N° 8, Marie préparée au mystère pascal par l’Ancien Testament

Marie préparée au mystère pascal par l’Ancien Testament

 

            Il est de la plus grande importance de savoir considérer la préparation de l’Ancien Testament. La grandeur spirituelle de l’événement du mystère pascal se révèlera d’autant mieux, tout en restant mystérieux dans son incommensurable amour.

 

8.1. Les sacrifices de l’ancienne Alliance. 1

8.2. « Le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28) : des mots pour vivre la Pâque. 3

8.3. La mort de Moïse. 4

8.4. La mort d’Elie. 4

8.5. Le Serviteur du livre d’Isaïe. 5

8.6. Esther et Judith. 8

8.7. Avec Job, au-delà des mots…... 9

Assimilation. 11

 

8.1. Les sacrifices de l’ancienne Alliance

            Le sacrifice de Jésus a lieu le jour de la Pâque juive, une fête qui hérite d’une histoire. Inspirons-nous des lectures que la liturgie chrétienne a gardé pour justement marquer cette longue histoire d’Alliance qui résonne dans le cœur de Marie.

            Que se passe-t-il en Genèse 22, 1-18[1] : le sacrifice d’Abraham, ou ligature d’Isaac. Si c’est un sacrifice d’enfant à la manière des sacrifices au Moloch des religions magiques cananéennes, le résultat est clair : Abraham a beau croire que son Dieu lui demande un tel sacrifice, le Dieu vivant n’en veut pas et arrête sa main. Abraham offre alors un bélier. Il se peut aussi que cette histoire soit le souvenir du retour d’exil : Isaac, la descendance d’Abraham, n’a pas disparu. Les sacrifices rappelleront désormais le salut de Dieu.  

            Que se passe-t-il en Exode 12, 1-14[2] ? Dieu a vu la misère de son peuple en Egypte et va le libérer. Le peuple va sortir d’un esclavage social et d’un système mythique très marqué par la magie. Il va offrir un culte sur la montagne, un culte au Dieu vivant. Pharaon résiste et s’oppose au départ du peuple, alors Dieu va exterminer les premiers nés d’Egypte sauf ceux des Hébreux mystérieusement marqués par le sang d’un agneau. A peine sortis, Dieu se révèle au Sinaï. Désormais tous les ans, la fête juive de la Pâque se célèbre en immolant un agneau. On fait mémoire d’une libération autant sociale que religieuse, un renoncement à la magie opprimante, une entrée dans une attitude profonde d’Alliance et de respect. On offre l’agneau pascal dans un geste d’élévation vers le Dieu vivant, dans un acte d’adhésion à son Alliance.

           

            Quant à la fille de Jephté, elle n’est pas une figure de la Vierge Marie. Elle accepte le sacrifice de sa vie pour payer la victoire remportée sur les ennemis, en exécution du vœu émis par son père, un vœu par ailleurs peu respectueux de Dieu puisqu’il laissait le hasard choisir la victime(Jg 11,29-40). La distinction n’y est pas nette entre les pratiques magiques païennes et l’attitude d’Alliance biblique. Ni Isaїe, qui pourtant parle de la souffrance rédemptrice, ni saint Paul qui parle de rachat, ni aucun autre auteur biblique ne valorise cet exemple.

            Les premiers commandements du Seigneur comportaient le rejet de l’attitude magique et occulte qui empoisonnait la vie des peuples où Israël avait grandi[3]. Les sacrifices bibliques excluent le marchandage occulte des pratiques magiques.

            Le calvaire n’a donc absolument rien d’un nouveau sacrifice d’enfant dans un marchandage avec les esprits occultes, ni d’un abominable sacrifice au Moloch pour capter je ne sais quoi des forces cosmiques. Le sacrifice de Marie n’est ni un acte occulte ni un marchandage avec Dieu ou Satan.

           

            L’offrande biblique veut correspondre au désir de Seigneur, mais elle sait garder un goût de gratuité. Dieu est sans mesure : Isaїe parle de double punition (Is 40,2) mais aussi de transfiguration du vermisseau d’Israël en un traîneau à battre (Is 41,14-15), lumière des nations (Is 42,6). Le don de l’homme entretiennent une relation avec Dieu qui dépasse le donnant-donnant, mais les sacrifices déplaisent au Seigneur quand manque le droit (Am 5, 21-27).

            Telle est la pureté de la relation d’Alliance qui doit être lue dans les actes d’offrande de Marie. Que ce soit lors de la présentation de Jésus au temple racontée par saint Luc comme étant bien plus qu’un simple rite légal (cf. Lc 2, 22), ou au pied de la croix de Jésus, quand Marie est « associée d’un cœur maternel à son sacrifice »[4].

             

            Jésus dit pourtant : « Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Mc 10,45). Et saint Paul dit : « Quelqu’un a payé le prix de votre rachat » (1 Co 6,20). Une expression qui n’est pas démodée et que Jean Paul II a reprise[5].

