Autres fêtes et mémoires de Marie

L’origine byzantine de la fête.

Le sens de la fête byzantine.

Quelques textes de la liturgie byzantine de la fête de la Présentation de Marie au temple.

La Présentation de Marie en Occident au XIV siècle.

La Présentation de Marie dans la liturgie actuelle.

La fête du 8 DECEMBRE, l’Immaculée conception..

Introduction historique à la fête du 8 décembre, l’Immaculée Conception.

La messe composée par Léonard Nogarole pour le 8 décembre, (en 1477).

Les prières liturgiques actuelles pour le 8 décembre.

La Préface eucharistique du 8 décembre.

La fête de la Visitation, 2 juillet ou 31 mai.

La signification du 2 juillet en Orient et en Occident (Visitation)

La Visitation en Occident: une fête pour mettre fin à la division.

Textes liturgiques de la Visitation, 2 juillet, au XV° siècle.

Textes liturgiques actuels pour la fête de la Visitation, 31 mai

Fete du 15 septembre, Notre dame des douleurs. 

La mémoire liturgique de Notre Dame des douleurs (15 sept) 

Assimilation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’origine byzantine de la fête.

Le sens de la fête byzantine.

Quelques textes de la liturgie byzantine de la fête de la Présentation de Marie au temple.

La Présentation de Marie en Occident au XIV siècle.

La Présentation de Marie dans la liturgie actuelle.

La fête du 8 DECEMBRE, l’Immaculée conception..

Introduction historique à la fête du 8 décembre, l’Immaculée Conception.

La messe composée par Léonard Nogarole pour le 8 décembre, (en 1477).

Les prières liturgiques actuelles pour le 8 décembre.

La Préface eucharistique du 8 décembre.

La fête de la Visitation, 2 juillet ou 31 mai.

La signification du 2 juillet en Orient et en Occident (Visitation)

La Visitation en Occident: une fête pour mettre fin à la division.

Textes liturgiques de la Visitation, 2 juillet, au XV° siècle.

Textes liturgiques actuels pour la fête de la Visitation, 31 mai

Fete du 15 septembre, Notre dame des douleurs. 

La mémoire liturgique de Notre Dame des douleurs (15 sept) 

Assimilation. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’origine byzantine de la fête.

Le sens de la fête byzantine.

Quelques textes de la liturgie byzantine de la fête de la Présentation de Marie au temple.

La Présentation de Marie en Occident au XIV siècle.

La Présentation de Marie dans la liturgie actuelle.

La fête du 8 DECEMBRE, l’Immaculée conception..

Introduction historique à la fête du 8 décembre, l’Immaculée Conception.

La messe composée par Léonard Nogarole pour le 8 décembre, (en 1477).

Les prières liturgiques actuelles pour le 8 décembre.

La Préface eucharistique du 8 décembre.

La fête de la Visitation, 2 juillet ou 31 mai.

La signification du 2 juillet en Orient et en Occident (Visitation)

La Visitation en Occident: une fête pour mettre fin à la division.

Textes liturgiques de la Visitation, 2 juillet, au XV° siècle.

Textes liturgiques actuels pour la fête de la Visitation, 31 mai

Fete du 15 septembre, Notre dame des douleurs. 

La mémoire liturgique de Notre Dame des douleurs (15 sept) 

Assimilation. 

Autres fêtes ou mémoires de Marie

Table des matières

autres fetes ou memoires de Marie.. 1

La fête de la Présentation de la Mère de Dieu au temple, le 21 novembre.. 1

L’origine byzantine de la fête.

Le sens de la fête byzantine.

Quelques textes de la liturgie byzantine de la fête de la Présentation de Marie au temple.

La Présentation de Marie en Occident au XIV siècle.

La Présentation de Marie dans la liturgie actuelle.

La fête du 8 DECEMBRE, l’Immaculée conception..

Introduction historique à la fête du 8 décembre, l’Immaculée Conception.

La messe composée par Léonard Nogarole pour le 8 décembre, (en 1477).

Les prières liturgiques actuelles pour le 8 décembre.

La Préface eucharistique du 8 décembre.

La fête de la Visitation, 2 juillet ou 31 mai.

La signification du 2 juillet en Orient et en Occident (Visitation)

La Visitation en Occident: une fête pour mettre fin à la division.

Textes liturgiques de la Visitation, 2 juillet, au XV° siècle.

Textes liturgiques actuels pour la fête de la Visitation, 31 mai

Fete du 15 septembre, Notre dame des douleurs. 

La mémoire liturgique de Notre Dame des douleurs (15 sept) 

Assimilation. 

 

 

La fête de la Présentation de la Mère de Dieu au temple, le 21 novembre

L’origine byzantine de la fête

            Si les évangiles se taisent sur l’enfance de Marie, cependant, l’enfance et adolescence de la Mère de Dieu durent être des moments importants. Ce qui reste caché, on peut seulement l’imaginer ! Et c’est ce qu’a fait l’auteur du Protévangile de Jacques, 2e siècle, qui on raconte qu’à l’âge de trois ans Marie fut accompagnée au temple par Joachim et Anne, pour que son cœur ne s’éloigne pas du temple du Seigneur : « Et le prêtre la reçut et, l’ayant embrassée, il la bénit et dit : Le Seigneur Dieu a exalté ton nom dans toutes les générations. En toi, aux derniers jours, le Seigneur manifestera la rédemption aux fils d’Israël. Et il la plaça sur le troisième degré de l’autel. Et le Seigneur fit descendre sa grâce sur elle. Et ses pieds se mirent à danser et toute la maison d’Israël l’aima. »[1]

 

            Derrière l’imagination du récit apocryphe, on aperçoit un message clair, qui est celui de la fête de la Présentation: le cœur de Marie fut, depuis toujours, et entièrement dédié à Dieu seul.

