N°1, Apport : L’Annonciation, nouvelle Alliance

L’Annonciation, nouvelle Alliance

            Vous l’avez mesuré dans l’exercice précédent, la grande révélation biblique, c’est que Dieu n’est pas un « moteur immobile », mais un Dieu vivant qui aime sa création et qui fait Alliance.

            L’Ancien Testament connaissait déjà plusieurs Alliances et renouvellement de l’Alliance : Alliance avec Adam et Eve (Gn 2), Alliance avec Noé, avec Abraham, avec Isaac puis Jacob, Alliance avec Moïse.

            Le Nouveau Testament est une nouvelle Alliance. Jésus utilise l’expression « nouvelle Alliance » la veille de sa passion lors de la dernière Cène où il institue l’Eucharistie.

            L’Annonciation est déjà aussi « nouvelle Alliance ».

Angelico annonciation 1433

 

Voici notre plan :

1.1. L’éclairage de l’Ecriture. 1

1.2. L’éclairage de la liturgie. 3

1.3. Une « constitution dogmatique » pèse ses mots…... 5

1.4. Chemins spirituels. 6

1.5. Pour aller plus loin, Marie « fille de Sion ». 7

Un curieux pléonasme : tu concevras dans ton sein. 9

Assimilation. 10

 

1.1. L’éclairage de l’Ecriture

26 Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, 27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie.

28 Il entra et lui dit : "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi."

29 A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.

30 Et l’ange lui dit : "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. 32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; 33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin."

34 Mais Marie dit à l’ange : "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ?"

35 L’ange lui répondit : "L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. 36 Et voici qu’Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile ; 37 car rien n’est impossible à Dieu."

38 Marie dit alors : "Je suis la servante du Seigneur; qu’il m’advienne selon ta parole !" Et l’ange la quitta. »

(Luc 1, 26-38)

 

            « Exégèse narrative » : Lisez Lc 1, 26-38 comme un récit. Montrez en particulier comment Marie évolue au cours de ce récit. Saint Luc décrit Marie comme une personne qui se tait, puis questionne, puis répond librement. Dieu respecte son intelligence et la liberté de son cœur.

            Au nom de quelles valeurs, les deux interlocuteurs suivent un tel parcours[1] ?

Notez pour vous-même ces valeurs.

Ce sont les valeurs de l’Alliance.

 

            L’Annonciation de l’Evangile est un dialogue d’Alliance.[2] Il faut l’interpréter en tant que tel. L’Alliance dans l’Ancien Testament offre donc un approfondissement pertinent.    Nous pratiquons alors une « Exégèse canonique » en comparant les acteurs du récit de l’Annonciation avec ceux de Exode 19-20, lors de l’Alliance au mont Sinaï.

            A cause du lien entre l’Exode et Genèse 2-3[3], on peut comparer l’Annonciation avec l’Alliance au jardin de la Genèse. A quoi Marie aurait dit non. Quel est son Oui…

 

            Vos découvertes seront meilleures si vous faites cette recherche par vous même avant de lire la suite.     

 

Dialogue

             Au Sinaï : (Ex 19,7-8)

1.« Moïse alla et convoqua les anciens du peuple et leur exposa tout ce que Yahvé lui avait ordonné,

2.et le peuple entier, d’un commun accord, répondit : "Tout ce que Yahvé a dit, nous le ferons."

3.Moïse rapporta à Yahvé les paroles du peuple. »

           

            A Nazareth : (Lc 1, 38)

1.« L’ange entra et lui dit […].

2.Marie dit alors : "Je suis la servante du Seigneur; qu’il m’advienne selon ta parole !"

3.Et l’ange la quitta. »

           

            Au Sinaï, à la voix de Dieu, transmise par Moïse, le peuple répond avec responsabilité (Ex 19,8), mais il est bouleversé, il demande même de ne pas entendre directement Dieu (Ex 20, 19). Dans les commentaires rabbiniques, le dialogue est instauré non seulement entre Dieu et Israël, mais aussi entre Dieu et les autres peuples, et seul Israël accepte ![4]

            A Nazareth, à la voix de Dieu, transmise par l’ange, Marie répond avec responsabilité. A la suite de Marie, et en elle, les chrétiens disent aussi amen, oui, et, à leur façon, portent Jésus au monde.