            Expliquons. Lorsque l’Ecriture parle de la Passion de Jésus comme d’un rachat, il ne faut pas chercher à qui est payée la rançon. C’est une parabole dont il faut chercher le sens sans se perdre dans les images de la vie quotidienne. Elle signifie que le salut coûte beaucoup, il coûte infiniment, parce que forte est la pente qu’il faudra remonter pour rapprocher l’homme de Dieu.

            Une accumulation d’actes mauvais a marqué l’humanité et lui a donné sa forme mauvaise. La rédemption nécessite des actes ou un seul acte qui fassent le contre-poids pour pouvoir communiquer à l’homme concret la force de changer ses habitudes mauvaises. Cet effort vers le droit est déjà présent dans l’histoire de Déborah, Judith et d’Esther, dans l’histoire du serviteur souffrant. Tout homme juste participe à la rédemption. Mais pour guérir le péché d’Adam et Eve, il fallait les actes du nouvel Adam et de la nouvelle Eve.

            Et finalement, pour guérir la rupture entre l’humanité et Dieu, il fallait qu’un homme-Dieu surmonte par un acte d’amour le refus humain de Dieu.

 

            Se tenir proche du Fils de Dieu quand il monte au calvaire, c’est pour sa Mère poser un acte important et remonter la pente, aimer avec une nouvelle ardeur.

            Marie se tient sur le cœur du Christ pour rapprocher de Dieu l’humanité souffrante. Marie se sacrifie pour nous. C’est une offrande, un geste d’élévation, un acte d’adhésion.

            Son Fils lui donne la grâce, il l’attire par l’amour. Et on ne mesure plus ce qui est un don et ce qui est une reconnaissance, comme les sacrifices des Hébreux qui montaient jadis au temple, dans la transparence de l’Alliance.

8.2. « Le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28) : des mots pour vivre la Pâque

            Imaginons. Devant : la mer. Derrière : les soldats égyptiens. Tout autour : le désert brûlant… Et Dieu a ouvert un passage dans la mer. L’événement a profondément marqué les mémoires. La Pâque est non seulement une libération de l’esclavage d’Egypte, c’est une libération de la peur.

            Plus tard, voici comment Moїse encourage son peuple apeuré à l’idée de traverser le Jourdain :

« Peut-être vas-tu dire en ton cœur : "Ces nations sont plus nombreuses que moi, comment pourrais-je les déposséder ?" Ne les crains pas: rappelle-toi donc ce que Yahvé ton Dieu a fait à Pharaon et à toute l’Egypte, les grandes épreuves que tes yeux ont vues, les signes et les prodiges, la main forte et le bras étendu par lesquels Yahvé ton Dieu t’a fait sortir. Ainsi fera Yahvé ton Dieu contre tous les peuples devant qui tu as peur. » (Dt 7,17-19)

            Marie avait médité les moments obscurs de l’histoire d’Israël, elle en avait tiré un aliment pour sa prière. « Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. » (Lc 2,51)[6]. La Pâque du premier Exode donne à Marie la force d’affronter la peur de la Croix. « Au pied de la croix de Jésus se tenait sa mère » (Jn 19, 25). Jésus crucifié s’écrie « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? », et Marie peut continuer ce psaume, et ce que Dieu a fait dans le passé l’autorise à croire qu’il en fera autant dans le moment présent :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? […] En toi nos pères avaient confiance, confiance, et tu les délivrais, vers toi ils criaient, et ils échappaient, en toi leur confiance, et ils n’avaient pas honte. » (Ps 22)

            Ainsi Marie a pu traverser l’épreuve incommensurable du crucifiement de son Fils, le Fils de Dieu. Avec son Fils, Marie a traversée la peur de la mort. Et plus encore qu’au temps du premier Exode : jusqu’au-delà de la mort. Marie peut accompagner et transmettre la confiance à l’heure de notre mort.

 

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            Le récit de l’Annonciation, le ton est à la joie : « Réjouis-toi, comblée de grâce ! »(Lc 1, 28) Une joie qui n’est étrangère qu mystère pascal.

 

Que dit Dieu à Moïse lors de la première Pâque ?

« Dieu dit: "Je serai avec toi" » (Ex 3, 12).

            Dieu sera avec toi, Moïse, parce que tu as reçu une mission, une mission difficile que tu ne peux accomplir sans Dieu : délivrer le peuple qui est dans la misère de l’Egypte et le faire monter dans une terre plantureuse et vaste (Ex 3, 7-10).

           

Que dit Dieu à Marie de Nazareth ?

« Le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28).

            Dieu sera avec toi Marie, parce que tu as aussi reçu une mission et que Dieu va agir. Et ce que Dieu fait toujours, c’est délivrer, faire vivre une Pâque. Etre la mère de Jésus (Lc 1, 31), cela veut dire : être la mère de « celui qui sauve » (= Jésus), celui qui comme Josué ou comme Moïse va sauver, délivrer de l’oppression ; et cela Marie peut déjà le comprendre.

