Marie dans la liturgie copte

Marie dans la liturgie copte

 

            Dans le parcours de base, comme dans les précédents dossiers de l’option liturgie nous avons fait, de temps en temps une ouverture œcuménique, souvent tirée de l’Eglise byzantine dont la liturgie est reprise par les catholiques d’Orient.

            Nous offrons ici un aperçu de l’Eglise copte et de ses fêtes mariales.

 

I. L’Eglise Copte d’Egypte.. 1

II. LA LITURGIE COPTE.. 4

III. MARIE DANS L'ÉGLISE COPTE.. 5

Assimilation. 8

 

I. L’Eglise Copte d’Egypte

Le nom "copte" dérive du grec "aigyptios", abrégé en "copte" : Arabes désignent ainsi les chrétiens d'Egypte, en opposition aux musulman Égyptiens. "Copte" désigne aussi la langue égyptienne ancienne qui était en usage avec le grec.  

 

Origine et formation  

            Du Ie au Ve siècle, les deux éléments ethniques, l'Egyptien et le grec hellénisé,  avaient cohabité harmonieusement et dans l’unité. Pendant cette période la communauté chrétienne de l'Egypte atteignit sa plus grande splendeur, en donnant une contribution considérable au développement de la pensée chrétienne, par la célèbre "École d'Alexandrie", illustrée par le génie d'un Pantène, d'un Clément d’Alexandrie, d'un Origène et de nombreux autres, pendant que sur le siège épiscopal de cette ville, dont la fondation remonte à l'évangéliste Marc, se succédaient des hommes éminents Pierre martyr (300-311), Athanase (328-373), Cyrille (412-444), connus pour leur doctrine; et tout autour, dans les déserts du Thébaide, du Nitrie et de la Mer Rouge, ils y avait d’illustres ascètes comme S. Antoine, S. Paul l’ermite, S. Pacôme, qui furent les fondateurs de la vie érémitique et cénobitique, qui se répandit ensuite dans le monde entier.  

            En 339, au temps du grand Athanase, l'Egypte comptait plus que cent sièges épiscopaux et au-delà d'un million de chrétiens, éparpillés un peu partout dans l'ancienne terre des Pharaons, professant tous une même foi, sans distinctions de race ou de langue, d'origine ou de tradition. Ce fut seulement après la moitié du Ve siècle que cette concorde primitive commença à se lézarder et l'élément indigène, déjà opposé à la domination politique byzantine, en ne pouvant pas manifester son opposition d’une autre façon commença à remplacer la langue grecque par la vieille langue copte saidica, en traduisant dans cette langue quelques parties de la Bible et en introduisant, aussi dans le rite, des us et coutumes indigènes.  

Le monophysisme de l’Eglise copte

            Quand en 451, au concile la Chalcédoine leur patriarche Dioscore fut déposé et condamné, parce que partisan de l'hérésie d'Eutiche, et que la formule de Cyrille "une nature" fut remplacée par "deux natures", les Egyptiens se sentirent humiliés dans leur fierté nationale par les Byzantins et  réagirent en refusant d'accepter les décisions dogmatiques du concile de Chalcédoine et en se séparant de l'Église catholique de cette époque. 

            Les "Non-Chalcédoniens", ou "monophysites" formèrent leur propre hiérarchie. Depuis lors il y eut deux hiérarchies parallèles: une "copte", l'autre "Melchite", qui se disputeront longtemps la suprématie du siège alexandrin. Les tentatives de conciliation d’abord puis de contrainte, par les empereurs byzantins, n'eurent pas de succès. L'invasion perse, 617-619}, puis Arabe (642) gelèrent la situation et ils menèrent à la formation de deux Églises distinctes.

 

Période des Arabes (642-1250)  

            Avec la conquête arabe, au moins initialement les Coptes furent favorisés au détriment des Melchites, qui, en étant de langue grecque, passèrent pour des amis des empereurs grecs de Byzance, et furent persécutés. Les Coptes furent élevés aux honneurs et formèrent progressivement un état dans l'état, avec leur patriarche comme tête religieuse et civile, avec leurs propres lois, leurs propres tribunaux, leur propre langue, etc. Le patriarche copte Agatone, (662-680) put construire une grande cathédrale à Alexandrie, dédiée à Saint Marc et la hiérarchie monophysite réussit presque à remplacer la hiérarchie Melchite. 