L’apparition de cette fête est liée à la dédicace d’une basilique en l’honneur de Sainte Marie, [l’édifice fut voulu par Élie l’évêque de Jérusalem et fut achevé aux frais de l’empereur Justinien] (527-565) à côté de la zone du temple de Jérusalem, là où la Vierge aurait passé son enfance consacrée au service divin. Cette Église fut dédiée le 21 novembre 543, et fut dite Nouvelle Eglise, pour la distinguer de l’ancienne, dédiée à la nativité de Marie [la Probatique].

            Dans le cours du VIII siècle la fête s’est répandue dans toutes les Églises orientales, en rencontrant la faveur du peuple de Dieu : elle fera partie des grandes douze fêtes de l’année [son icône est sur l’iconostase], aujourd’hui encore célébrée en Orient avec une veille préparatoire et quelques jours d’après-fête [jusqu’au 25 novembre].

            En Occident, la Présentation apparut au IX siècle, dans les monastères orientaux de l’Italie méridionale, où les moines d’Orient s’étaient réfugiés à cause de la conquête musulmane.

 

Le sens de la fête byzantine

            Les textes liturgiques de la fête, très abondants et riches, commentent le récit du Protévangile de Jacques, ils excellent à mettre en relief les implications théologiques et spirituelles :

 

  • Le mystère de la prédestination divine de Marie, à partir de les premiers instants de sa vie.
  • Elle s’offre au Seigneur depuis le premier instant de son existence.
  • Sa consécration au Christ par des noces spirituelles.
  • Une théologie de la vie contemplative consacrée à Dieu dans la virginité et la prière et qui trouve son modèle dans la Vierge.
  • La Mère de Dieu est le nouveau et vrai temple dans lequel le Verbe de Dieu a choisi de s’établir définitivement, elle est presque un sanctuaire vivant. L’ancien temple d’Israël était l’image de Marie qui a offert à Dieu un domicile sur la terre en son propre corps ; dans les textes liturgiques comme pour les Pères de l’Église, Marie est devenue ce qu’il y avait de plus saint dans l’ancien temple, le vrai "Saint des Saints".
  • La sainteté de Marie sans cesse appelée "Panaghia" ou Toute Sainte" : son domicile dans le temple fut un vrai chemin sur la voie de la sainteté, sous la vigilance étroite du Panaghio (l’Esprit Saint) dont elle était destinée à être la demeure quand il descendrait sur notre terre pour mener tous les êtres sur le sentier de la vraie sainteté.

Quelques textes de la liturgie byzantine de la fête de la Présentation de Marie au temple

 

« Le temple très pur du Sauveur, la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, trésor sacré de la gloire divine est aujourd’hui conduite dans la maison du Seigneur et y apporte avec elle la grâce de l’Esprit divin ; les anges lui chantent : elle est le tabernacle céleste. »

(21 novembre, kondakion et Ikos ; 4e stichère du 6e ode du 2e canon des matines)

 

« La Sainte des saints fut conduite dans le temple comme une hostie agréable à Dieu. »

(21 novembre, petites Vêpres, 2e stichère pour le psaume 140)

 

« Le dessein qui précéda tous les siècles de notre Dieu d’avant les siècles arriva à sa consommation, O Vierge toute immaculée, quand tu vins dans le Saint des saints pour y être élevée dans le but de devenir l’habitation du Verbe. »

(21 Novembre, 3e Stichère de la Litia à Vêpres)

 

« Vierges, portez vos flambeaux avec joie, escortez la pure Vierge au saint des Saints comme épouse du Roi universel. »

(21 novembre, petites vêpres, 2e apostiche)

 

« Nourrie fidèlement du pain céleste, O Vierge, tu enfantas au monde le Logos, pain de vie. A lui, O temple choisi de Dieu, et immaculé, tu es mystiquement fiancée par l’Esprit, Epouse de Dieu le Père. »

(21 Novembre, 4e stichère de la 5e ode du 2e canon des matines)

 

 

Textes liturgiques de l’édition grecque officielle, cités dans

Joseph LEDIT, Marie dans la liturgie de Byzance, ed. Beauchesne, Paris 1976, pp. 118-126

 

 

La Présentation de Marie en Occident au XIV siècle.

Au 14e siècle, Philippe de Mézières composa une messe de la Présentation, le pape approuva le formulaire[2] (mais au début elle n’était pas dans le missel romain) : le pape était à Avignon et il a accordé que la fête de la Présentation, déjà célébrée à Lyon, soit acceptée.

 

Entrée : « Nous nous réjouissons en Dieu en ce jour de la fête, en célébrant avec honneur la Vierge Marie ; les anges se réjouissent de sa présentation et louent en même temps le Fils de Dieu.» (Ps 44,2)           

 

Collecte : "Dieu qui as disposé que la Bienheureuse Vierge Marie fût présentée au temple et instruite par l’Esprit Saint, accorde-nous d’être instruit en ce qu’il concerne la vie spirituelle (= dans les disciplines de l’Esprit Saint), et de t’offrir un don digne de toi, venant d’un cœur consacré." [3]

            La collecte commence par le mémorial de l’événement célébré. Philippe de Mézières n’insiste pas sur la présence de Marie dans le temple ni sur son âge, mais il présente Marie avec l’Esprit Saint, son maître intérieur.