            Etre la mère de Jésus, cela voudra aussi dire : être auprès de lui, avec lui, jusque sur le calvaire, puis le suivre dans son Exode vers le Père ; mais cela Marie ne le sait pas encore.

            Etre la mère de Jésus, cela voudra aussi dire : suivre Jésus dans son Exode vers le monde entier. Mais cela Marie ne le sait pas encore non plus.

 

            Dieu est intervenu avec Moïse dans les eaux de la Mer rouge, séparant le peuple du mythe égyptien et de son oppression. Dieu est intervenu de façon similaire, et c’est moins connu, avec Déborah et Yaël, dans les eaux du Qishon, séparant son peuple du mythe cananéen dominant (Jg 5). Si les tribus concernées ne sont pas exactement les mêmes, elles se rapprocheront dans un Credo commun (Jos 24).

            Déborah inspire le combat et mène l’armée à la victoire. Elle est appelée « une mère en Israël» (Jg 5, 7) ; Yaël porte le coup mortel à l’ennemi (Jg 4-5). Déborah dit au sujet de Yaël : « Bénie soit Yaël, la femme de Hèber le Kénite, bénie soit-elle entre les femmes ! » (Jg 5, 24).

            Saint Luc adresse à Marie l’antique bénédiction, en lui donnant un caractère absolu (« entre toutes les femmes »). Et c’est bien justifié. Comme Déborah et Yaël, Marie a pris le risque de se retrouver un jour au pied de son Fils en croix pour une Pâque. Son être profond est libre et tout orienté vers la libération du peuple. Marie n’a jamais été « esclave  de Satan »[7]. Et elle se préoccupe du plus petit des hommes « en butte aux dangers et aux misères » (LG 62).

« Elisabeth s’écria : "Tu es bénie entre toutes les femmes…" » (Lc 1, 42).

             En réponse Marie chante le Dieu Puissant qui « renverse » ceux qui usurpent le pouvoir pour opprimer les affamés (Lc 1, 46-55).

            C’est un chant qui fait écho à la première Pâque, un chant qui fait écho à celui de Miryam après la traversée de la mer rouge : « Chantez pour Yahvé, car il s’est couvert de gloire, il a jeté à la mer cheval et cavalier » (Ex 15, 21).

8.3. La mort de Moïse

            Le triduum pascal souligne la figure de Moïse[8]. Moïse fait réparation et pénitence pour les péchés d’Israël (Dt 8,18). Moïse demande à être effacé du livre, au besoin, pour qu’Israël vive (Ex 32,30-32). Moïse est toujours prêt à donner sa vie pour le peuple (Nb 11,15)[9]. Moïse est mort en face de Bet-Péor (Dt 34,6), là où s’est commis le plus grand péché d’Israël (Nb 25,3.5.18), comme pour réparer ce péché. La mort de Moïse apparaît comme un moment de grâce, ayant de la valeur.

            « Un prophète comme Moïse » était annoncé en Dt 18,15. Depuis le Sermon sur la montagne et la multiplication des pains, Jésus accomplit Dt 18,15.  Moïse était le berger d’Israël,  Jésus est le bon berger, qui donne lui aussi sa vie pour ses brebis (Jn 10).

            Cette ressemblance devait donner à Marie une prémonition, et une certaine compréhension de la mort de Jésus. A ceci près que Jésus est plus grand que Moïse…

            La figure de Moïse, qui finalement n’est qu’un homme, a pu aussi inspirer la prière de Marie elle-même, la guider pour voir sa propre souffrance au calvaire comme un temps fécond.

8.4. La mort d’Elie

            Dans le contexte des noces de Cana, Jésus évoque la figure du prophète Elie. Prophète traditionnellement invité aux noces, Elie multiplia le contenu des jarres (1 R 17, 14), il était attendu pour les temps messianiques (Ml 3, 23). Marie invite à faire confiance à Jésus, comme jadis une jeune israélienne encourageait la confiance envers Elysée successeur d’Elie (2 R 5, 4). Elie apparaît avec Jésus le jour de la transfiguration pour parler avec Jésus de son Exode à Jérusalem (Lc 9, 28-36), c’est-à-dire de sa mort (Sg 3,2).

            Or, Jésus avait désigné Jean Baptiste comme étant Elie (Mc 9, 11-12). Mais Elie n’était pas mort, il avait été ravi dans un char de feu pour rester auprès de Dieu (2 R 2,11). Jean Baptiste est mort. Mais en ce temps là, beaucoup croyaient en la résurrection des justes, et on a pu penser que Jean Baptiste était ressuscité. Dans la mesure où on le croyait Elie, on a pu voir dans son martyre le char de feu de sa glorification… Jésus emprunterait-il le même chemin ? C’est ce que semble penser Jésus lui-même, lorsqu’il prie, la veille de sa passion : « Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. » (Jn 17,5).