            Quant en 750, à la dynastie Omayyade et succéda la dynastie Abbasside (750-863), les privilèges dont avaient jouis les Coptes, furent en grande partie abolis et commença une ère de persécution véritable. Ils furent obligés à porter une ceinture noire pour se distinguer des musulmans, furent soumis aux mesures restrictives et accablés par des  taxes fiscales de plus en plus lourdes. L'oppression fut telle qu’elle fit éclater pas mal de révoltes, en 752, en 776 et surtout en 829. Cette dernière dura presque deux ans et elle fut réprimée par le calife Al-Ma'mun, de manière dure et impitoyable. Des milliers de Copte apostasièrent et ils se firent musulmans. D'environ six millions de Coptes au moment de l'invasion arabe, , ils étaient moins de la moitié vers la fin du siècle IX.

            Les choses changèrent sous les dynasties suivantes qui se montrèrent plus libérales. Guidée par un des patriarches les plus énergiques et entreprenants de cette période, Christodule (1047-1077), l'Église copte semble alors retrouver son ancienne vitalité.

            Sous Cyrille III ibn Laklak, 1235-1243 ont lieu les premières tentatives d'union avec l'Église latine par l’intermédiaire de frère Philippe, prieur des Dominicains de Terre Sainte, an nom et de la part du pape Grégoire IX.

Période des Mammaluches (1250-1517) 

            En 1250 il succède en Egypte la dynastie des Mammaluches qui dura presque trois-cents ans, 1250 - 1517, et fut pour l'Église copte une période de dure oppression. Deux illustratres ecclésiastiques marquent cette période: l'écrivain copte Abu Le-Barakat ibn Kanbar et le patriarche Gabriele V (1401-1418)  qui promulgua le "Rituel de l'Église copte, aujourd'hui encore en usage.

            Pendant cette période le patriarche copte fut invité à participer au concile de Florence. Le moine Andrea délégué du patriarche, signa le 4 février 1442 l'union de l'Église copte avec l'Église romaine. L'union eut malheureusement une très brève durée.

Période turque (1517-1798)  

            En 1517, Salim I, dit le cruel (1467-1520), sultan turc, s'empara de l'Egypte. La domination turque dura trois siècles environ et fut peut-être la période plus dure pour l'Église copte: opprimée à l'extérieur, tourmentée par divisions à l'intérieur, elle vit jour après jour diminuer le nombre de ses fidèles jusqu'à atteindre, au début du siècle XIX, le chiffre d’environ cent-mille fidèles avec seulement une dizaine de sièges épiscopaux.

            Il y eut aussi dans cette période quelques tentatives de rapprochement avec l'Église romaine, en 1560, 1582, 1592, 1623 : mais ces efforts furent vains.

            Cette période s’acheva en 1798, avec le débarquement en Egypte de Napoléon Bonaparte.  

             

Période contemporaine  

            En 1811, avec la conquête définitive de l'Egypte de la part de Mohammed Ali,  commence l'histoire contemporaine de l'Egypte. Cette date marque aussi la renaissance et la réorganisation de l'Église copte. C’est en effet, à partir de le royaume de Mohammed Ali (1805-1849), que l'Église copte rachète sa liberté et beaucoup de copte religieux qui jusqu’alors étaient restés exclus de la vie civile et économique du pays, réussissent à se faire une position et à occuper de plus en plus des places importantes.  

            La hiérarchie fit quelques réformes. 

            Le réveil laïque fit une redécouverte de la vie monastique et les monastères commencèrent à se repeupler. C’est parmi ces moines que fut choisi l’actuel patriarche copte Shenuda.

            En 1947 le nombre des fidèles coptes était remonté à un million cinq-cents mille, en doublant presque en seuls vingt ans le chiffre de 946 mille du recensement de 1927. Depuis lors, l'Église copte a continué à augmenter aujourd'hui en atteignant le chiffre d'environ cinq millions.

 

Organisation actuelle 

L'organisation ecclésiastique comprend actuellement un patriarcat résidant au Caire et 23 éparchies dont 20 en Egypte, 2 au Soudan et un à Jérusalem. Les évêques sont une soixantaine, les paroisses 1200 environ. Des nombreux monastères qui peuplaient un jour les déserts du Thébaide ou les bords du Nil, il n’en reste aujourd’hui que huit : deux dans la Vallée du Nil, deux dans la région de la Mer Rouge et quatre dans la région de Wadi Natrun pendant qu’on on est en train d’en reconstruire un: celui d'Abu Mina, près d'Alexandrie. En plus de ces monastères masculins, il y a au Caire, quatre monastères féminins, qui comptent une centaine de religieuses en tout.

