Despoina), la souveraine (Kyria) de toutes les créatures. Pie XII a invoqué l’autorité de Jean Damascène dans la doctrine de la royauté de Marie.

 

Voici les textes majeurs :

La mort de Marie est un prélude de sa glorification imminente:

« Oh ! Comment la source de la vie est-elle conduite à la vie en passant par la mort ? O surprise ! celle qui dans l’enfantement a surmonté les limites de la nature, maintenant se courbe sous ses lois, et son corps immaculé est soumis à la mort ! Il faut en effet déposer ce qui est mortel pour revêtir l’incorruptibilité, puisque le Maître de la nature lui-même n’a pas refusé l’expérience de la mort. Car il meurt selon la chair et par sa mort il détruit la mort, à la corruption il confère l’incorruptibilité, et fait du trépas la source de la résurrection. » [61]

 

« Si, comme le veut la nature, ton âme toute sainte et bienheureuse est séparée de ton corps béni et immaculé, et si ce corps est livré à tombe suivant la loi commune, cependant il ne séjourne pas dans la mort et n’est pas détruit par la corruption. Pour celle dont la virginité est restée intacte dans l’enfantement , au départ de cette vie, le corps est gardé sans décomposition, et placé dans une demeure meilleure et plus divine, hors des atteintes de la mort, et capable de durer pour toute l’infinité des siècles. » [62]

 

Jean Damascène recourt à la théologie biblique et donne une série de raisons pour lesquelles il était convenable que le corps de la bienheureuse Vierge ne se consumât pas dans un sépulcre. L’homélie a tendance à chercher un support au privilège de l’Assomption dans le mystère de la virginité dans l’enfantement. Il ne s’agit pas de simples motifs de convenances mais d’une nécessité urgente :

“Il fallait que celle qui dans l’enfantement avait gardé intacte sa virginité, conservât son corps sans corruption, même après sa mort[63].

Il fallait que celle qui avait porté petit enfant son Créateur dans son sein, vécut dans les tabernacles divins.

Il fallait que l’épouse que le Père s’était choisie vint habiter au ciel la demeure nuptiale.

Il fallait que celle qui avait contemplé son Fils en Croix et reçu alors au cœur le glaive de douleur qui l’avait épargnée dans son enfantement, le contemplât assis auprès de Son Père.

Il fallait que la Mère de Dieu entrât en possession des biens de son Fils, et fût honorée comme Mère et servante de Dieu par toute la création. L’héritage passe toujours des parents aux enfants ; ici cependant, pour emprunter l’expression d’un sage, les sources du fleuve sacré remontent vers leur origine. Car le Fils a soumis à sa mère la création tout entière. » [64]

 

Marie échelle de Jacob, Marie médiatrice

 

Saint Jean Damascène introduit l’idée de la médiation de Marie avec une image prise dans l’Ancien testament, l’échelle de Jacob :

 

« Aujourd’hui le Fils,… ayant aiguisé par l’Esprit la hache de la nature… s’est construit une échelle vivante […]. L’échelle spirituelle, la Vierge, est plantée en terre, car de la terre elle tient son origine, mais sa tête s’élève jusqu’au ciel. Le chef de toute femme, en effet, c’est l’homme ; mais pour elle qui n’a pas connu d’homme, Dieu le Père, a pris la place de son chef : par le saint-Esprit il a conclu une alliance, et, telle une semence divine et spirituelle, il a envoyé son Fils et son Verbe, cette force toute puissante. » [65]

 

« De même que Jacob a vu l’échelle unir la terre au ciel et les anges monter et descendre sur elle, et Celui qui est vraiment le fort et l’invincible lutter symboliquement avec lui, de même toi aussi devenue médiatrice et échelle pour que descende vers nous ce Dieu qui a assumé la faiblesse de notre substance, en l’embrassant et l’en unissant à soi et a fait de l’homme un esprit qui voit Dieu, tu as réuni le ce qui était divisé. » [66]

 

Jean attribue un grand pouvoir à la médiation de la bienheureuse Vierge pour notre salut éternel. Marie joue un rôle très actif pour que nous obtenions les fruits de l’incarnation :