            Mais ce qu’Elie ne disait pas, c’est que cette gloire est une gloire d’amour. Jésus prie ainsi :

« Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. […] Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jn 17, 24.26)

           

            Marie fut très proche de Jean Baptiste qu’elle a visité lorsqu’il était dans le sein de sa mère (Lc 1, 41), elle ne peut pas être indifférente à son sort. Elle a sûrement médité sur la mort d’Elie et de Jean Baptiste, et cela l’a préparée à percevoir la Passion de son Fils comme un chemin de gloire. Ainsi au pied de la croix, Marie a pu se consumer d’amour pour la gloire de Jésus. Non sans un certain bonheur puisque la Croix est déjà la gloire, une gloire d’amour, une gloire pour Marie aussi.

 

8.5. Le Serviteur du livre d’Isaïe

            Le serviteur du livre d’Isaïe pourrait être un chef en Israël, dissident par rapport aux autres[10] (ce qui n’aurait rien d’étonnant, l’actuel Pentateuque témoigne que le courant d’Isaїe est dominé par le courant sacerdotal).

            En outre, sous la domination grecque, dans la Septante, le peuple Juif fera une relecture collective des chants du Serviteur : ce Serviteur souffrant, fidèle à la Loi, c’est tout le peuple, et cette lecture collective appartient elle-aussi à la Révélation (les Septante ne sont-elles pas reconnues et citées par les auteurs du Nouveau Testament ?)

            L’interprétation mariale n’exclut pas l’interprétation juive. L’accomplissement de ces lignes en Marie est au contraire une lumière et un signe d’espérance pour Israël.

 

            Isaïe sert de clé d’interprétation de la mort et de la résurrection de Jésus (Ac 8, 30-35).

            Saint Paul dit que Jésus est « livré à cause de nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Rm 4,24-25) on y reconnaît « livré à cause de leurs péchés » (Is 53,12 dans la septante) et « juste, mon serviteur justifiera les multitudes » (Is 52,11 dans le texte hébreu).

            Dans la Septante les nations s’émerveillaient du serviteur souffrant glorifié. Ceci s’accomplit en Jésus. Quand saint Paul évangélise « afin de se conformer à ce qui est écrit : ceux à qui rien n’avait été annoncé à son sujet verront, et ceux qui n’avaient rien appris comprendront. » (Rm 15, 21) il fait allusion à Is 53,15 dans la Septante.[11]

            L’interprétation mariale n’exclut pas l’interprétation christologique.

 

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            Le livre d’Isaїe contient quelques prophéties concernant la mère du Serviteur, dont celle-ci : « Avant d’être en travail elle a enfanté, avant que viennent les douleurs elle a accouché d’un garçon. » (Is 66,7). La naissance se fait sans les douleurs de l’enfantement qui sont la conséquence du péché d’Eve. Cette mère mystérieuse est donc décrite comme une Nouvelle Eve, d’avant le péché originel, ce qui identifie son fils au descendant promis à Eve qui écrasera la tête du Serpent, le Diable.[12]

            La mère du serviteur préfigure bien Marie, qui est effectivement la mère d’un Fils lumière des nations (Lc 2, 29-32, cf. Is 42,6 et 49,6), Marie qui enfante virginalement, sans les douleurs.

 

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            Les poèmes du Serviteur peuvent-il recevoir aussi une lecture mariale ?

            Dans le premier poème, le Serviteur est appelé l’élu (Is 42,1). Contrairement aux prophètes, il « n’élève pas le ton » (Is 42,2). Il « expose le droit », pour la terre sainte (Is 42,1.4). Mais les îles aussi (le monde entier) attendent sa loi : « Je t’ai façonné et donné comme alliance du peuple, comme lumière des nations » (Is 42,6).

            Marie est elle aussi élue (Lc 1, 48), et pour le moins discrète. Son Magnificat expose à sa façon « le droit », que ce soit pour tous les hommes ou pour Israël en particulier (Lc 1, 46-56).

            Avec un langage fortement inspiré des premiers chants du serviteur (Lc 2, 29-32 // Is 42,6 et 49,6) [13], Syméon annonce à Marie que Jésus sera un signe de contradiction (Lc 2,34).

 

            Dans le second poème, le Serviteur a pour mission de restaurer les tribus de Jacob et de ramener les préservés d’Israël (Is 49,5). La réussite de cette double tâche va révéler la gloire de Dieu à toutes les nations (Is 51,5.7.10). Mais l’épreuve frappe le serviteur (Is 49,7). La souffrance du serviteur est directement liée à un effort mené pour établir le droit, pour répandre la lumière. Elle est le prolongement d’une action audacieuse qui est aussi une mission reçue (Is 42-52).

            Jésus est la lumière du monde et le bon berger qui rassemble les fils de Dieu dispersés. Mais c’est par sa mort qu’il les rassemble (Jn 11, 52). A l’heure de sa mort, il devient le nouveau temple qui rassemble les fils de Dieu, et Marie devient la nouvelle Jérusalem (cf. ci-dessous). Elle participe maternellement à la même mission que son Fils, et elle est frappée par la même épreuve que lui.

            Il n’y a pas de fécondité de la souffrance totalement séparée de la mission : le Serviteur d’Isaїe s’était engagé pour le droit, Jésus et Marie pour le royaume de Dieu.