             

Épître: livre du Siracide, (Si 24,27-22) La Sagesse fait sa propre louange "Je suis comme une vigne… Qui opère en moi ne péchera pas"

            L’auteur reprend un texte que la tradition a déjà appliqué au Christ et il l’applique à Marie. Cela aura un grande influence dans la spiritualité mariale. Le texte lu par P. de Mézière[4] contient une addition au texte biblique grec: "En moi toute grâce de vie et de vérité. En moi tout espérance de vie et de vertu."

 

Super oblata =Secreta : « Nous te prions Seigneur, sanctifie ces dons, par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, que tu as voulu comme un don très bon, offert pour toi au temple par les mains de ses parents. » [5]

Les dons (en latin munera) sont le pain, le vin, l’eau. La prière demande que l’offrande soit agrée. Le Christ est l’offrande agréée. Nous sommes insérés en lui, offerts en lui, impossible de séparer lui et nous. Ici, Marie est offerte.

 

Collecta post communionem : « Que les sacrements que nous avons reçus, Seigneur, nous sauvent par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie toujours Vierge, qui en consacrant son cœur très pur t’offrit constamment un sacrifice agréable. »[6]

Le texte ne dit pas si Marie s’offre elle-même en consacrant son cœur pur ou si elle offre le Christ ou si elle offre l’Eucharistie. La liturgie sait unir les thèmes. "Marie offrit constamment un sacrifice": Marie sera toujours présente, l’Eucharistie est le mémorial de la mort du Christ, et fait mémoire de la présence de Marie auprès de la croix.

 

Quelques prières suggèrent que la Présentation de Marie est orientée vers l’Incarnation.

Antienne d’Offertoire : “Bienheureuse es-tu, sainte Vierge Marie et très digne de toute louange, parce que de toi est sorti le soleil de justice, le Christ notre Dieu. Alléluia. »[7]

Verset : "Vierge Mère de Dieu, Celui que le monde ne contient pas, dans tes entrailles il s’est enfermé et il est devenu homme. Alléluia." [8] C’est la prière à la communion, quand Dieu vient dans nos entrailles.

Verset : « Heureuse Vierge qui, avant de venir au jour hors du sein maternel, est comblée de grâce, et, gardée au temple, tu est grandement glorifiée. » [9] C’est comme de dire, Marie, tu as été placée dans le temple de Dieu, parce que tu dois être le temple de Dieu.

 

 

La Présentation de Marie dans la liturgie actuelle

Après le concile de Trente, dans le cadre du réaménagement liturgique en 1568, la Présentation fut supprimée du calendrier romain par le pape Pie V à cause de ses origines apocryphes et de son introduction récente en Occident. Mais en 1585, la fête sera ré-inscrite dans le calendrier de Sixte V, en prescrivant cependant d’utiliser le formulaire liturgique de la Nativité de Marie.

 

Après le Concile Vatican II, les incertitudes dues au manque de fondement biblique et historique émergèrent au moment de la dernière réforme du calendrier.

Le pape Paul VI a conservé « la Présentation » en pensant à l’union avec les Églises orientales où c’est une fête très importante, (cf. Marialis Cultus 7) mais non plus au titre de « fête » mais de « mémoire ».

Le sens de la fête est que Marie est consacrée totalement au Fils. Vatican II dira: « Marie se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant au mystère de la Rédemption. » (LG 56)

 

S’éloignant des apocryphes, il y n’a plus aujourd’hui la fête de la « Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie au temple », mais simplement la fête de la « Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie. »

Les textes liturgiques sont bons, mais ce sont des textes qui valent pour toutes les fêtes ; la collecte seule a un caractère spécifique pour le jour, mais elle ne fait aucun allusion à l’événement :

« Puisque nous célébrons la mémoire de la très sainte Vierge Marie, Accorde- nous, Seigneur, par son intercession, le bonheur de vivre dès maintenant en ta présence et d’avoir pari un jour à la plénitude de ta grâce. Par Jésus Christ. »(Missel Paul VI)

 

 

 

 

 

La fête du 8 DECEMBRE, l’Immaculée conception

Introduction historique à la fête du 8 décembre, l’Immaculée Conception

            Depuis la première moitié du VIII siècle (750), était célébrée en orient la fête de la Conception de sainte Anne, mère de Marie (la Theotokos), le 9 décembre.

            Les monastères anglais (cf. le rôle de saint Anselme et spécialement de son disciple Eadmère † 1124) l’Église de Lyon et l’ordre des Franciscains furent des centres de rayonnement qui facilitèrent l’entrée de cette fête en Occident.

            Dans un missel anglais du XI siècle, nous lisons les premiers témoignages de la fête de la Conception immaculée de Marie: elle est en vue de la conception de Jésus, de la venue de Dieu sur la terre.

            Les oppositions à la fête furent dépassées d’une façon ou d’une autre, par la diffusion du récit de l’abbé Elsine, anglais : sauvé miraculeusement pendant un naufrage, grâce à l’intervention de la Vierge qui en échange lui demanda la célébration de sa Conception.

            La fête anglaise passa rapidement, au début du XII siècle, en Normandie et de là, dans le reste de la France, accueillie avec enthousiasme par l’Église de Lyon vers 1130-1140, première Eglise en dignité de la Gaule. Ce geste courageux ne tarda pas à provoquer des protestations parmi lesquelles la lettre célèbre que saint Bernard écrivit au chapitre cathédral de Lyon.