            A côté de l'Église copte orthodoxe, deux petites églises existent: la première Copte-catholique avec des cent-mille fidèles environ ; la seconde Copte-protestante. 

             

Église Copte et oecuménisme

            L'Église copte est engagée dans le mouvement oecuménique à différents niveaux : avec les Églises sœurs non Chalcédoniennes, avec le Conseil oecuménique des Églises de Genève et avec l'Église catholique.  

            En ce qui concerne cette dernière, à l’occasion d’une rencontre à de Rome en 1973, entre le pape Paolo VI et le patriarche copte Shenuda III,  a été fondé une commission mixte de dialogue. Et fut faite une déclaration commune qui contenait une confession de foi commune dans le mystère du Verbe incarné.

            Le 12 février 1988, une forme plus condensée d'accord commun a été signée. Il exprime la foi commune en notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus Christ, le Verbe incarné, parfait dans sa divinité et parfait dans son humanité. Son humanité et sa divinité sont sans mélange ni confusion. Et son humanité ne fut à aucun moment séparée de sa divinité. Les erreurs passées d’Eutiche et de Nestorius sont anathématisées.

 

II. LA LITURGIE COPTE  

            L'Église copte a sa liturgie particulière, une note copte et alexandrine, qu'elle a maintenu après son détachement de l'Église universelle, en traduisant l'ancienne liturgie alexandrine, propre du siège d'Alexandrie d’Egypte et en remplaçant par la langue copte la langue grecque originaire. Plus tard, à partir du VIIe siècle, après l'invasion arabe, la langue copte fut remplacée en beaucoup d’endroit par la langue arabe, et aujourd'hui les livres liturgiques présentent un texte bilingue copte et Arabe, ça et là mêlé avec quelques formules grecques, vestiges de la langue originaire. 

 

Le calendrier liturgique copte  

            Les Coptes possèdent leur propre calendrier liturgique qui s’appuie sur une ancienne couche égyptienne et a intégré des apports grecs et syriaques. L’année est datée selon une ère propre, « L’ère des martyrs » qui commence le 29 août 284, jour de l'accession au trône de Dioclétien qui déchaîna la persécution la plus terrible contre l'Église primitive. On a vérifié qu’en Egypte les massacres de chrétiens furent terrifiants, et le nombre des martyrs, très élevé.  

            L'année copte se divise en 12 mois de 30 jours, avec un mois intercalaire de 5 jours les années bissextiles, placé à la fin de l'année.  

            L'année liturgique copte commence avec le mois de Tut, correspondant à notre 10 septembre. Les mois portent un nom copte et un nom arabe.  

            Les Coptes divisent l'année en trois saisons liturgiques en relation avec la vie agricole et les inondations du Nil, avec des prières spéciales pour la crue du Nil et la récolte. Celles-ci sont: l'inondation du Nil de 124 jours, 19 juin au 19 octobre ; l'ensemencement (hiver) de 91 jours, 20 oct. au 18 janvier ; la récolte (été) de 151 jours, du 19 janvier au 18 juin.  

            Le calendrier comprend les fêtes du Christ, de la Mère de Dieu et des saints, distribuées le long de l'année liturgique. Au-delà des dimanches, habituellement très importants, le système des fêtes dépend de la date de Pâques, et on distingue des fêtes fixes et des fêtes mobiles selon trois grandes divisions:  

1. Les fêtes du Christ. Les 7 grandes fêtes sont: l'Annonciation, Noël, l'épiphanie, les Rameaux,  Pâques, l'Ascension et le Pentecôte; les 7 fêtes plus petites sont: la Circoncision, le Premier miracle aux noces de Cana, l'entrée au temple, la dernière Cène, l'entrée de la sainte famille en Egypte, la Transfiguration et le Dimanche de Thomas.  

 

2. Les fêtes de la Mère de Dieu sont nombreuses; nous en reparlerons.  

 

3. Les fêtes des saints sont nombreuses: anges, apôtres, martyrs, évêques, beaucoup sont inconnus aux autres Églises. Une place spéciale est faite à Jean Baptiste, Marc l’Évangéliste, premier apôtre d’Egypte et autres.  