 

            Dans le troisième poème (Is 50,4-9a et 50,10-11) la persécution est devenue ouverte, elle s’est abattue aussi sur les rapatriés et leur chef est envoyé soutenir ceux qui sont épuisés (Is 50,4). Le chef invite à se confier en Dieu (50,10) et menace les adversaires (50,11).

           

            Le quatrième poème (Is 52,13-53,12) révèle que la souffrance et la mort du Serviteur ont un sens dans le dessein de Dieu, elles vont obtenir le pardon des pécheurs qui n’avaient pas pu jusque là être libérés du poids de leurs fautes.

            La lecture mariale de ce 4ème poème demande un peu d’attention.

            Comme le Serviteur (Is 53,9), Marie est un être innocent, sans violence ni mensonge. L’Immaculée est plus vulnérable pour souffrir du péché puisqu’elle l’a en horreur, cependant le dynamisme rédempteur ne se situe pas d’abord dans la capacité à souffrir plus, mais dans sa lutte contre le mal, le péché et la mort[14].

            La réalisation du plan de salut dépend de la libre acceptation par le Serviteur, c’est ce que suggère le « si » (Is 53,10 : « S’il offre sa vie… »). De même, on observe la grande liberté de Marie à l’Annonciation (Lc 1, 26-38), avant son acte d’offrande au temple (Lc 2, 22)?

            L’expression : « s’il fait de sa vie un sacrifice » (Is 53, 10) signifie que le Serviteur assume ce qui arrive, il le vit volontairement comme une fidélité à l’œuvre de justice et de lumière à laquelle il a été appelé (sans cela, ce serait une révolte contre sa propre existence, il s’autodétruirait !) Il s’agit d’un « sacrifice d’expiation pour le péché » qui accompagne donc la confession des péchés des pécheurs repentants (cf. Lv 5,5). Le Serviteur donne à de tels pécheurs quelque chose qu’ils puissent offrir à Dieu. Que donne-t-il ? Son propre corps consacré à l’accomplissement de la volonté de Dieu (Is 53, 10). Ainsi le Serviteur justifiera les multitudes (Is 53, 11).

            Au pied de la croix de Jésus, Marie est « associée d’un cœur maternel à son sacrifice » (LG 64) : comme le serviteur (Is 53, 10), elle fait de sa propre vie « un sacrifice », avec le Christ, elle a pris sur elle nos fautes afin que nous vivions dans la justice (Is 53,11-12).

            Marie a supporté d’être du côté du condamné pour qu’ensuite nous puissions découvrir la vérité sur Jésus et que nous devenions des justes.

            Et, comme le Serviteur était le sacrifice que les multitudes peuvent offrir, Marie s’est offerte aux pécheurs, elle est donnée au disciple de sorte que le disciple puisse l’offrir à Dieu, ou s’offrir en elle, avec elle.

           

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            Par l’offrande du Serviteur commence une transfiguration de la souffrance qui ne sera véritablement accomplie que par Dieu lui-même (comme dans toute la théologie d’Isaїe où Dieu créée, recrée et transfigure). La souffrance est vécue dans une relation à Dieu, de sorte que Dieu puisse en faire quelque chose qui lui appartient, avec ses propres qualités divines. Qui n’en a fait l’expérience ? Par la souffrance, je peux découvrir la solidarité, je peux devenir à mon tour capable de compassion. Je peux apprendre que l’autre a son propre rythme et qu’un cheminement dans la durée résout nombre de paradoxes. Je peux apprendre la vanité des choses superficielles et centrer ma vie sur Dieu seul, sur la source incorruptible de l’Amour vrai. Bref, c’est Dieu qui peut agir dans les profondeurs de mon être, me purifier, me sanctifier.

            Dans cet ordre d’idée, Marie n’a-t-elle pas appris au calvaire qu’une maternité plus vaste lui est demandée ? « Les paroles que Jésus prononce du haut de la Croix signifie que la maternité de sa Mère trouve un nouveau prolongement dans l’Eglise et par l’Eglise » (Jean Paul II, RM 24).

 

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            Le serviteur semble se substituer aux autres, il porte « nos souffrances » et « nos fautes » (Is 53,4. 12). Cela ne peut pas être interprété au sens strict, nous existons et notre existence n’est pas substituable ; par contre, devant Dieu, l’attitude d’un homme peut mériter à notre place, et attirer pour nous la bénédiction.[15]

            Le fruit du « sacrifice » du Serviteur est au bénéfice des autres hommes, pécheurs (Is 53, 10-12). Isaïe affirme donc la possibilité de communiquer le bien entre les personnes. Ce bien est transmis par le témoignage : le serviteur souffrant « témoigne » de sa foi, il témoigne du Dieu de l’Alliance et son compagnonnage ineffable. « Rien de tel chez les idoles », divinités impersonnelles et pures constructions humaines au service d’un système social. Cependant on voit mal comment « des îles lointaines » (Is 49,1) reçoivent ce témoignage. Il y a donc déjà une dimension invisible dans la communication du bien entre les personnes, ce que nous appelons la communion des saints.