            Au XIII siècle les oppositions vives des théologiens et des liturgistes n’ont pas manquées: à la Sorbonne (qui par la suite se mit au service de l’Immaculée Conception) aucun maître n’osait enseigner le privilège marial. Saint Thomas († 1274) combattait la doctrine de l’exemption de Marie du péché originel, mais il se montrait cependant tolérant envers la fête, en y voyant une fête de la sanctification de Marie dans le sein de sa mère.

            En Italie l’importante décision du Chapitre des franciscains, à Pise, en 1263, sous le gouvernement de saint Bonaventure, a établi la fête de la Conception de Marie obligatoire dans tout l’ordre franciscain.

            L’intérêt théologique à propos de la conception immaculée de Marie fut relancé, à partir de l’Angleterre, par le franciscain Duns Scot (†1308): C’est le Christ qui préserva sa Mère de tout péché.

            Si l’Église de Rome ne célébrait pas solennellement la fête, elle n’était pas intervenue non plus pour l’interdire. Au début du XIV siècle dans la cathédrale d’Anagni on célébrait la Conception de la Mère de Dieu, la curie papale étant présente et complaisante. (…) Pendant le séjour à Avignon, la cour pontificale se réunissait le 8 décembre pour célébrer la Conception de Marie.

            Les textes liturgiques composés par le Concile de Bâle furent accueillis avec enthousiasme par les différentes Églises, mais en 1437 ce concile devint illégitime (à cause de son insubordination au Pontife romain sur d’autres problèmes).

            Leonardo Nogarole, compose en 1477 une messe qui reçoit l’approbation du pape Sixte IV.

            Jusqu’à Pie V, nous avons trois donc possibilités:

les prières du 8 septembre avec le récit du sauvetage d’Elsin ;

la liturgie de L.Nogarole, avec l’octave ;

l’office du concile de Bâle.

            Mais le pape PieV, qui voulait simplifier le missel, a supprimé la mémoire du 8 décembre (comme aussi de la Présentation de Marie et de la Visitation…)

            Le pape Pie IX définit le dogme de la conception immaculée en 1854 (Ineffabilis Deus) en S’inspirant de la liturgie de L.Nogarole, et il fit composer une messe en reprenant sa collecte.

            Vatican II a retrouvé les trésors du passé et il a introduit des lectures splendides.

Cf. Corrado MAGGIONI, Benedetto il frutto del tuo grembo, Due millenni di pietà mariana, Portalupi Editore s.r.l. 2000, p. 106-113

La messe composée par Léonard Nogarole pour le 8 décembre, (en 1477).

Leonardo Nogarole était un frère franciscain, il a écrit une messe pour le 8 décembre (le 27 février 1477) et le pape l’approuva ; elle n’était pas dans le missel, mais elle était autorisée, et elle finit par appartenir au patrimoine.

 

Entrée : « Sortez et contemplez filles de Sion votre reine, les astres du matin la louent, le soleil et la lune admirent sa beauté, et à son sujet jubilent tous les fils de Dieu. V. Qu’elle nous fasse voir sa face, et nous fasse entendre ta voix, car sa parole est douce et son visage est extrêmement beau. » [10]

            Il n’y a pas une allusion directe à l’Immaculée conception si ce n’est que le péché est habituellement décrit comme erreur et laideur, au contraire, la beauté sublime de Marie, qui réjouit la communauté rassemblée, tout le cosmos et tous les fils de Dieu, est une allusion à la beauté que Marie tient du fait qu’elle est immaculée.

 

L’Oraison: elle est reprise dans le texte du dogme de 1854 et dans la liturgie actuelle (=collecte missel Paul VI, 8 décembre) :

            « Dieu toi qui as préparé par la conception immaculée de la Vierge une demeure digne pour ton fils et l’as préservé de toute chute par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils, accordes-nous par son intercession, de parvenir jusqu’à toi, purifiés, nous aussi, de tout mal. » [11]

           

La conception immaculée est un fait dont le but est que Dieu veut une demeure digne pour son Fils.

 

Graduel (cf. Cant. 5,10; 6,9; 4,10) « Qui est celle que l’Église aime, chers frères, qui est celle qui est proclamée mère du Seigneur et combien sa sœur et l’épouse du Christ ! v. Notre bien-aimée, toute lumineuse, Immaculée, se lève comme l’aurore. Alléluia. Viens, notre reine, viens notre Dame, dans le jardin, embaumé de tous les parfums. »[12]

            Ce qui est dit de l’Église d’une façon générale, est dit en particulier de Marie. L’Eglise est l’épouse du Christ, combien plus Marie. Marie est l’aurore, elle embaume.

 

Évangile: Lc 11,27-28.

 

Offertoire (cf. Cant. 4:12-13; 5:5 ; 7:1).

« Jardin fermé, fontaine scellée, ce qui émane de toi est le paradis, tes mains distillent la myrrhe et le miel fait, et les cieux sont mellifères, tu es faite par les mains de Dieu, mère de Dieu. Alléluia. »[13]

 

Sur les offrandes : la prière est compliquée, elle fut oubliée. En voici le sens: « Reçois, Auteur de la bénignité, nos supplications dites avec joie, à ta Mère et ta demeure : par le don à ta Mère de ta grâce prévenante, accordes-nous ta grâce… »

 

Communion. La prière cite Psaume 86 (87) "Il parle de toi pour ta gloire, cité de Dieu" (appliqué à Marie depuis les pères de l’Église) avec le Magnificat.