 

Hommes et femmes

            L’Alliance au Sinaï était adressée aux hommes et aux femmes : « Le Père de l’univers proclama les dix paroles et oracles… alors que la nation, hommes et femmes ensemble, s’était réunie en assemblée. »[5]

            Au début de la nouvelle Alliance, un homme et une femme sont interpellés. Nous venons de lire l’annonce à Marie (Lc 1, 26-38) qui est une Alliance.  Il y a aussi l’annonce à Joseph (Mt 1, 18-25), ce Joseph qui pensait d’abord à se séparer de Marie jusqu’au jour où l’ange lui révèle la mission qui lui est réservée.

            Grâce donc au « oui » d’une femme (Marie) et au « oui » d’un homme (Joseph) Dieu réalise la Nouvelle Alliance : le fils du Très Haut, le Verbe divin revêt notre chair pour devenir, de la façon la plus sublime, l’Emmanuel-Dieu avec nous, et être désigné comme le fils de Marie (Mc 6,3) ou le fils de Joseph (Jn 1,45).

 

 

Annonciation – Sinaï - Genèse

            L’Alliance conclue sur le mont Sinaï fut comme la naissance d’Israël en tant que peuple de Dieu. Elle apparut comme l’archétype de la Genèse même du genre humain aux origines du monde. Au Sinaï Dieu créa Israël pour établir une alliance d’amour. Dans le jardin de la Genèse, Dieu créa l’humanité (représentée par Adam et Eve) pour un pacte d’amitié. Mais après le Sinaï il y eut le péché du veau d’or ; après l’Alliance dans le jardin de la Genèse, Adam et Eve désobéirent et leur rapport, auparavant harmonieux, se disjoint (Gn 3) .

            Joseph est juste (Mt 1,19) et Marie est l’humble servante du Seigneur (Lc 1,48) et ils accomplissent la loi du Seigneur (Lc 2,23). Sur la base de leur union avec Dieu, Joseph et Marie vécurent vraiment comme une seule personne (Gn 2,24), par leur foi et par leur Fiat, ils accomplissent non seulement l’Alliance du Sinaï mais aussi l’harmonie originelle du jardin de la Création.

 

Purifiés

            Dans le livre de l’Exode, juste avant la première Alliance, les Hébreux eurent à se laver, à être purifiés, avant de pouvoir donner leur Oui à Dieu. (Exode 19, 10.14).

            A partir de ce passage de l’Ecriture, la tradition juive dit constamment que Dieu purifia son peuple de toute faute et de toute infirmité, afin qu’il soit prêt à prononcer son « Oui » au Sinaï. Au temps du Christ, Philon d’Alexandrie[6] dit qu’au désert les Israélites se purifièrent des péchés commis en Egypte et portèrent au Sinaï des vêtements d’une candeur incomparable, reflet de leurs esprits renouvelés. Au 2ème siècle, une autre tradition[7] dit que l’assemblée au Sinaï était comme une épouse devant laquelle l’époux s’exclame : « Tu es toute belle mon amie, et il n’y aucune tache en toi ! » (Ct 4,7). Pour le Talmud Babylonien[8], le jour de l’Alliance au Sinaï, tout était comme si le monde fût revenu à l’innocence des origines, avant le péché d’Adam et Eve[9].

            C’est aussi ainsi que l’a compris la tradition chrétienne concernant Marie, elle a été préparée, elle est l’Immaculée, ceci en vue de pouvoir donner son Oui à Dieu, « sans que nul péché ne la retienne » (Vatican II, Lumen Gentium 56). Cohérente avec toute la tradition juive sur l’Alliance du Sinaï, l’Eglise dira que Dieu créa Marie immaculée pour que le « Fiat » de l’Annonciation jaillît plus libre et joyeux, pour que Marie soit capable de vivre l’Alliance.

 

            Au passage, nous découvrons comment la méthode « narrative », la méthode « canonique » et l’« Approche par le recours aux traditions juives d’interprétation » sont des méthodes complémentaires. Et nous apprenons comment la tradition de l’Eglise et le magistère sont cohérents avec l’Ecriture.[10]

1.2. L’éclairage de la liturgie

            Dans les Églises des Gaules et d’Espagne préexistait un patrimoine de traditions liturgiques, provenant de l’Orient et de l’Italie, mais surtout de l’Afrique latine. En Espagne, l’Annonciation était célébrée pendant l’Avent[11]. L’« Ilatio » correspondait en un certain sens à la préface de la liturgie hispanique. L’Ilatio du deuxième dimanche d’Avent ( 7° siècle) met en évidence l’Alliance : la syntonie admirable entre l’ange qui promet, la Vierge qui croit, l’Esprit qui agit.