            Lorsque nous pensons Marie « dans la communion des saints », sans le savoir, nous nous inscrivons dans cette vision d’Isaïe.

 

            Il y a sans doute aussi une action divine que je ne peux pas mesurer. Israël exprime ce mystère en disant que Dieu transforme le vermisseau en un traîneau à battre et son humble serviteur en la lumière des nations (Is 41,14-15 ; 42,6).

            Quelque chose de cet ordre s’est produit en Marie au calvaire, quelque chose que nous ne mesurons pas. Quelque chose qui résonne sur le monde entier, sur les nations. Quelque chose qui résonne sur l’histoire entière, et « rejaillit jusqu’au commencement »[16].

 

8.6. Esther et Judith

            Avec les livres de Judith ou d’Esther, nous sommes après la royauté, après l’exil à Babylone et le retour d’exil, dans les écrits de la fin de l’époque Perse ou le début de l’époque grecque. L’exemple de ces femmes a pu inspirer la vie intérieure de Marie, et spécialement au moment de l’épreuve de la Passion.

            Pour Judith et Esther, il s’agit de défendre le peuple, le sanctuaire et l’autel de Dieu. Mais s’engager dans la lutte contre l’ennemi, contre le mal, c’est risquer sa vie, risquer de souffrir et de mourir. Elles s’engagent dans ce combat en suivant un appel particulier de Dieu, sans se fier à ses forces humaines mais en s’appuyant sur Dieu. Elles offrent à Dieu non pas une passive résignation à la souffrance et à l’aliénation, mais une vie particulièrement droite, pure et belle, une obéissance à l’esprit de Dieu, un don de soi.

            La Vierge Nazareth, dès l’Annonciation (Lc 1, 26-38) manifeste aussi, et d’une manière radicale, une vie droite et pure, obéissante à l’esprit de Dieu, un don de soi.

           

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            En captivité à Suze, Esther reçoit du roi païen Assuérus la dignité de reine. Elle intercède auprès du roi en faveur du peuple juif menacé d’extermination par un haut fonctionnaire.

            C’est une intervention qui se fait au risque de sa vie, et qui obtient pleine satisfaction : elle vaut au peuple non seulement le salut, mais la victoire sur ses ennemis.

            Saint Jean autorise un parallèle entre Marie et Esther sur le thème de l’intercession : la Vierge Marie a intercédé à Cana (Jn 2,1-12) et il est légitime de penser qu’elle a aussi intercédé lors de la Passion-Résurrection de Jésus que l’évangéliste a pris soin de rattacher à l’épisode de Cana.

            Après la mort de Jésus, Etienne et Jacques seront exécutés (Ac 7 ; Ac 12), mais il ne semble pas que Marie ait été menacée de cette façon. Le danger qui menace Marie, le risque qu’elle prend, c’est celui du combat spirituel de Jésus. Marie intercède au calvaire en faveur de l’humanité entière que le péché risque de détruire.

            La liturgie propose la lecture du livre d’Esther 8 pour la messe votive « Sainte Marie, mère de la grâce ou médiatrice de grâce » et Esther 4 pour « Sainte Marie, reine et mère de miséricorde »[17].

           

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            Dans la détresse, les notables de Béthulie sont prêts à livrer leur ville et mettent le Seigneur à l’épreuve en lui fixant une date limite avant laquelle il doit se manifester. Face au danger, le peuple tout entier se met en prière. Et Dieu va susciter Judith[18]. Veuve, elle représente ceux dont Dieu lui-même est le défenseur. Judith demande au peuple de ne pas exiger de garanties à Dieu mais de l’appeler au secours (Jdt 8,13-17).

            Voici comment Judith encouragea ses concitoyens quand la ville était encerclée par l’armée d’Holopherne :

       « Rendons plutôt grâces au Seigneur notre Dieu qui nous met à l’épreuve, tout comme nos pères. Rappelez-vous tout ce qu’il a fait à Abraham, toutes les épreuves d’Isaac, tout ce qui arriva à Jacob en Mésopotamie de Syrie alors qu’il gardait les brebis de Laban, son oncle maternel. Comme il les éprouva pour scruter leur cœur, de même ce n’est pas une vengeance que Dieu tire de nous, mais c’est plutôt un avertissement dont le Seigneur frappe ceux qui le touchent de près. » (Jdt 8,25-28)

            Judith se dresse seule devant l’ennemi. Judith prie (Jdt 9,11-14) et grâce à son humilité courageuse, elle reçoit une énergie surnaturelle, et remporte la victoire sur l’ennemi des juifs, l’ennemi de Dieu et de son sanctuaire (Jdt 8, 24-25), celui qui personnifie l’esprit du mal par une accumulation de vices. La Sagesse et la beauté d’une âme qui n’a pas peur de se sacrifier peut vaincre la force aveugle.

            Le rapprochement entre Marie et Judith est fait dans l’Ecriture elle-même.