« On parle de toi pour ta gloire, Marie, le Tout-Puissant a fait pour toi des merveilles. Alléluia »

 

Post communion: " Reçois, Seigneur, le parfum suave du sacrifice de ton fils, et accorde, à ceux qui aujourd’hui célèbrent la conception de Marie dans la joie un fruit au centuple dans leur prière".

 

I.CALABUIG, traduction F.Breynaert

 

Les prières liturgiques actuelles pour le 8 décembre

 

Le dogme de l’Immaculée Conception est proclamé en 1854; en 1863, le pape demande le formulaire pour la messe de l’Immaculée.

On y conserve la collecte antique, changent les lectures, la prières sur les offrandes e la post communion.

Il faut attendre Vatican II pour avoir une préface spécifique pour cette fête.

 

Antienne d’entrée « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a enveloppée du manteau de l’innocence, et m’a fait revêtir les vêtements du salut, comme une épouse parée de ses bijoux. » (Is 61,10)

Explications:

            C’est une prière inspirée d’Isaїe qui ne pensait pas à l’événement de la conception immaculée célébrée actuellement. C’est la ville de Jérusalem qui parle, libérée de l’esclavage, par Dieu source du salut.

            Cependant, la Conception immaculée possède le sens plénier de ce qui arriva à la Jérusalem d’Isaїe. Le texte est applicable à la Vierge Marie, d’abord parce qu’il y en a une réminiscence assez claire dans le Magnificat; ensuite, parce qu’on peut dire que Marie est enveloppée de sainteté.

            Les thèmes de la prière sont :

- La joie intense fondée sur le Seigneur.

- Le symbole théologique du vêtement, il s’agit d’un vêtement enveloppant : il enveloppe tout l’être. Un vêtement de salut et de sainteté (opposé à la ruine et au péché).

- Le thème des noces : même s’il est difficile dans la pastorale d’utiliser le titre « épouse du Christ », il convient très bien.

- La beauté et la royauté : un bijou est le cadeau de l’époux à l’épouse, et ce cadeau, c’est la conception immaculée.

 

Collecte: « Seigneur, tu as préparé à ton Fils une demeure digne de lui par la conception immaculée de la Vierge ; puisque tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils, accorde-nous, à l’intercession de cette Mère très pure, de parvenir jusqu’à toi, purifiés, nous aussi, de tout mal. Par Jésus-Christ. »

(Cf. C’est la reprise de la collecte de L.Nogarolo en 1477)

 

Acclamation de l’Évangile:

"Réjouis-toi Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi: tu es bénie entre toutes les femmes."

 

Lectures: Gn 3,9-15.20; Eph 1,3-6.11-12; Lc 1, 26-38: les lectures ont une beauté extraordinaire, l’encyclique de Jean Paul II, la Redemptoris Mater, peut être lue comme un commentaire de ces trois lectures pour la fête de l’Immaculée Conception.

 

Prière sur les offrandes :

« Accueille, Seigneur, le sacrifice du salut que nous t’offrons en ce jour où nous célébrons la conception immaculée de Marie ; puisque nous reconnaissons que la prévenance de ta grâce l’a préservée de tout péché, accorde-nous, par son intercession, d’être libéré de toute faute. »

 

La Préface eucharistique du 8 décembre

« Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce ; toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant.

Car tu as préservé la Vierge Marie de toutes les séquelles du premier péché, et tu l’as comblée de grâce pour préparer à ton Fils une mère vraiment digne de lui ;

En elle, tu préfigurais l’Église, la fiancée sans ride, sans tache, resplendissante de beauté.

Cette Vierge pure devait nous donner le Sauveur, l’Agneau immaculé qui enlève nos fautes.

Choisie entre toutes les femmes, elle intervient en faveur de ton peuple et demeure pour lui l’ idéal de la sainteté.

C’est pourquoi, avec tous les anges du ciel, pleins de joie, nous (disons) chantons :

Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers !

 

Explications: La préface est une contemplation et un remerciement pour l’œuvre de Dieu.

  • · Le missel français de Fécamp, au XII siècle offre un sommaire de mariologie, mais il n’exprime pas avec clarté la conception de Marie.
  • · Le formulaire de Bernardin de Bustis, en 1480, a une préface, avec l’expression "miroir de sainteté", "modèle" et "avocate" reprises par le Vatican II.
  • · La préface actuelle 1970 parle de l’action du Père

1. Concernant le Christ: Le Père a préservé Marie de chaque tache du péché original; le Père est la source de la plénitude de la grâce que Marie, en vue d’offrir un domicile digne au Fils.

2. Concernant l’Eglise : En Marie il commence l’Église.

3. Concernant le salut : La Vierge doit donner le Fils qui enlèvera les péchés.

4. Un idéal, un exemple pour tous : l’Immaculée est la toute sainte, le missel latin parle de Marie comme avocate de grâce et modèle de sainteté.

Mais, malheureusement, l’Esprit Saint n’est pas nommé.

 

Antienne de la communion :

« Nous célébrons les merveilles que le Seigneur a faites pour la Vierge Marie : par elle nous est venu le Soleil de justice, le Christ notre Dieu. »

 

Prière après la communion :

« Que cette communion, Seigneur notre Dieu, guérisse en nous les blessures de la faute originelle dont tu as préservé la Vierge Marie, grâce au privilège de sa conception immaculée. »

 

Cf. Pape Paul VI, Missel Romain, Desclée Mame, 1969

 

 

 

 

 

La fête de la Visitation, 2 juillet ou 31 mai

  • Une fête liturgique se fonde sur un événement. L’épisode salvifique de la visite de Marie de Nazareth à sa parente Elisabeth est racontée par Lc 1, 39-56
  • L’Orient byzantin ne fête pas la Visitation.
  • L’ancienne liturgie romaine du VI siècle lisait déjà le passage de la visite de Marie à Elisabeth[14], le vendredi du Tempora[15] d’Avent.
  • C’est seulement vers la fin du Moyen-Âge ce mystère évangélique eut sa fête spéciale dans le calendrier de l’Église occidentale : à partir du XIII siècle, on aura une fête explicite de la Visitation, le 2 juillet, puis le 31 mai.