            Voici le texte, que nous citons entier, à cause de sa grande valeur théologique et poétique :

 

       « Il est juste et digne, convenable et salutaire de proclamer avec émerveillement la venue de notre Seigneur Jésus Christ qui est né parmi les hommes et pour les hommes,

un messager céleste parlait,

sur la terre une Vierge saluée écoutait,

l’Esprit Saint dans le sein vint et créait ;

Ce que l’ange promet, Marie le croit, l’Esprit vrai Dieu coopère,

La certitude suivait l’annonce de l’ange,

La vérité accomplissait la promesse,

Et la vertu, à l’ombre du Très haut,

Apprit à être une virginité féconde.

 

       Voici que tu concevras et que tu enfanteras un fils, annonçait l’ange

Et comment cela se fera-t-il ? répondit Marie.

Mais elle répondit en le croyant et non pas en doutant,

Remplie de l’Esprit Saint parce que l’ange l’assura.

 

       Vierge avant de concevoir, toujours Vierge après l’enfantement,

Elle a conçue son Dieu dans son esprit avant de le concevoir en son sein.

Elle, la première, a reçue le sauveur du monde,

Et pour cela elle est la vraie Mère du fils de Dieu.

       C’est lui qu’adorent les anges, les trônes, les dominations et les puissances, en disant : »

(Missel hispano-Mozarabe)[12]

 

 

            Le missel actuel s’est inspiré de ces liturgies anciennes :

 

« Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce ; toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant, par le Christ notre Seigneur. C’est lui qui pour sauver les hommes devait naître parmi les hommes ; c’est lui que l’ange annonce à la Vierge Immaculée et qu’à l’ombre de l’Esprit Saint elle accueille par la foi ; Lui qu’elle porte avec tendresse dans sa chair. […] » (Préface du 25 mars, missel romain, Paul VI)    

 

            De façon générale, le missel actuel présente l’Incarnation comme une Alliance :

 

« Par l’incarnation de son Fils,

Il [Dieu] a scellé l’Alliance du ciel et de la terre:

qu’il vous donne sa paix, qu’il vous tienne en sa bienveillance,

qu’il vous unisse dès maintenant à l’Église du ciel. »

(Extrait de la Bénédiction solennelle du jour de Noël, Missel Romain 88)

 

            Sensible à leur valeur poétique, le missel romain propose ces lignes séculaires chantant l’Alliance entre les Cieux (Dieu) et la terre (Marie) :

 

« Cieux, faites venir le Juste comme une rosée, qu’il descende des nuées comme une pluie bienfaisante ; que la terre s’entrouvre et donne naissance au Sauveur. » [13]

 

           

            Parfois, la liturgie parle de l’Alliance comme d’une noce, et de Dieu comme d’un Epoux. C’était le cas dans l’Eglise ancienne :

            Par exemple, pour la Présentation de Jésus au temple (fête du 2 février[14]) une antique antienne parle de la « chambre nuptiale » : l’Alliance est une noce (cf. Osée, Isaїe) de Dieu avec son peuple, et cette noce s’accomplit lors de l’Incarnation, avec le Christ Epoux. Ecoutons :

« Embelli la chambre nuptiale, o Sion, et reçoit le roi messie. Embrasse Marie qui est la porte de celui qui vient du ciel. Elle porte elle-même le roi de gloire. La Vierge se trouve dans une nouvelle condition à cause de la nouvelle lumière qui l’envahit, elle porte dans ses mains le Fils engendré avant la lumière. Syméon l’accueille et proclama qu’il est le Seigneur de la vie et de la mort et le Sauveur du monde. » [15]

           

            La finale de cette prière ancienne pour célébrer Noël s’inscrit dans la même perspective :

 

§1247 « Il est vraiment digne : surtout en ce jour, où a tu as révélé le sacrement même de notre salut[16], lumière des nations. Et par le mystère du sein virginal, tu l’as fait advenir d’une façon ineffable.

       Il a élevé la corne du salut dans la maison de David son serviteur[17] pour donner la science du salut à son peuple en rémission des péchés, par la tendresse de ta miséricorde, quand nous visite le soleil levant venu d’en Haut.[18]

       Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur[19], qui comme un époux sort de sa tente et il nous illumine pour nous faire sortir des ténèbres et de l’ombre de la mort et pour nous faire entrer dans la lumière éternelle. »[20]

 

            Et dans la parole « Qui comme un époux sort de sa tente et il nous illumine » c’est le psaume 18,6 cité pour dire que le Christ est l’Epoux : l’Incarnation signifie que Dieu épouse l’humanité.