            Le peuple manifestait de l’enthousiasme à l’égard de Judith après son exploit, et,

« Ozias, le chef du peuple, déclara : "Bénie sois-tu ma fille, par le Dieu Très Haut, entre toutes les femmes de la terre. Et béni soit le Seigneur, qui a créé le ciel et la terre, lui qui t’a conduite pour blesser à la tête le chef de nos ennemis. » (Jd 13, 18).

            Dans l’Evangile, Elisabeth bénit la Vierge Marie presque dans les même termes :

« "Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein !" » (Lc 1, 42).

            La première différence, et elle est de taille, c’est que « le Seigneur » (Jdt 13, 18) est devenu le fruit du sein de Marie (Lc 1, 42). La seconde différence, c’est que l’ennemi que Marie blesse n’est pas un homme mais Satan.

 

            La liturgie[19] offre encore le cadre adapté pour une bonne compréhension du lien entre Judith et Marie. Judith 13, 18s est au commun de la Vierge Marie pour le temps pascal.

            Ce texte est aussi choisi en première lecture pour les messes votives « La Vierge Marie au pied de la croix », « Le cœur immaculé de Marie », et « Sainte Marie, rempart de la foi » : cela signifie que le parallèle souligne la victoire de l’Immaculée sur le mal et Satan, et que cette victoire a été remportée au calvaire, moyennant la foi.

            Ce texte est encore repris comme cantique pour la messe votive « Sainte Marie, mère de l’Eglise » et « Sainte Marie, fontaine du salut » : cela situe l’action de Marie en faveur de tout le peuple, désormais l’humanité entière et en particulier l’Eglise.

 

8.7. Avec Job, au-delà des mots…

            La veillée pascale nous offre la lecture de Baruch 9 à 4,4 : Dieu offre aux hommes la vraie sagesse.

            La Sagesse est un don de Dieu (Sg 8,21 ; 9,17 ; cf. 1,5) c’est pourquoi l’homme ne pourra jamais la sonder entièrement : « Car ses pensées sont plus vastes que la mer, ses desseins plus grands que l’abîme. » (Si 24,23-27)

            La Sagesse est sans limite, le commandement de Dieu ouvre une perspective large, infiniment large : « De toute perfection j’ai vu le bout : combien large, ton commandement ! » (Ps 119,96)

            Rabbi Eliezer († 90) disait que même si toutes les mers étaient de l’encre et tous les hommes des scribes, cela ne suffirait pas pour écrire la Torah qu’il a appris.[20] Et Rabbi Akiba : « De la Torah je n’ai pas capté plus que ce que capte celui qui sent un cèdre : il respire le parfum mais le cèdre ne perd rien. » [21]

            C’est sur ce fond culturel que jaillit le cri de l’apôtre Paul : « O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! » (Rm 11,33)

            Pour Marie aussi, les projets de Dieu sont plus grands que ses propres pensées.

            Lors des premières paroles que lui adresse l’ange Gabriel, il est dit : « A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. » (Lc 1, 29). Ensemble avec Joseph, elle est étonnée des choses que Syméon dit de l’enfant : « Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. » (Lc 2, 33) [22]. Après avoir trouvé Jésus au temple, « sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Luc 2,51), sa méditation est fidèle, elle est tournée vers une explication future.

 

            Parmi les sages de l’Ancien Testament, il en est un qui s’est particulièrement fort approché du mystère de la Passion. Il est abandonné des ses familiers. Son malheur et ses plaies font horreur. Sa misère le fait considérer comme coupable. Il se sent mal à l’aise et cherche à être reconnu comme juste, mais ses amis répètent : si tu souffres, tu es coupable ; corrige-toi, et tu guériras (Jb 11,13). Job est si convaincu de la justice de Dieu qu’il veut forcer Dieu à sortir de son silence :

« Puis engage le débat et je répondrai ; ou plutôt je parlerai et tu me répliqueras. Combien de fautes et de péchés ai-je commis ? Dis-moi quelle a été ma transgression, mon péché ? Pourquoi caches-tu ta face et me considères-tu comme ton ennemi ? » (Jb 13, 22-24)

            Quand Jésus eut douze ans, au bout de trois jours de recherche, ses parents le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs. Ils ont souffert de l’avoir perdu apparemment sans raison. Alors, Marie interrogea son fils :

« "Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés." » (Lc 2, 48)

            Jésus leur dit: « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » Jésus, qui est Dieu, répond donc, il entre dans le débat : Dieu accepte l’attitude de Marie comme jadis il avait accepté l’attitude de Job. De même, au calvaire Dieu accepterait le muet questionnement de Marie, ou du disciple. Ce questionnement ne blesse pas la relation d’Alliance, il ne diminue pas la foi.

           

            Revenons à l’histoire de Job. Plus encore que de guérir de sa souffrance, de gagner le procès que lui font ses amis et de retrouver l’honneur, ce que voulait Job, c’était de voir Dieu : « Je sais que mon libérateur est vivant […] et de ma chair, je verrai Dieu » (Jb 19, 25-26).