« Par elle nos hostilités séculaires avec le Créateur ont pris fin. Par elle notre réconciliation avec Lui fut proclamée la paix et la grâce nous furent données, les hommes unissent leurs chœurs à ceux des anges, et nous voilà faits enfants de Dieu, nous qui étions auparavant un objet de mépris ! Par elle nous avons vendangé le raisin qui donne la vie d’elle nous avons cueilli le germe de l’incorruptibilité. De tous les biens elle est devenue pour nous la médiatrice. En elle Dieu s’est fait homme, et l’homme est devenu Dieu. » [67]

 

Saint Jean Damascène parle aussi de la compassion de Marie au Calvaire, mais il ne l’inclut pas dans les causes de notre rédemption.

 

Voici comme il exhorte ses auditeurs à se rendre disponibles à l’action médiatrice de la Mère du Seigneur:

« Si donc nous évitons avec courage nos vices passés ; si nous aimons de toute notre ardeur les vertus et que nous les prenions pour compagnes, elle multipliera ses visites auprès de ses propres serviteurs, avec, à sa suite, l’ensemble de tous les biens ; et elle prendra avec elle le Christ : son Fils Roi et Seigneur universel, qui habitera en nos cœurs. A Lui gloire, honneur, force, majesté et magnificence, avec le Père sans principe et le Saint- Esprit, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »[68]

 

Le culte marial, la consécration mariale

Saint Jean Damascène introduit une distinction très claire entre culte d’adoration (ou latrie), dû seulement à Dieu et culte de vénération et de vénération qu’on doit nourrir envers la Vierge sainte.

“Comme celui que nous adorons est Dieu, un Dieu qui n’est pas venu du non-être à l’existence, mais qui est éternel engendré de l’éternel, qui dépasse toute cause, parole, idée soit de temps soit de nature, c’est la Mère de Dieu que nous honorons et vénérons. » [69]

 

Le culte de vénération doit aussi être rendu aux icônes de la Vierge.

 

Saint Jean Damascène (†vers 750) a suggéré un forme de dévotion mariale qui ressemble beaucoup à la consécration à la bienheureuse Vierge, pratiquée dans la pitié mariale contemporaine :

 

“Nous aussi, aujourd’hui, nous nous tenons en ta présence, o Souveraine, Qui, je le répète, Souveraine, Mère de Dieu et Vierge : nous attachons nos âmes à l’espérance que tu es pour nous, comme à une ancre absolument ferme et infrangible[70], nous te consacrons notre esprit, notre âme, notre corps, chacun de nous en toute sa personne : nous voulons t’honorer « par des psaumes, des hymnes, des cantiques inspirés », autant qu’il est en nous : car te rendre honneur selon ta dignité dépasse nos forces. […] Il suffit, en réalité, à ceux qui gardent pieusement ta mémoire, d’avoir le don inestimable de ton souvenir : il devient le comble de la joie impérissable. De quelle allégresse n’est-il pas rempli, de quels biens, celui qui a fait de son esprit la secrète demeure de ton très saint souvenir ?

Voilà le témoignage de notre reconnaissance, les prémices de nos discours, l’essai de notre misérable pensée, qui, animée par ton amour, a oublié sa propre faiblesse. Mais reçois avec bienveillance notre ardent désir, sachant qu’il va plus loin que nos forces. Jette les yeux sur nous, o Souveraine excellente, mère de notre bon Souverain ; gouverne et conduis à ton gré notre destinée, apaise les mouvements de nos honteuses passions, guide notre route jusqu’au port sans orages de la divine volonté ; et gratifie-nous de la félicité future, cette douce illumination par la face même du Verbe de Dieu, qui s’est incarné par toi.

Avec lui, au Père, gloire, honneur, force, majesté et magnificence, en la compagnie de l’Esprit très saint, bienveillant et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen »[71]

 

 

 

Photius († 897)

Vie et bibliographie

Après la controverse iconoclaste s’ouvre alors une époque qui a été définie comme l’âge d’or de l’histoire et de la civilisation byzantine jusqu’en 1025, année de la mort de l’empereur Basile II, et il semble presque faire au parallèle à la période de la renaissance carolingienne en Occident. Pour l’Église byzantine s’ouvre aussi une période de floraison et de créativité théologique et culturelle, caractérisée par l’activité d’hommes qui vivaient une spiritualité profonde et se nourrissaient d’une vaste culture, ouverte à la fois aux valeurs surnaturelles et humaines, tels par exemple Photius.