           

            Dans la continuité avec ces très anciennes liturgies, l’actuel office nocturne de Noël chante le Psaume 44, le psaume nuptial par excellence, pour chanter les noces de Dieu avec l’humanité dans le sein de la vierge Marie.[21]

 

 

1.3. Une « constitution dogmatique » pèse ses mots…

 

            Vatican II parle de l’Annonciation dans le 8ème et dernier chapitre de la constitution dogmatique sur l’Eglise « Lumen gentium » (LG), c’est-à-dire le texte de la plus haute autorité et valeur doctrinale que le concile ait donné. La place de ce 8ème chapitre est une façon d’indiquer que Marie n’est pas un sujet secondaire, mais le sommet et le point d’orientation de l’enseignement conciliaire sur l’Eglise.

 

       « 56 Mais le Père des miséricordes a voulu que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée,

       en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. Ce qui est vrai à un titre exceptionnel de la Mère de Jésus donna au monde la vie, la vie même qui renouvelle tout,

       et fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’usage se soit établi chez les saints Pères, d’appeler la Mère de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l’Esprit-Saint, et formée comme une nouvelle créature (5). Enrichie dès le premier instant de sa conception d’une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l’ange de l’Annonciation, qui parle sur l’Ordre de Dieu, comme "pleine de grâce" (cf. Lc 1,28).

       Au messager céleste elle fait elle-même cette réponse: "Voici la servante du Seigneur, qu’il en soit de moi selon ta parole" (Lc 1,38). Ainsi Marie, fille d’Adam, donnant à la parole de Dieu son consentement, devient Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant au mystère de la Rédemption. C’est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie comme apportant au salut des hommes non pas simplement la coopération d’un instrument passif aux mains de Dieu, mais la liberté de sa foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, "par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause de salut (6)".

       Aussi avec lui, bon nombre d’anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications: "Le nœud dû à la désobéissance d’Eve, s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; ce que la vierge Eve avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi (7)" ; comparant Marie avec Eve, ils appellent Marie "la Mère des vivants (8)" et déclarent souvent: "par Eve la mort, par Marie la vie (9)". [22]» (LG 56)[23]

 

            Il y a dans ce texte dense, des lumières intenses sur l’événement du 25 mars, sur la liberté et le consentement de Marie, la préparation de son Oui, ses conséquences.

            Dieu le Père a voulu que l’Incarnation s’effectue dans une Alliance avec Marie, c’est-à-dire que « l’Incarnation fût précédée par une acceptation de » la part de Marie.

            Le Oui de Marie n’est pas retardé, « sans que nul péché ne la retienne » (cf. Comblée de grâce, Lc 1, 28). Le concile actualise le dogme de l’Immaculée conception. Si auparavant la préservation du péché originel était comprise dans le but de donner une chair immaculée au Fils de Dieu, aujourd’hui la préservation du péché originel est comprise comme la possibilité d’une réponse pleinement humaine, d’un Oui libre, aimé et irrévocable.

            Le Oui (Lc 1, 38) situe la Vierge comme épouse de Dieu, « épousant à plein cœur… la volonté divine de salut ». Le cœur a ici le sens biblique, le lieu profond de la conscience et du don de soi.

            Le Oui consacre Marie « à la personne et à l’œuvre du Christ », elle devient mère de Jésus qui est le sauveur. Elle est la servante du Seigneur, mais pour la rédemption de tous : « pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant au mystère de la Rédemption ». La rédemption ne dépend pas de Marie mais du Christ, mais le Père a voulu que Marie lui soit associée, d’une manière subordonnée, et Marie, librement et avec responsabilité s’y est associée.

           

            Le concile n’enseigne pas uniquement à partir de l’Evangile de Luc mais à partir des pères de l’Eglise et il évoque l’Annonciation comme une reprise de l’Alliance avec Adam et Eve. Marie est placée devant la parole de Dieu qu’elle écoute dans la liberté de la foi de son cœur vierge et obéissant, et elle donne son consentement. Ainsi elle a dénoué le nœud dû à la désobéissance d’Eve qui fut placée elle aussi devant la parole de Dieu.

 

            Dans la ligne du concile, Jean Paul II écrivit le 15 août 1988 au sujet de Marie : « au début de la Nouvelle Alliance, qui doit être éternelle et irrévocable, il y a une femme : la Vierge de Nazareth »[24]

            Et au sujet de Joseph, le 15 août 1989 : « L’homme juste [Joseph], qui portait en lui tout le patrimoine de l’antique alliance, a été lui aussi introduit au début de la nouvelle et éternelle Alliance, en Jésus-Christ. »[25]

 

1.4. Chemins spirituels

Pensez à une décision grande ou petite que vous devez prendre actuellement.