 

La signification du 2 juillet en Orient et en Occident (Visitation)

La signification du 2 juillet en Orient

La déposition de l’urne. À Constantinople, le 2 juillet on célébrait la mémoire de la déposition de l’urne sépulcrale où avaient reposé la dépouille mortelle de la Mère du Christ dans l’église de Blacherne, donnée par l’évêque de Jérusalem à Pulchérie, épouse de l’empereur, vers 450 - 457.

 

Déposition du vêtement, vers 473. Selon une autre tradition, l’objet de la fête du 2 juillet serait la Déposition du voile ou du manteau de Marie, apporté dans la ville impériale en 473.

Lorsque le prophète était monté au ciel, il avait laissé à Elisée son manteau, et son Esprit ; Marie, en montant au ciel, imite Élie, et nous laisse son manteau.

 

La signification du 2 juillet en Occident

À l’époque des Croisades les latins découvrirent la fête orientale du 2 juillet ; ils en gardèrent la date, mais ils en changèrent profondément l’objet, en l’orientant, comme le suggérait la lecture évangélique du typikon byzantin, Lc 1,39-49.56, vers l’épisode de la Visitation.

 

Après l’Annonciation, 25 mars, Marie se rendit en hâte dans la maison d’Elisabeth. Elle Resta trois mois environ jusqu’à la naissance de Jean Baptiste, le 24 juin ; 8 jours après, Marie participe à la circoncision de Jean Baptiste, puis elle s’en va : le 2 juillet est la fête de la Visitation, et conclut le séjour de Marie avec Elisabeth.

 

I.CALABUIG

 

La Visitation en Occident: une fête pour mettre fin à la division

            A l’origine de la fête, ce n’est pas tant l’influence de l’Orient qui compte : l’Occident mûrit lui- même la beauté et l’utilité d’une fête de la Visitation.

            Le concile provincial du Mans en 1247 et le chapitre général des frères mineurs à Pise avec du saint Bonaventure, (1263) ont ajouté la fête de la Visitation le 2 juillet.

            Surtout, l’évêque de Prague Jean Jenstein introduisit la fête dans son propre diocèse, en 1386, à peine huit ans après le grand schisme entre deux papes, Urbain VI Rome et Clément VII à Avignon. Il composa pour elle les textes liturgiques et il supplia Urbain VI de l’introduire dans toute l’Église, afin de mettre un terme au scandale de la division. En 1389 la demande de l’évêque de Prague fut accueillie par le pape qui établit la fête de la Visitation le 2 de juillet, avec vigile et octave.

            Le pape prépara la bulle et mourut. L’office ne plaisait pas au nouveau pape qui opta pour les textes du card. Adam Easton, de Londres, un texte rythmé, avec rime, pour toute la journée ; trop compliqué, il ne durera pas.

 

            La fête de la Visitation concerna seulement les fidèles en communion avec le pape de Rome; elle fut ignorée par les partisans de l’antipape. Seulement en 1441, avec le concile de Bâle, illégitime, la Visitation s’imposa progressivement à toute l’Église.

 

            Dans la révision post-tridentine des livres liturgiques, Pie V abolit les différents textes en usage, comme aussi la vigile et l’octave de la fête de la Visitation, en adoptant pour elle la messe et l’office de la Nativité de Marie.

 

            Puis, l’attention à la pitié populaire qui avait dédié à Marie le mois de mai a fait choisir le 31 mai pour la fête de la Visitation.

 

            La Vierge de la visitation est aussi Notre Dame des grâces et Notre Dame de la paix.

 

Textes liturgiques de la Visitation, 2 juillet, au XV° siècle

Dans le "Missale Romanum Mediolani", 1474, vol II, (premier missel d’imprimerie)

 

Collecte:

"O Dieu omnipotent et éternel, toi qui as inspiré à la Bienheureuse Vierge Marie, féconde de ton fils, l’abondance de la charité pour visiter Elisabeth ; Accordes nous t’en prions, que par sa visite, nous soyons remplis des dons célestes, et que nous soyons sauvés de toute adversité." [16]

 

Sur les offrandes : "O Dieu omnipotent et éternel, qui prend soin de tous ceux qui se confient en toi, par l’offrande que nous t’offrons, que nous sentions la visitation spirituelle de Marie dans nos nécessités." [17]

 (cf.1° janvier dans le sacramentaire grégorien, on demandait déjà de "sentir"; mais aucun auteur classique n’aurait utilisé l’expression "visitation spirituelle")

 

Post Communion: "O Dieu omnipotent et éternel, toi qui as voulu la commémoration de la visite de la Bienheureuse Marie Mère de Dieu, accorde, nous t’en prions, par ce sacrifice que nous avons consommé, que nous ne soyons d’aucune façon séparés de ta grâce." [18]

( Il y a un défaut: on s’adresse à Dieu qui est le père; puis on parle de Marie mère de Dieu. ça ne fonctionne pas très bien.)