 

Photius naquit vers 810 à Constantinople où il fut patriarche jusqu’à sa mort en 897 environ.

 

Bibliographie

B. Schultze, Der Marienkult des Patriarchen Photius, in De cultu mariano saeculis VI-.XI, 1/01 III, Roma 1972,461-478. II

G. Roschini, Maria Santissima nella storia della salvezza, vol. I, Isola Liri 1969,352-354.

 

Beauté spirituelle de Marie, grâce et mérite, depuis l’enfance selon Photius (897 †)

 

Marie est choisie par Dieu. Le choix de la Vierge n’est pas dû à la volonté de Dieu simplement, mais aussi à quelque "mérite" personnel:

 

« Il était très nécessaire que fût désignée comme Mère du Créateur celle qui depuis le berceau, pour un motif mystérieux, avait préservé son corps pur, son âme innocente, ses pensées chastes… Il était nécessaire que celle dont les vertus furent comme des étoiles, et qui s’était rendue semblable au ciel, fût présentée à tous les fidèles comme celle qui a mis au monde le Soleil de justice. Il fallait que celle qui était teinte de la couleur de son sang virginal servît de pourpre à l’empereur des cieux. » [72]

 

« La Vierge a trouvé grâce auprès de Dieu parce qu’elle s’en est rendue digne devant son Créateur. Ayant orné son âme avec la beauté de sa pureté, elle s’est disposée à devenir une habitation agréable pour celui qui a créé les cieux par sa parole. Elle a trouvé la faveur de Dieu non seulement parce qu’elle a conservé inviolée sa virginité, mais aussi parce qu’elle a gardé immaculée sa volonté. Quand en effet elle était encore fillette elle a été consacrée à Dieu comme un temple vivant et non creusé, construit pour le roi de la gloire, à cause de la pureté de son corps, de la splendeur extraordinaire de sa virginité, de sa chasteté inviolée, de la grande pureté de ses dispositions, de son âme résistante contre le péché et encline au bien. » [73]

 

L’épée de Siméon selon Photius (897 †)

Photius aborde brièvement le sujet de l’épée de Siméon qui est la douleur que Marie a souffert pendant la passion du Fils:

« Le saint Siméon, après avoir révélé ces choses à la Vierge, ajoute à la fin l’annonce d’une lourde douleur qui la concernerait directement : "Une épée te transpercera l’âme, pour que soient dévoilées les pensées de beaucoup de cœurs"(Lc 2,35). Ton âme a soigneusement médité tous les contenus de ce mystère. C’est comme de dire que la passion douloureuse ne t’épargnera pas non plus. » [74]

 

L’Annonciation, noces de Dieu et du genre humain

            Dans l’homélie sur la Nativité, Photius célèbre la naissance de la Mère de Dieu comme l’évènement qui donne le début chronologique du mystère du salut. Ceci explique que dans le calendrier liturgique byzantin cette fête est célébrée avant toutes les autres.

            Mais le mystère qui fonde tous les autres mystères et toutes les fêtes est l’Annonciation qui précède toutes les autres en ordre d’importance et de solennité, car elle célèbre l’incarnation du Verbe de Dieu en laquelle se réalise déjà l’événement du salut.

 

            Toujours en relation au mystère de l’Annonciation, Photius développe l’idée de Marie comme épouse vis-à-vis de Dieu. Voici un exemple:

            « C’est avec de bonnes raisons que le genre humain exulte de joie avec de grand cris, parce qu’il reçoit la bonne nouvelle que sa propre fille a été désigné comme épouse pour son Créateur. Non sans raisons le genre humain se conduit avec fierté et se réjouit, parce qu’en recevant la nouvelle d’un contrat de mariage avec le Seigneur, il se libère du joug honteux de l’esclavage. » [75]

            Ce contrat sponsal n’est donc pas une affaire privée entre Dieu et Marie, mais a des conséquences vitales pour toute l’humanité : la rédemption et le salut. C’est un mariage dans lequel tout le genre humain est impliqué ; mais Photius ne dit rien de nouveau parce que depuis toujours les Pères avaient conçu l’Incarnation comme un mariage entre le Verbe de Dieu et l’humanité.