 

  • Priez tranquillement un ou plusieurs « Je vous salue Marie ».

 

  • Quelle est le travail de purification de votre cœur et de votre vie que vous sentez nécessaire pour prendre une décision juste, libre ?

 

  • Ecoutez la Parole de Dieu, un chapitre d’Evangile.

 

  • Quel est la compétence, la réflexion personnelle que vous introduisez dans votre décision ?

 

  • Avez-vous pensé aux conséquences pour d’autres personnes que vous ?

 

  • Votre décision, votre Oui, avez-vous pensé que Dieu l’écoutera avec respect ? Vous sentez vous aimé (aimée) de Dieu, partie prenante de son œuvre, comme une épouse avec l’Epoux divin ?

 

  • Si la décision n’est pas mûre, déposez vos pensées telles qu’elles sont, dans le cœur immaculé de Marie – Priez un « Je vous salue Marie ».

 

  • Si la décision est mûre, dites votre Oui avec Marie, « en Marie ». – Priez un « Je vous salue Marie ».

 

1.5. Pour aller plus loin, Marie « fille de Sion »

 

            Luc découvre les liens organiques qui lient la Vierge au peuple dont elle descend. Elle est aussi cette femme où Israël puise sa réalisation parfaite. En elle s’accomplit l’attente millénaire d’un peuple en chemin vers le Messie Rédempteur.

            L’identification que Luc fait de Marie avec la "fille du Sion", c’est-à-dire avec la communauté de d’Israël à la plénitude des temps émerge indirectement dans le récit de l’Annonciation : Lc 1,28-33 apparaît comme l’écho de trois prophéties : Sophonie3,14-17; Joël 2,21-27; Zacharie 2,14.-15; 9,9-10. Ces trois oracles prophétiques sont adressés à la "fille de Sion". Ils ont pour objet l’annonce de la joie messianique qui se répand sur l’Israël des temps derniers, quand Yahvé accordera à son peuple le salut et la libération définitive. Ils présentent un schéma identique[26] :

  • Khàire (réjouis-toi)… So3,14 ; Jl 2,21 ; Za 2,14; 9,9
  • Ne pas craindre… So3,16 ; Jl 2,21 ; Za 2,14; 9,9
  • Yahvé est dans le sein d’Israël... So3,15.17 ; Jl 2,27.

-Comme Roi… So3,15, Za 9,9

-Comme Sauveur… So3,17, Za 9,9-10

 

            Ainsi en Lc 1,28-33, le message de joie est adressé à Marie, la pleine de grâce, Jésus, fils du Très Haut vient chercher domicile en elle comme Roi et Sauveur.

 

            Précisons les choses en faisant un peu d’histoire :

Le sens de l’expression « fille de Sion »

a) Sion

            A l’origine, Sion était le rocher à l’est de la Jérusalem gébuséenne, surplombant les vallées du Cédron et du Tyropéon. Elle fut conquise par le jeune roi David qui y fit construire son palais royal. Alors Jérusalem-Sion fut appelé "ville de David". Dans cette forteresse David fit transporter l’arche d’Alliance,[27] pour ce motif Sion sera la maison de Yahvé.

            Après la mort de David, Salomon construisit le Temple et le palais royal au nord de la Jérusalem primitive, en y transférant l’arche[28]. Alors avec le nom du "Sion" fut surtout désigné le mont du Temple. Sion désigne ensuite tout Jérusalem ou tout Israël. Le montre le parallélisme très fréquent dans les textes poétiques entre Sion-Jerusalem[29] et celui, moins fréquent, entre Sion-Israël[30].

 

b) Fille de…

            Dans les livres poétiques de l’A.T. une ville ou une région est souvent désignée avec son propre nom, précédé par le terme « fille » : fille de Babylone, fille d’Edom, fille de l’Egypte, fille de Tarshish, fille de Tir, fille de Sidon. Avec cette personnification féminine - de caractère simplement littéraire - on veut parfois indiquer la ville ou la région, parfois ses habitants.

            Et comme Sion-Jérusalem est le centre de la terre sainte, le lieu de l’habitation de Yahvé dans le Temple au milieu de son peuple, l’expression fille de Sion va signifier tout Israël. [31]

            Dans les oracles prophétiques, la "fille de Sion" est qualifié de sainte, épouse, vierge, mère, maison de Dieu.