 

Les jours de jeûne

            Les Coptes observent de nombreux jeûne qui marquent beaucoup la spiritualité du peuple égyptien. Ce sont :

1. Les mercredis et vendredi de chaque semaine; exceptés la cinquantaine pascale, Noël et l'Epiphanie.  

2. Le jeûne de Noël, de 48 jours, du 25 novembre au 5 janvier.  

3. Le jeûne de Jonas, de 3 jours, du lundi au mercredi après le temps pascal,; il correspond au jeûne de Ninive des autres Orientaux.  

4. le jeûne d'Eracle, de 7 jours, depuis le dimanche de Sessagesima le lundi; il rappelle l'entrée triomphale d'Eraclio à Jerusalem en 628 avec la relique de la croix.  

5. Le Grand Carême, que dure  semaines entières, plus la Grande semaine.  

6. Le jeûne des apôtres qui dure 34 ou 49 jours, selon la date de la fête de Pâques.  

7. Le jeûne de l'Assomption qui dure 15 jours, en préparation de la fête de l'Assomption.

 

Pour les Coptes le jeûne exclut viande et laitages. Le poisson est exclu certaines grandes veilles, le Carême et durant le jeûne de Jonas.

 

III. MARIE DANS L'ÉGLISE COPTE  

            La vénération des Coptes pour la Mère de Dieu est très étendue et remonte aux temps les plus anciens. C’est en Egypte que se rencontre pour la première fois le terme "Theotokos" et le grand Cyrille d'Alexandrie le défendra avec le zèle que l’on sait contre les négations de Nestorius au concile d'Ephèse.  

            Les Coptes, à cause du domicile de la sainte Famille en Egypte, pendant au moins deux ans, aiment considérer leur patrie comme un prolongement de la Terre Sainte. Ils en suivent avec amour les traces sans faire attention à la vraisemblance et en retirent un riche itinéraire dont les nombreux sanctuaires pointillent les étapes. Selon eux une bénédiction spéciale, donnée par la Mère de Dieu pendant son séjour en Egypte, explique la floraison de la vie monastique, et c’est la raison de la consécration à Marie de beaucoup de monastères après le concile d'Ephèse.  

            Les églises dédiées à Marie sont actuellement plus de 160 et parmi elles quelques-unes sont considérées comme de vrais sanctuaires mariaux parce qu’elles rappellent le séjour de Marie et les miracles opérés par elle. Certaines possèdent aussi des icônes miraculeuses de Marie, considérées comme oeuvre de saint Luc.  

 

I. La littérature mariale de l'Église copte  

            Les Coptes possèdent une littérature mariale abondante exprimée en homélies, en hymnes et prières, distribuée dans les nombreux livres liturgiques en usage dans leur Église. On y remarque un culte spécial pour les mariaux apocryphes de l'enfance, à cause du séjour de la Sacrée Famille en Egypte et des nouvelles et intéressées lumières qui jettent sur tel séjour.  

            Les Coptes possèdent beaucoup d'homélies au contenu mariologique. Quelques-unes sont traduites du Grec ou du syriaque. D’autres sont dues aux pères de l'Église copte. Beaucoup d'autres sont des pseudépigraphes, composées surtout sous l'occupation arabe qui ne permettait pas la création littéraire et théologique.

            Les noms les plus fréquents sont : Cyrille de Jérusalem, Ephrem le syriaque, Macaire l'Egyptien, Jean Chrysostome, Cyrille d'Alexandrie, Jacques de Sarug, Théophile d'Alexandrie et autres.  

            Les livres liturgiques qui contiennent des textes mariaux sont : les calendriers, le Sinassario, le Missel, le livre des heures, les Sacramentaires, le Pontifical, le Difnar, la Psalmodie annuelle, la psalmodie de Kiahk, le Livre des glorifications. Existent aussi des anthologies en l’honneur de la Vierge, des louanges litaniques, des prières, gloses et autre.  

            Parmi  les hymnes mariaux se distinguent les  "Theotokie", qui ont beaucoup d'affinité avec celles de l'Église grecque. Les Coptes les attribuent à des auteurs tels que Athanase, Ephrem le syriaque, Jacques de Sarug et autres. Ils sont contenus dans le livre de la Psalmodie annuelle, et repris dans une grande mesure dans le livre de la Psalmodie de Kiahk pour le mois marial en préparation à la fête de Noël. Les autres livres liturgiques contiennent d’autres textes mariaux, comme nous le verrons.  