 

Marie médiatrice, et Marie louée dans l’Eucharistie selon Photius

            Marie est une puissante médiatrice pour nous mener à la lumière de la Trinité:

« Mais toi o Vierge et Mère du Verbe, ma propitiation et mon refuge, qui as prodigieusement été engendrée d’une femme stérile et qui d’une manière plus miraculeuse encore as produit pour nous l’épi de la vie, intercèdes auprès de ton Fils et notre Dieu, et sois notre médiatrice (mesiteuousa). Quant à nous qui chantons tes éloges, après nous être purifiés de toute souillure et de toute tache rend-nous dignes des demeures nuptiales célestes pour que nous soyons éternellement resplendissants de la triple lumière de l’éternelle Trinité et que nous jouissions de sa vision merveilleuse et ineffable… » [76]

 

            Dans le texte cité il y a aussi une expression qui réunit l’incarnation avec le mystère eucharistique : « Tu as produit pour nous l’épi de la vie ». Quelque ligne avant, dans l’homélie, Photius avait fait un rappel plus explicite du lien existant entre Marie et l’Eucharistie: la louange adressée à la mère est apprécié par le Fils et la louange adressée au Fils elle est appréciée par la mère.

            « Maintenant c’est le moment de passe à autres choses et à une autre manière de louer la Vierge, c’est-à-dire au Sacrifice mystique et sans effusion de sang qui exige notre attention et c’est le moment de célébrer. Du reste, la célébration du sacrifice volontaire du Fils est sûrement un honneur rendu à la mère. » [77]

 

 

 

Simon Métaphraste († 1000 environ)

 

Vie et bibliographie

Après la controverse iconoclaste s’ouvre alors une époque qui a été définie comme l’âge d’or de l’histoire et de la civilisation byzantine jusqu’en 1025, année de la mort de l’empereur Basile II, et il semble presque faire au parallèle à la période de la renaissance carolingienne en Occident. Pour l’Église byzantine s’ouvre aussi une période de floraison et de créativité théologique et culturelle, caractérisée par l’activité d’hommes qui vivaient une spiritualité profonde et se nourrissaient d’une vaste culture, ouverte à la fois aux valeurs surnaturelles et humaines, tels par exemple Simon Métaphraste (†1000 environ) qui, déjà au temps de Michel Psellos, († vers l078) il était vénéré comme saint.

Il composa le "ménologe" qui raconte les histoires de beaucoup de saints. Il laissa aussi une biographie de la Vierge sainte.

Auteur de différents écrits marials: Vie de Marie ; la plainte funèbre de Marie, Commentaire sur l’image romaine de la Theotokos, Canon sur la fête de la Nativité de Marie. Il composa aussi des prières mariales.

 

Les oeuvres du Métaphraste sont publiées en PG 114 - 116. La traduction italienne de la Vie de Maria est in Testi Mariani del Primo Millennio, Roma 1989, vol. II, pp. 980-1019, où il est reporté la Plainte de Marie, pp.1019-1025.

 

Marie pendant la passion de Jésus selon Métaphraste (†1000)

 

Métaphraste veut baser la narration de ces événements sur la foi de témoins choisis et crédibles. Voilà les qualités que doivent posséder ces témoins: l. a écrit avec soin sur la Vierge; 2. possède une doctrine éminente; 3. a mené une vie exemplaire.

Il cite trois noms : Grégoire de Nysse, Athanase et Denis Aréopagite.

La condition qui met au-dessus de toutes les autres consiste dans le fait qui soient confirmés par le témoignage de l’évangile. (Vie de Marie 1).

Métaphraste expose en brève initialement les épisodes qui se réfèrent à la période de l’enfance de la Vierge: sa naissance dans des circonstances extraordinaires, la présentation au temple, le mariage avec Joseph. Puis il s’étend sur les principaux événements de la vie du Christ, surtout pendant la passion :

 

Marie toujours unie à son Fils :

"Nous raconterons en effet comme Marie a toujours vécue avec son Fils; comme elle fut toujours à ses côtés, même dans les moments les plus difficiles. En effet elle ne s’est pas non plus séparée de lui pendant le temps de la passion, toute seule, quand tous les autres disciples, amis et connaissances ont abandonné le Fils et s’enfuirent. Et encore quand d’autres, après être resté un peu l’ont renié." (Vie de Marie 27).