 

La fille de Sion chez Sophonie

            Sophonie vit au temps du roi Josias. Ce prophète a sans doute connu la prise de Jérusalem par Babylone en 587 av J-C. Au milieu des bouleversements de l’histoire, il prédit un cataclysme cosmique, le jour de colère. Les rois, les prêtres, les grands fonctionnaires ont failli, et Dieu se tourne vers les pauvres (Sophonie 2,3 ; 3,12.13.19). La terre sera aux pauvres du Seigneur après la fin d’un âge de péché et Dieu rassemblera le reste d’Israël dans Jérusalem au milieu des chants d’allégresse. Le "reste de l’Israël" est un peuple opprimé et pauvre qui cherchera refuge dans le nom de Yahvé :

            « Je ne laisserai subsister en ton sein qu’un peuple humble et modeste, et c’est dans le nom de Yahvé que cherchera refuge le reste d’Israël. Ils ne commettront plus d’iniquité, ils ne diront plus de mensonge ; on ne trouvera plus dans leur bouche de langue trompeuse. Mais ils pourront paître et se reposer sans que personne ne les inquiète. » (So 3,12-13)

« Pousse des cris de joie, fille de Sion ! une clameur d’allégresse, Israël ! Réjouis-toi, triomphe de tout ton cœur, fille de Jérusalem ! Yahvé a levé la sentence qui pesait sur toi ; il a détourné ton ennemi. Yahvé est Roi d’Israël au milieu de toi. Tu n’as plus de malheur à craindre. Ce jour-là, on dira à Jérusalem : Sois sans crainte, Sion ! que tes mains ne défaillent pas ! Yahvé ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur ! Il exultera pour toi de joie, il te renouvellera par son amour; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête. J’ai écarté de toi le malheur, pour que tu ne portes plus l’opprobre. » (So 3,14-18)

           

Les Fils de Sion chez Joël

            Vers 400 av J-C, alors que le retour en Judée après l’exil est déconcertant, Joël lance un grand élan de conversion et de pénitence (Joël 1,13-14 ; 2,12-17). Jérémie et Ezéchiel avaient annoncé un « cœur nouveau »,  Joël continue et annonce une effusion de l’Esprit sur tout le Peuple (Jl 3,1-5) qui permettra à celui-ci de rester dans la foi avant la venue du grand jour (Jl 4,15-21).

            Joël 2, 21-23 invite non seulement à l’allégresse les "fils de Sion", mais aussi la terre, le bétail, les arbres. La joie pour la présence de Yahvé au milieu d’Israël se répand sur l’homme et sur le cosmos également : les deux sont toujours associés dans l’histoire du salut. C’est dans le cosmos que s’inscrit l’histoire. Dans le Nouveau Testament, c’est encore dans le cosmos que l’homme trouvera un ami dans la glorification éternelle (Rm 8,19-23).

            « Terre, ne crains plus, jubile et sois dans l’allégresse, car Yahvé a fait grand ! Ne craignez plus, bêtes des champs ! (…) Fils de Sion, jubilez, réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu ! Car il vous a donné la pluie d’automne selon la justice, i la fait tomber pour vous l’ondée, celle d’automne et celle de printemps, comme jadis. (…) Vous mangerez tout votre soûl, à satiété, et vous louerez le nom de Yahvé votre Dieu, qui aura accompli pour vous des merveilles. (Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais !) Et vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, que je suis Yahvé, votre Dieu, et sans égal ! » (Joël 2,21-27)                      

             

La fille de Sion chez Zacharie

Le livre de Zacharie correspond à deux époques :

            Vers l’an 520 av.J-C, c’est la période Perse, la fin de l’exil à Babylone et le retour au pays avec Zorobabel et le grand-prêtre Josué. Le 1e Zacharie encourage la reconstruction du Temple (comme aussi le 3° Isaïe, et Aggée) : « Chante, réjouis-toi, fille de Sion, car voici que je viens pour demeurer au milieu de toi, oracle de Yahvé ! Des nations nombreuses s’attacheront à Yahvé, en ce jour-là : elles seront pour lui un peuple. Elles habiteront au milieu de toi et tu sauras que Yahvé Sabaot m’a envoyé vers toi. » (Za 2,14-15)

            Deux cents ans plus tard, au seuil de la période grecque, le 2nd Zacharie sonne le réveil de l’attente messianique. On retrouve chez lui l’espérance eschatologique d’un messie-roi (Za 9,9-10) et d’un envoyé qui meurt pour tous à la manière du serviteur du 2nd Isaïe (Za 12,9-14) : « Exulte avec force, fille de Sion ! Crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que TON ROI vient à toi : il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. Il retranchera d’Ephraïm la charrerie et de Jérusalem les chevaux ; l’arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux nations. Son empire ira de la mer à la mer et du Fleuve aux extrémités de la terre. » (Za 9,9-10)