 

Textes liturgiques actuels pour la fête de la Visitation, 31 mai

Antienne d’ouverture :

« Venez, vous tous qui craignez Dieu ; écoutez, que je vous dise tout ce que le Seigneur a fait pour moi. » (Ps 65,16)

 

Collecte

« Dieu tout puissant, tu as inspiré à la Vierge Marie, qui portait en elle ton propre Fils, de visiter sa cousine Elisabeth ; accorde-nous d’être dociles au souffle de l’Esprit afin de pouvoir nous aussi te magnifier éternellement. Par Jésus-Christ. »

 

Prière sur les offrandes :

« Tu as aimé, Seigneur, l’empressement de la Vierge Marie ; accepte aussi avec bonté le sacrifice que nous offrons pour notre salut. Par Jésus. »

 

Antienne de la communion :

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur.» (Lc 1,46-47)

 

Prière après la communion :

« Que ton Eglise te magnifie, Seigneur, pour tant de merveilles ; comme Jean Baptiste a tressailli d’allégresse en discernant le Christ avant sa naissance, qu’elle accueille avec joie dans l’Eucharistie ce même Christ toujours vivant. »

 

Missel Paul VI

 

Fete du 15 septembre, Notre dame des douleurs

La mémoire liturgique de Notre Dame des douleurs (15 sept)

 

L’attention vers la mère du Seigneur dans le mystère de sa douleur est très ancienne, mais elle est entrée tardivement dans la liturgie.

 

Cette attention du croyant à la douleur de Marie a sa source dans l’Ecriture, notamment :

  • La prophétie de Siméon.
  • La perte de Jésus à douze ans.
  • La situation dans laquelle on dit que le Fils a perdu le sens.
  • La mère près de la croix Jn 19,25.

 

La source plurielle de la fête

Chaque peuple voit un aspect et le met en évidence. Aucune famille religieuse, aucun peuple ne peut dire que la fête vient de chez lui. La fête naît en même temps en de nombreux endroits.

En Orient, la participation de Marie à la souffrance du Rédempteur résonne déjà dans les textes patristiques : Ephrem, Romanos le Mélode.

En Occident, les bénédictins de Cluny ou saint Anselme (dit d’Aoste ou de Canterbury), le mouvement cistercien, (avec Bernard qui écrit artistiquement, jeune, mais n’est pas original) les franciscains avec leur attention à l’humanité du Christ: la crèche, la croix, moment de salut universel, la croix enrichie, glorieuse, avec le Christ (auparavant le Christ ne se représentait pas sur la croix), les servites de Marie.

 

Variété de perspectives - variété de titres

1. Marie auprès de la croix est la « nouvelle Ève » (auprès du Christ nouvel Adam).

2. La « reine des martyrs », elle n’a pas eu la mort des martyrs mais la souffrance.

3. La croix est pour Marie l’heure de l’enfantement.

4. L’heure de la "transfictio" du cœur de la Vierge, l’épée annoncée par Siméon.

5. La pietà. Marie recevant le corps de son Christ descendu de la croix.

6. Les larmes.

7. La compassion: la compassion de la mère envers le Fils, et en deuxième lieu, les fidèles compatissent avec Marie.

8. La solitude de Marie.

 

Chaque église met en évidence un aspect.

 

La commémoration en Tchécoslovaquie

L’archevêque de Cologne en Tchécoslovaquie propage la messe de la douleur de Marie en 1423:

            « Pour la gloire de la sainte et immaculée Vierge Mère de Dieu qui offre continuellement pour le salut des pécheurs ses prières et ses supplications à son Fils crucifié… et en l’honneur de l’angoisse et de la douleur qu’elle souffrit quand Jésus, les mains étendues en croix et immolé pour notre salut, confia sa Mère bénie au disciple préféré… et surtout en réparation de l’impiété des hérétiques d’Huss, qui avec une hardiesse sacrilège ont jeté au feu, et continuent, les images de Jésus crucifié et de la Vierge glorieuse, nous ordonnons et nous établissons que la commémoration de l’ angoisse et de la douleur de la bienheureuse Vierge Marie soit célébrée dès maintenant tous les ans le vendredi après le dimanche Jubilate… et elle sera célébrée en chœur dans toutes les églises de notre province avec les premières vêpres, aux laudes, aux autres heures et aux secondes vêpres selon la messe et l’office qui existe déjà. Et ceci dans l’espoir que Jésus Christ notre Seigneur enlève le voile des yeux des hérétiques indiqués, pour les reconduire à la foi catholique sainte, en préservant en même temps de toute faute et de tout mal les vrais fidèles par sa très grande miséricorde. » [19]

 

Puis dans toute l’Église

            En 1482 le pape Sixte IV fit préparer une messe à introduire dans le Missel, intitulée à "Notre Dame de Pitié". À la fin du XVI siècle la fête était établie dans toute l’Église, sous des dénominations différentes et en des jours différents.

 

L’institution de la fête du 15 septembre

Les Servites de Marie, en 1668, obtinrent de célébrer les Sept Douleurs de la Vierge le dimanche suivant l’exaltation de la sainte Croix, le troisième dimanche de septembre.

Par la suite, en 1814, Pie VII inscrivit cette célébration dans le calendrier de l’Église.

Ensuite, en 1913, Pie X l’a établie - par respect du dimanche – à la date du 15 septembre (le rite ambrosien célébrait déjà ce là jour les Sept Douleurs comme octave de la Nativité de Marie).

Avec le calendrier renouvelé en 1969, il est établi que le 15 septembre célèbre la mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie Notre-Dame des douleurs.[20]

 

 

Assimilation

            L’assimilation suit le même principe que dans le dossier précédant.