 

2. Les fêtes mariales de l'Église copte  

            Il n'est pas facile d'énumérer toutes les fêtes mariales contenu dans le calendrier copte et dans les nombreux livres liturgiques. Vansleb, au XVIIe siècle fut le premier à parler de trente-deux fêtes. Des auteurs postérieurs, récents et moins récents ont exprimé des avis très différents. Le difficulté vient du fait que l'idée de fête dans la liturgie copte est très élastique, et ne comprend pas toujours de commémoration véritable avec la messe, l’office, l'homélie, le concours du peuple, les supplications circonstancielles. Le P. Giamberardini a proposé récemment de diviser les commémorations mariales en quatre classes dans l'ordre suivant :  

            La première est constituée par fêtes de dédicaces d'églises mariales. Leur nombre n'a pas de limite. Parmi les plus connues, nous signalons: l'église de Filippi, 21 Baunah, 28 juin ; l'église d'Atrib, à la même date l'église de Dair al-Muharraq, 6 hatur, 15 novembre ; l'église de N.S du Cappadocia, 29 misri, 4 septembre ;  l'église de Dair Nahia, Les bashans, 9 mai, etc.  

            La seconde comprend un nombre de fêtes communes au Christ et à Marie. Le plus importantes sont: l'Annonciation, Noël, la Présentation de Jésus au temple et la Fuite en Egypte.  

            La troisième est constituée par la commémoration de l'Assomption le 21 de chaque mois.  

            La quatrième comprend cinq solennités mariales, que l'Église copte a en commun avec les autres Églises: la Conception, 13 Kiahk, 9 décembre ; la Nativité, 10 tut, 7 septembre ; l'entrée de Marie dans le temple, 3 Kiahk, 29 novembre ; l'Assomption, 21 tubah, 16 janvier et l’Assomption, 16 misri, 22 août. Comme il se voit les deux fêtes de la mort et de l’Assomption sont séparées par 206 jours et la raison se trouve dans les sources apocryphes.  

 

3. Le mois marial de l'Église copte  

            L'Église copte est la seule parmi les Églises orientales à avoir un vrai mois marial. Il s'agit du mois de Kiahk le quatrième mois du calendrier copte. Il commence le 10 décembre environ, il culmine avec la fête de Noël, fête de Christ qui naît et de Marie que le met au monde. Les Coptes n'ont pas la "première fête mariale", que les autres Orientaux placent le 26 décembre et que l'Église romaine place à l’octave de  Noël. L'usage copte semble très ancien, c'est-à-dire aux temps mêmes de l'institution de la fête de Noël.  

            Aussi le jeûne du Noël qui dure 46 jours environ a-t-il pris une forte coloration mariale. Les Coptes appellent en effet tel jeûne le « jeûne de la Vierge » et ils affirment que la Vierge même l'aurait pratiqué un mois et demi avant la naissance du Fils. Ibn Siba au  XIVe siècle décrit ainsi la croyance traditionnelle: « Le jeûne de Noël eut ainsi son origine: notre Dame, Mère de la lumière, étant dans le septième mois et demi de sa grossesse, à la suite de l’Annonciation pleine de salut, Joseph le charpentier et d’autres la réprimandaient continuellement, parce qu’elle prétendait être vierge, et elle avait cependant été trouvée enceinte. Étant donné que de tels reproches étaient continus, elle jeûna pendant un mois et demi, en pleurant et en se désolant à cause des insultes ».  

            Les Coptes célèbrent le mois marial avec une veillée nocturne quotidienne qui s'étend sur tout le mois de Kiahk et qui s'ajoute au cours normal  de l’office. Pendant cette veillée ils chantent les « Theotokie » et autres textes de la "il Psalmodie de Kiahk".

 

4. Marie dans l’office quotidien  

            Les textes se trouvent dans le livre liturgique nommé "Aghbia" ou Horologio.

5. Marie dans la liturgie eucharistique  

            Les textes se retrouvent dans le Missel, nommé "Khulagi".

6. La doctrine mariale de l'Église copte  

            Héritiers de la théologie d’Athanase et de Cyrille, les Coptes se sont toujours battus pour soutenir la prérogative de la maternité divine de Marie, et l'ont toujours mise à la base de leur dévotion. Les Theotokie, dans le titre et dans le contenu, l’office marial du mois de Kiahk comme les autres documents inspirés à la liturgie, homélies et recueils de miracles en sont le témoignage.  

            En parlant de sa maternité, les Coptes y voient sa destinée de Mère universelle. Elle fut Mère au complet: Mère de Christ-homme, Mère de Christ-Dieu, Mère du Christ Mystique, de l’Église et de chaque fidèle.  