 

         Saint Luc présente de grandes affinités avec la prophétie de Sophonie, la plus ancienne des trois[32] :

« Pousse des cris de joie, fille de Sion ! une clameur d’allégresse, Israël! Réjouis-toi, triomphe de tout ton cœur, fille de Jérusalem ! » (So 3,14)

« [L’ange] entra et lui dit : "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi." » (Lc 1,28)

 

« Yahvé est ROI d’Israël au milieu de toi. » (So 3,15)

« Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le TRONE DE DAVID, son père; il REGNERA sur la maison de Jacob pour les siècles et son REGNE n’aura pas de fin."(Lc 1,32-33)

 

« Tu n’as plus de malheur à craindre. Ce jour-là, on dira à Jérusalem: Sois sans crainte, Sion! que tes mains ne défaillent pas! » (So 3,15-16)

« Et l’ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » (Lc 1,30)

 

« Yahvé ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur! » (Sophonie 3,17)

« Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. » (Lc 1,33) Jésus = sauveur, cf. aujourd’hui vous est né un Sauveur »(Lc 2,11) 

Il est possible que Luc se soit aussi inspiré de Joël et Zacharie, chacun de ces prophètes ayant ses propres accents: Joël unit dans la même exultation le peuple d ’Israël et sa terre ; Zacharie insiste sur l’attente du roi messianique.

Un curieux pléonasme : tu concevras dans ton sein

            Dans les mots de l’ange rapportés en Lc 1,31 on remarque un pléonasme curieux: « Voilà que tu concevras dans le sein, et tu donneras à la lumière un fils... » Une expression analogue est répétée en 2,21: « Jésus, nom qu’il avait été donné par l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein. » Or, pour Sophonie cette expression indique l’habitation de Dieu au milieu de son peuple, dans le sein du Temple reconstruit par les exilés. Nombreux sont les textes de l’A.T qui emploient la phrase « au milieu de toi » (hébreu : "beqir-bêk") pour dire que Yahvé demeure au milieu des siens par la "Shekinâh", dans l’arche de l’alliance, dans le Temple. (Dt 7,21 ; Is 12,6 …) Luc recourt intentionnellement au pléonasme « dans ton sein » pour décalquer littérairement la prophétie de Sophonie qui annonçait la venue de Dieu « au milieu », « dans le sein » de son peuple, c’est-à-dire dans le Temple reconstruit.

            La Vierge de Nazareth est la nouvelle arche, le nouveau Temple dans lequel Dieu réalise une nouvelle, forme inouïe de présence entre les hommes.

 

Conclusion

            Luc reconnaît dans la Vierge la "fille du Sion", c’est-à-dire l’Israël des derniers temps et sa terre.

            Marie apparaît comme le reste fidèle d’Israël qui, dans sa pauvreté et dans sa sainteté, attend la joie de la venue de Dieu dans son Messie.

            Comme créature "pauvre", elle fit complètement une oblation intégrale de sa personne à Dieu et Dieu l’a remplit de Lui-même.

            Marie, Fille de Sion va devenir la mère du roi-Messie, et, au moment de la conception virginale, Yahvé ira habiter en son sein comme dans l’Arche de l’alliance, c’est pourquoi elle jubile et tressaille de joie.

            Maintenant, l’Église nouvelle Sion dont Marie est la prémisse ne devra rien craindre. La raison de son bonheur est le Christ incarné, que "Dieu reste avec nous", nous sauve et nous introduit dans les splendeurs de son Royaume.

            Réjouis-toi !

 

 


[1] Dans la ligne de l’analyse narrative, on parlera d’analyse sémiotique.

[2] Mais le Coran ne transmet pas de réponse de Marie, le récit de l’Annonciation n’y est pas un récit d’Alliance : il est question d’un décret irrévocable de la part de Dieu (Coran, sourate 3, 45-49 et 19, 17b-21)

[3] J. BERNARD, Genèse 1-3 : Lecture et traditions de lectures, dans Mélanges de science religieuse (1984), n°3-4, p. 109-128 ; (1986) Ibid., n°1, p. 3-55.

[4] Exode Rabba., 42,9

[5] Philon d’Alexandrie, De decalogo,32

[6] Philon, Du Décalogue 10.45

[7] Attribuée à Rabbi Simeone ben Jochai († 150 environ après J-C) cf. Cantique Rabba 4,7.1

[8] Tradition de la synagogue écrite entre 500 et 750 après J-C.