            La liturgie, surtout la liturgie eucharistique, est un échange. Dieu vient en nous, il se donne, il fait sa demeure dans notre cœur. Dieu nous prend « dans son cœur », il accueille tout ce qui nous concerne, notre action de grâce et nos prières de toute sorte. Cet échange nous introduit dans vie divine, ou nous infuse la vie divine.

            L’exercice d’assimilation consiste à reprendre quelques prières liturgiques et à repérer cela.

            Ainsi, vous allez citer à partir de ce dossier (dans deux colonnes, ou avec des paragraphes) d’une part ce qui concerne le mouvement de Dieu qui donne ou se donne. Et d’autre part le mouvement de nous vers Dieu.

            Quant à ce qui concerne Marie, vous allez noter quand la Vierge Marie est célébrée comme un cadeau que Dieu nous donne, et quand la Vierge Marie, comme nous, est dans la position de quelqu’un qui prie, qui s’offre elle-même etc.

 

 

A bientôt

 

Sr Françoise

sourcefb@yahoo.it

 


[1] Protévangile de Jacques 7 ; texte dans Ecrits apocryphes chrétiens, sous la direction de F.BOVON et P.GEOLTRAIN, La Pléiades, Paris 1997, p.88

[2] Manuscrit latin 17330 et 14454 edition W.E. COLEMAN, Paris, Bibliothèque nationale

[3] « Collecta Deus qui beatam Virginem Mariam in templo tibi presentari et Spiritu Sancto erudiri sanxisti, da nobis sic Sancti Spiritus instrui disciplinis, ut dignum tibi munus deuoti pectoris offeramus. »

[4] Ego quasi vitis fructificavi suavitatem odoris et flores mei fructus honoris et honestatis. Ego mater pulcre dilectionis et timoris et magnitudinis et sancte spei. In me gratia omnis uite et veritatis ; in me omnis spes vite et virtutis. Transite ad me, omnes qui concupiscitis me, et a generationibus meis adimplemini ; spiritus enim meus super me dulcis et hereditas mea super mel et fauum. Memoria me a in generatione seculorum. Qui edunt me adhuc esurient et qui bibunt me adhuc sitient. Qui audit me non confundetur et qui operanturin me non peccabunt ; qui elucidant me vitam eternam habebunt.

[5] “Hec munera, quesumus, Domine, beate Marie sempre Virginia intercessione santifica, quam in tempio tuo munus tibi gratissimum offerri parentum manibus voluisti.”

[6] Sacramenta que sumpsimus, Domine, beate Marie sempre Virginis intercessione nos salvent, que devotione sui cordis piissimi acceptabile tibi sacrificium iugiter immolavit. Per.

[7] Felix namque es, sancta Virgo Maria, et affini laude degnissima, quia ex te ortus est sol iusticie, Christus Deus noster. Alleluia.

[8] “Virgo Dei genitrix, quem totus non capit orbis, in tra tua se clausit viscera cactus homo. Alleluia.”

[9] “Felix virgo que, nondum edita matris aluo, repletur gratia et, in templo Dei reposita, illustratur summa perizia”.

[10] Egredimini et videte fìliae Sion reginam vestram quam laudant astra matutina, cuius pulchritudinem sol et luna mirantur et jubilant onmes filii Dei.

[11] “Deus qui per Immaculatam virginis conceptionem dignum Filio tuo habitaculum preparasti: quaesumus; ut qui ex morte eiusdem Filii tui praevisa eam ab omni labe praeservasti nos quoque mundos eius intercessione ad te pervenire concedas. Per.”

[12] « Qualis est dilecta nostra, carissimi, qualis est mater diciate domini, qualis et quanta sit soror et sponsa Cristi. V. Dilecta nostra candida, immaculata quasi aurora consurgens. Alleluia. V. veni regina nostra, veni domina in hortum odoris super omnia aromata.”

[13] “Hortus conclusus, fons signatus, emissiones tuae paradisus, o Maria, manus tuae stillaverunt myrrham, mellifluique facti sunt caeli, dum manu domini fabbricata es mater tanti Dei. Alleluia.”

[14] 1ère lecture Is 11,1-5; évangile Lc 1,39-47

 

[15] Les tempora sont liés aux quatre 4 saisons ; tempora au temps des semis et aux temps des récoltes. 3 jours (mercredi, vendredi, samedi) quatre fois l’an, les paysans ont un contact plus étroit avec l’Église. Puis ces tempora sont liés aux fêtes de l’Annonciation et de la Visitation. Les tempora se développent au VIII siècle.

[16] Omnipotens sempiterne Deus, qui ex abundatia charitatis beatam Mariam Virginem filio tuo fecundatam ad salutationem beatae Elisabeth inspirasti ; presta quaesumus : ut per eius visitationem donius caelestibus repleamur, et ab omnibus adversitatibus eruamur.

[17] Omnipotens sempiterne Deus, qui curam de omnibus in te confidentibus habes, presta quaesumus, ut per oblationem quam tibi offerimus, visitationem spiritualem beatae Mariae Virgineis in nostris necessitatibus sentiamus.

 

[18] Omnipotens sempiterne Deus, qui commemorationem visitationis beatae Mariae ma tris Dei fieri evoluisti, presta quaesumus, ut per hoc sacrificium quod sumpsimus, ab eiusdem visitationis grati nullatenus excidamus.

 

[19] Cf. MANSI, Amplissima conciliorum collectio, XXVIII,1057ss

[20] Cf. C.MAGGIONI, benedetto il frutto del tuo grembo, Portalupi 2000, p. 168-169

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