            Et justement, à la fin des poèmes de Job, que se passe-t-il ? Dieu ne répond à ses réclamations ni à ses scandales, il ne répond pas aux questions sur la souffrance, mais nous savons que ce n’était pas l’essentiel. Dieu a répondu, il s’est manifesté, et Job est libéré de sa solitude. Job de toute façon a l’intelligence pour approfondir les questions humaines. Ce qui lui manquait, c’était de voir Dieu.

« Et Job fit cette réponse à Yahvé: Je sais que tu es tout-puissant: ce que tu conçois, tu peux le réaliser. J’étais celui qui voile tes plans, par des propos dénués de sens. Aussi as-tu raconté des oeuvres grandioses que je ne comprends pas, des merveilles qui me dépassent et que j’ignore.[…] Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. » (Jb 42, 1-5)

            Et qu’en est-il de Joseph et Marie ?

« Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. » (Lc 2,50).

            Comme Job, Joseph et Marie n’ont pas d’explications concernant le sens de leur souffrance. Mais ils ont le plus important, ils voient Dieu, ils sont dans la présence de Jésus. « Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. » (Lc 2, 51)

 

            Comme cet épisode, la Passion de Jésus se déroule à Jérusalem durant la Pâque. Dans le silence de Marie au calvaire, il y a la place pour une intense relation avec Dieu, un saisissant « pourquoi ? », une muette revendication d’innocence, un cri du cœur qui sait qu’il ne veut finalement se satisfaire que de la vision de Dieu, une vision qui sera celle du matin de Pâque. Le troisième jour, Marie et les disciples n’ont pas beaucoup d’explications de la part du Ressuscité, mais ils ont sa présence, ils le voient.

 

 

Assimilation

 

 


[1] 2ème lecture de la veillée pascale.

[2] 1ère  lecture du jeudi saint.

[3] J. Bernard, Genèse 1-3 : Lecture et traditions de lectures, dans Mélanges de science religieuse (1984), n°3-4, p. 109-128 ; (1986) Ibid., n°1, p. 3-55.

[4] Vatican II, Lumen gentium 58

[5] Jean Paul II, Lettre encyclique Dominum et vivificantem 55

[6] Cf. A. Serra, Memoria e contemplazione (Lc 2,19.51b), dans “Theotokos” VIII (2000), p. 821-859. N.B. Cette revue est une revue interdisciplinaire de mariologie, dirigée par Alberto Valentini, éditée par l’Association centro Mariano Monfortano, via Romagna, 44 – 00187 Roma.

[7] Pie XII, encyclique Fulgens corona (1953)

[8] Lecture d’Exode 12 le jeudi saint. Lecture d’Exode 14 durant la veillée pascale…

[9] R. Bloch, Moïse homme de l’alliance, Desclée 1955, p. 127-167

[10][10] Il pourrait être un chef d’Israël. Mais il n’est pas Cyrus qui ne connaît pas Dieu et il n’est qu’un rapace (Is 45-46). Il n’est pas Sheshbaççar critiqué pour avoir entreprit la construction des murailles et n’avoir pas compris que Dieu voulait en Jérusalem une ville ouverte (Za 2,8), ni Zorobabel, critiqué pour avoir négligé la reconstruction du temple (Ag 1,1-4). Il n’est pas non plus Josué ayant du être purifié pour ses péchés (Za 3,1-5), ni le reste des rescapés d’Israël qui confesse ses fautes en réponse à la prédicateur du Serviteur (Is 58,1)…

[11] Pierre GRELOT, Les poèmes du serviteur, de la lecture critique à l’herméneutique, Ed. du Cerf, 29 bd Latour-Maubourg, Paris 1981, p. 145

[12] Cf. Pierre GRELOT, op. cit. p. 41-43

[13] Cf. A. Serra, “Bibbia”, Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, San Paolo, Milano 1985, p.235-237

[14] Pie IX, dans la bulle Ineffabilis Deus (1854), présente Marie immaculée dans la perspective de la lutte contre l’ennemi du genre humain : Marie participe à la victoire sur le démon (qui, blessé à mort peut cependant encore faire sentir son effet néfaste).

[15] J. Bernard, Torah et culte chez les Rabbins, confessions divergentes, dans Mélanges de science Religieuse, Lille, Janvier-mars 1997 pp. 38-71

[16] Jean Paul II, RM 19

[17] Congrégation pour le culte divin, Messes en l’honneur de la Vierge Marie, Desclée Mame 1988, p. 207 et p. 263

[18] Pierre Dumoulin, Esther, Judith, Ruth, la mission de la femme. Pneumathèque, Nouan le Fuzelier.

[19] Congrégation pour le culte divin, Messes en l’honneur de la Vierge Marie, Desclée Mame 1988

[20] Cantica Rabbah 1,3.1 ed. M. Simon, The Soncino Press, London 1977, 36

[21] ibid., 37

[22] Cf. A. Serra, Memoria e contemplazione (Lc 2,19.51b), dans “Theotokos” VIII (2000), p. 821-859. 

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