[9] « Quand le serpent s’approcha d’Ève, il injecta en elle la concupiscence ; mais quand les Israélites demeurèrent face au Sinaï, cessa leur incontinence » (Shabbat 145b)

[10] Cf. COMMISSION BIBLIQUE PONTIFICALE, L’interprétation de la Bible dans l’Église,  Vatican 1993.

[11] Ignazio Calabuig, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant’Anselmo. Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. CHUPUNGCO, vol V, Piemme 1998. p. 307-310

[12] Texte latin dans : (a cura di) J. JANINI, Liber missarum de Toledo y libros misticos, Toledo 1982, p. 6-7

[13] Antienne d’ouverture de la messe votive « La vierge Marie à l’Annonciation du Seigneur », pour le 25 mars, le 20 décembre et le 4ème dimanche de l’Avent. Congrégation du Culte Divin, Messes en l’honneur de la Vierge Marie, Desclée Mame, p. 37

[14]Qui reçut des appellations variées : Le 40e jour ; La fête de la rencontre, « Hypapante » ; La fête de saint Syméon ; La Présentation du Seigneur (Eglise romaine actuelle) ; L’entrée du Seigneur au temple (Eglise syrienne) ; La purification de Marie au temple. (Déjà dans la tradition Gélasienne et dans la liturgie romaine jusqu’en 1969).

[15] Antienne pour la fête du 2 février, Missel sextuplex, 7e siècle, traduction F. Breynaert.

[16] Le Christ était caché dans les cieux, il a été « révélé » quand il est venu sur la terre, dans le sein virginal de Marie. « Le sacrement de notre salut », c’est le Christ.

[17] Le Christ accompli la promesse faite à David (Lc 1, 78-79).

[18] Le texte cite le cantique de Zacharie (Lc 1,78) : Dieu visite son peuple.

[19] Dans la parole « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », on reconnaît l’acclamation de la foule à Jérusalem. Mais avant la venue à Jérusalem, il y a sa venue dans l’Incarnation.

[20] Liturgie de Noël, Sacramentaire Veronese, remontant selon toute probabilité au pontificat de Gélase I (492-496)

[21] Cf. Ignazio CALABUIG, Los formularios V-IX de la secciòn XL del sacramentarlo de Verona, Roma, 1964

[22] Notes: (5) Cf. S Germain Cont. Hom. in Annunt. Deiparae: PG 98, 328 A; In Dorm 2: col. 357. Anastasius Antioc. Serm. 2 de de Annunt.2: PG 89, 1377 serm. 3,2 col. 1388 C S Andreas Cret.Can. in B.V. Nat. 1, col. 812 A ; Hom. in dorm. 1: col. 1068 C S Sophronius, or. 2 in in Annunt, 18: PG 87 (3) 3237 BD.

 (6) S Irénée, Adv. Haer. III 22,4: PG 7,959 A; Harvey 2, 123.

 (7) " ibbidem ; Harvey 2, 124.

 (8) S Epiphanus, Haer 78, 18: PG 42, 728 CD 729

 (9) S Hieronymus, Epis. 22, 21: PL 22, 408. Cf. S Augustin, sermo 51, 2, 3,: PL 38, 335: serm. 232, 2 col. col. 1108. S Cyrillus Hieros, catec. 12,15 PG 33, 741 S.Jean Chrisosthome, in Ps 44,7 PG 55, 193. S Damascène, Hom. 2 in in dorm. B.M.V. 3: PG 96, 728.

[23] LG = Vatican II, Constitution dogmatique « Lumen Gentium »

[24] Jean Paul II, Lettre apostolique « Mulieris dignitatem » (15 août 1988)

[25] Jean Paul II, Lettre apostolique « Redemptoris Custos » § 32 (15 août 1989)

[26] R. LAURENTIN, Structure et théologie de Luc 1-2, 4e édition, Paris 1964, p. 66, note 8

[27] 2 Sam. 5,6-7.9-11; 6,1.12

[28] 2 Sam. 24,16-25

[29] Par exemple : Is 37,32; 52,1-2; Jr 26,18; 51,35.

[30] Is 46,13; Ps 149,2.

[31] So 3,14; Lam 2,1.

[32] Cf. ZEDDA S., Il khàire di Lc 1,28 in luce di un triplice contesto anticotestamentario, in Parola e Spirito, Studi in onore di S.Gipriani, vo1.I, Paideia, Brescia 1982, p.273-293.

LEMMO N, Maria, "Figlia di Sion", a partire da Lc 1,26-38. Bilancio esegetico dal 1939 al 1982, in Marianum 45 (1983), p.175-258.

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