 

Marie à la dernière Cène, avec les femmes qui servent:

"Quand Jésus célèbre le mystère divin de l’Eucharistie, et transmet l’enseignement de sa grande humilité (lavement des pieds), pendant qu’il s’assied avec les disciples, il ordonne par contre à sa Mère de prendre soin des femmes qui servent à table. Ainsi, au moyen de la Mère, il accueille ces femmes avec bienveillance et, en mangeant ensemble à elles, il les remercie pour le service qu’elles rendrent." (Vie de Marie 28).

 

Marie au calvaire :

« Avec prudence et avec respectueuse ferveur, après la mort du Fils, Marie recueillit aussi cette eau et ce sang qui, comme s’il était encore vivant, continuaient de jaillir de son côté ouvert. » (Vie de Marie 32).

 

Marie convainc Joseph d’Arimatie

« Elle apprit que sur l’endroit même du Calvaire il y avait un nouveau sépulcre. Ce devait ainsi être le sépulcre pour Jésus, non seulement parce qu’il s’agissait du Fils de Dieu pour qui du reste n’importe quel sépulcre, rigoureusement en parlant, aurait été inconvenant et indigne, mais parce que, si d’autres cadavres y avaient été déposés, auraient pu se lever des doutes à propos du corps du ressuscité. Alors elle se rend chez le propriétaire du sépulcre, Joseph d’Arimatie, et il le convainc à se présenter devant Pilate pour demander le corps du Seigneur. »

 

Marie, première témoin de la résurrection:

« L’annonce joyeuse de la résurrection semble avoir été donnée d’abord à Marie et elle put contempler la splendeur du Fils autant que c’était possible. Ainsi donc la Theotokos, en contemplant plus clairement la résurrection du Fils, confirma ceux qui l’annoncent, plus que les femmes qui portèrent les huiles parfumées. Celles-ci du reste, en racontant qu’elles ont vu le Seigneur ressuscité, ne firent pas mention de la Vierge, dans la peur que le témoignage de la Mère provoque une ombre de suspicion (sur la véridicité de l’événement), et par conséquent auraient donné un plus faible crédit. » (Vie de Marie 36)

 

Il parle ainsi de l’Assomption : Marie étant proche de la mort, les apôtres sont autour d’elle ; elle dépose son esprit dans les mains du Fils. Le corps de la Vierge est cause de nombreux prodiges. Puis le corps est transporté triomphalement à Gethsémani et y fut enterré. Sur ce point Siméon se réfère au témoignage de l’évêque de Jérusalem. Après trois jours le tombeau fut rouvert pour permettre à un apôtre retardataire de vénérer le corps de la mère de Dieu, qui cependant n’y était plus. Etait resté le manteau. Suit l’histoire du transport du vêtement à Constantinople et l’origine du sanctuaire de Blacherne. (Vie de Marie 39-52)

 

 

 

Assimilation

Au choix :

-Vous choisissez un point et vous le comparez avec ce qui a été dit pour les pères de l’Eglise du 2° ou 3° siècle.

-Vous choisissez un point que vous comparez avec un auteur de spiritualité moderne ou contemporain (XVII° au XXI° siècle).

-Vous choisissez un point et vous le comparez avec ce qui a été dit dans les commentaires de l’Ecriture (parcours de base).

-Vous choisissez un point et vous l’approfondissez par une lecture personnelle à partir de la bibliographie donnée en note.

-Vous choisissez un point et vous l’approfondissez en le comparant à une œuvre d’art de la même époque.

 

 

[1]     ATANASIO, 2° Discours contre les ariens, 69 e 70: PG 26,293a e 296a.

[2]     In EUSEBIO, Vita Constantini III 43: GCS I,95. Pour mieux connaître le concile de Nicée cf I. ORTIZ DE URBINA, Nicée et Constantinople, ed. De L’Orante, Paris 1963, 13-136 ; B. SESBOUÈ, Gesù Cristo nella Tradizione della Chiesa, 89-106.