            Le virginité perpétuelle de Marie est le cadre d'or qui encadre la maternité de Marie. Elle leur offre un sujet de cantique inépuisable, qui retient toute leur littérature religieuse. "Les attributs les plus fréquemment utilisés sont : « porte scellée », « buisson ardente », « terre fertile », etc. Pour les Coptes le privilège de la virginité est aussi une gloire pour Marie: la Mère divine sur la terre ressemble aux anges et mérite dans le ciel une gloire supérieure à la leur.  

 

            Pour les Coptes Marie est sainte au superlatif: grande par sa perfection personnelle et par la fonction qu’elle a à la suite de Jésus. C’est un don conféré par la très Sainte Trinité, mais aussi mérité par une vie de sacrifice. Ils reconnaissent en Marie la volontaire et généreuse acceptation du Fiat tout au long de sa vie. 

 

            Les Coptes sont profondément convaincus de la mission médiatrice de Marie et ils précisent qu'elle est intermédiaire entre Christ et les créatures dignes de grâce divine. Les individus, les institutions et l'Église universelle sont mises sous sa protection. Marie agit sur cas désespérés, sur le découragement, sur les infirmités, sur la peine de mort. 

 

            En ce qui concerne l'eschatologie mariale, les Coptes croient que Marie est morte le 21 tubah, (fin janvier) et, comme son Fils, son corps ne subit pas la corruption. Après 206 jours, et pour oeuvre du Fils, le corps se réunit à l'âme et fut emporté au paradis où Marie triomphe, à la proximité du trône de Dieu, avec un degré de gloire qui dépasse tout ce qu'on peut concevoir. La glorification eschatologique de Marie culmine dans la royauté: elle est la vraie reine; à côté du trône de son Fils, son royaume est de miséricorde. 

 

7. Marie dans l’Orologion

            Le livre liturgique qui contient les heures  de l’office s'appelle Al-Aghbia, du mot copte Adjpé qui signifie "heure": Il a donc quelques traits communs avec un « Livre des heures », ou son correspondant byzantin. Il s’appelle aussi "Livre des sept heures", parce qu’il contient les sept prières qui sanctifient toute la journée du chrétien. Celles-ci sont: 1. les laudes, heures du matin, qui rappellent la résurrection; 2. les tierces, qui rappellent la descente de l'Esprit; 3. les Sestes, qui rappelle la crucifixion; 4. Les nones qui  rappellent la mort de Jésus en croix; 5. les Vêpres qui rappellent la descente du corps du Christ de la croix; 6. Les complies ou Prière du sommeil qui rappellent la déposition dans le sépulcre du corps du Christ; 7. La prière de Minuit, qui rappelle l'arrivée de l'Époux divin. Les moines coptes et les évêques ajoutent une prière complémentaire, nommée "Prière du voile" qui se récite le soir après l'heure du sommeil.  

             

            L’office copte a conservé une structure monastique; la psalmodie en constitue l'élément important: chaque heure comporte 12 psaumes, conformément à la tradition que S. Pacôme, législateur du monachisme égyptien, aurait reçu d'un ange. Chaque heure comporte en outre deux lectures dont la seconde est tirée des Évangiles. L’hymne y tient une place étroite et consiste en une antienne adressée au Christ et au saint du jour et dans ce qu’on appelle les "Theotokie" en honneur de la Mère de Dieu tirées de l’Orologe byzantin et probablement du rite syriaque.

 

Bibliographie 

G.GHARIB e altri, Testi mariani del primo millenio, vol. IV, Roma 1991 pp. 681-684.

G. GIAMBERARDINI, Il culto mariano in Egitto, 3 voll. Jerusalem 1975 - 78;

CH. CANNUYER, I Copti. Figli di Abramo. Librairie Éditrice du Vatican. Vatican 1994

 

Assimilation

            Ainsi, vous allez citer à partir de ce dossier (dans deux colonnes, ou avec des paragraphes) d’une part ce qui concerne le mouvement de Dieu qui donne ou se donne. Et d’autre part le mouvement de nous vers Dieu. Ce double mouvement est comme le battement d’un cœur. Il est le secret de notre divinisation.

            Quant à ce qui concerne Marie, vous allez noter quand la Vierge Marie est célébrée comme un cadeau que Dieu nous donne, et quand la Vierge Marie, comme nous, est dans la position de quelqu’un qui prie, qui s’offre elle-même.

 

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