[3] C’est une traduction presque littérale du texte de Cyrille cf. PG 77, cc. 43-50

[4]     cf P. TH. CAMELOT, Ephèse et Chalcédoine, o.c., 13-75; B. SESBOÜÈ, Gesù Cristo nella tradizione della Chiesa, ed. Paoline, Cinisello Balsamo 1987, 107-131.

[5] Saint Augustin, De la sainte virginité, 3, dans L’ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.201.

[6]     AUGUSTINUS, Sermo 215, 4. PL 38, 1074. Cf. J. PINTARD, Le principe “prius mente quam corpore […]” dans la Patristique et la Théologie latines in Etudes Mariales, 27 (1970), 25-58.

[7] Saint Augustin, Sermon 186, 1.1, pour le jour de Noël III, in Œuvres complètes de saint Augustin, tome 7, edition L Guérin, Bar le Duc, France, , 1868, p.154-155

[8] Saint Augustin, Sermon 291, 5 in Œuvres complètes de saint Augustin, tome 7, edition L Guérin, Bar le Duc, France, 1868, p.443

[9] Saint Augustin, sermon 214,6 in Œuvres complètes de saint Augustin, tome 7, edition L Guérin, Bar le Duc, France, , 1868, p.218

[10] Saint Augustin, De la sainte virginité, 5, dans L’ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.205.

[11] Saint Augustin, De la sainte virginité, 6, dans L’ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.205.

[12] Saint Augustin, De la sainte virginité, 6, dans L’ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.205.

[13] Saint Augustin, De la sainte virginité, 5, dans L’ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.204.

[14] Bibliographie de saint Anastase d’Antioche :

- en version latine dans le Migne, PG 89,1309.1362,

- en version grecque dans S. N. Sakkos, Anastasiou a ‘Antiocheias spanta to sozomena gnesia erga, Thessaloniki 1976, pp. 17-78.

- Quelques passages sont traduits en italiens dans : Testi Mariani del Primo Millennio, vol II, Citta Nuova editrice, Roma 1989, p.71-79

 

[15] Bibliographie de saint Anastase d’Antioche

- en version latine dans le Migne, PG 89,1309.1362,

- en version grecque dans S. N. Sakkos, Anastasiou a ‘Antiocheias spanta to sozomena gnesia erga, Thessaloniki 1976, pp. 17-78.

- Quelques passages sont traduits en italiens dans : Testi Mariani del Primo Millennio, vol II, Citta Nuova editrice, Roma 1989, p.71-79

[16] Bibliographie de saint Anastase d’Antioche

- en version latine dans le Migne, PG 89,1309.1362,

- en version grecque dans S. N. Sakkos, Anastasiou a ‘Antiocheias spanta to sozomena gnesia erga, Thessaloniki 1976, pp. 17-78.

- Quelques passages sont traduits en italiens dans : Testi Mariani del Primo Millennio, vol II, Citta Nuova editrice, Roma 1989, p.71-79

 

[17] Bibliographie de saint Anastase d’Antioche

- en version latine dans le Migne, PG 89,1309.1362,

- en version grecque dans S. N. Sakkos, Anastasiou a ‘Antiocheias spanta to sozomena gnesia erga, Thessaloniki 1976, pp. 17-78.

- Quelques passages sont traduits en italiens dans : Testi Mariani del Primo Millennio, vol II, Citta Nuova editrice, Roma 1989, p.71-79

 

[18] Cf. Hom. In sanctum Joannem Baptistam, PG 87,3,3328

[19] Cf. Hom. In Annuntiationem PG 87,3,3244

[20] Cf. Hom. De Hypapante, PG 87,3,3298-3299

[21] Epist. Sinodica ad Sergium, PG 87, 3,3160-3161 ; cette lettre est très importante : elle fut officiellement approuvée par le 6e concile oecuménique Constantinople II (680-681).

[22] Hom. In Annuntiotionem, PG 87,3,3273 D

[23] Epist. Sinodica ad Sergium, PG 87, 3,3160-3161

[24] Ambiguorum liber, PG 91,1056 BC. « Théandrique » signifie « divin et humain ».

[25] Ibid., PG91,1044D.

[26] Vie de Marie :

Texte georgien et français présentés par M-J von Esbroek dans CSCO 478-479

Traduction en italien (extraits) dans Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, Roma 1989, pp. 186-187.

[27] Storia dei dogmi mariani, Roma, LAS 1981, pp. 213-214.

[28] Omelia per la Presentazione N° 17-18, PG 98,308 AC.

[29] Homilia in Dormitionem III, PG 98,361 C.

[30] Homilia in Dormitionem II, PG 98,357 B.

[31] Homilia in Dormitionem I, PG 98,345 D.

[32] Homilia in Dormitionem II. PG 98.372 AB.

[33] Homilia in Dormitionem II, PG 98,345 CD.

[34] Homilia in Dormitionem II, PG 98,357 B.

[35] Homilia in Dormitionem I, PG 98,345 BC.

[36] Homilia in Dormitionem III, PG 98,360 D.

[37] In sanctae Mariae zonam, PG 98,380 B, BC

[38] In sanctae Mariae zonam, 380D-381

[39] In sanctae Mariae zonam, 381 B

[40] on l’appelle Canon parce qu’il est immuable dans la liturgie.

[41] Au sens de matière

[42] Homilia in Nativitatem PG 97,860 BC

[43] Homilia in Nativitatem IV, PG 97,880 A

[44] Homilia in Nativitatem III, PG 97,860 B.

[45] Canon de Nativitate, PG 97,1316 C – 1320 A.

[46] Homilia in Nativitatem I, PG 97,809 D – 812 A.

[47] Cf. R. Cali, Le omelie “in Dormitionem sanctae Mariae “ di Andrea di Creta, in Oeconomus gratiae. Studi in onore di Alfredo M. Tarsia, Caltanisetta 1995, pp. 89-106.

[48] Homilia in Dormitionem I, PG 97, 1060 BC.

[49] Homilia in Dormitionem IV, PG 97, l100 A.

[50] Homilia in Nativitatem I, PG 97,808 C.

[51] Homilia in Nativitatem, 6, PG 96,676 D. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.61-63

[52] Homilia in Nativitatem, 2, PG 96,664 A. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.49

[53] Homilia in Nativitatem, 2, PG 96,664 B. ibid.

[54] Homilia in Nativitatem, 3, PG 96,664 D. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.51

[55] Homilia in Nativitatem, 9, PG 96,665 A. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.71-73

[56] Homilia in Dormitionem II. 19, 762D. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 175-177

[57] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 161 : Hom in Dormitionem II. 15, 744 A

[58] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.101 : Hom in Dormitionem II,8

[59] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.83 : Hom in Dormitionem I,1

[60] Homilia in Nativitatem, 4, PG 96,665 A. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.53

[61] Homilia in Dormitionem I,10, PG 96,713 B Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 107

[62] Homilia in Dormitionem I,10, PG 96,716 AB Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 109

[63] repris par Pie XII dans la Bulle Munificentissimus (AAS, t.42,1950, p. 761).

[64] Homilia in Dormitionem II,14, PG 96,741 B. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 159

[65] Homilia in Nativitatem, 5, PG 96,665 A. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.57

[66] Homilia in Dormitionem 1,8, PG 96,713 A. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p.101

[67] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 163-165 Homilia in Dormitionem II. 16, PG 96.744 CD.

[68] Homilia in Dormitionem II. 19, 762D. Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 175-177

[69] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 161 : Hom in Dormitionem II. 15, 744 A

[70] C’est ce que l’épître aux hébreux affirme du Christ He 6,19

[71] Jean Damascène, homélie sur la nativité et l’Assomption, Source chrétienne n° 80, Paris, Cerf, 1961, p. 121 : Hom in Dormitionem I,14, PG 96,716 AB

 

[72] Omelia sulla Natività 10, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, pp. 824-825.

[73] Omelia I sull’Annunciazione 4, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II,. p. 830.

[74] Quaestiones ad Anphiloquium, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, p. 855.

[75] Omelia II sul l’Annunciazione, 2, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, p. 836.

[76] Omelia sulla Natività, II, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, p. 826.,

[77] Omelia sulla Natività, II, in Testi Mariani del Primo Millennio, vol. II, p. 826.,

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