Vatican II, Lumen gentium VIII

Vatican II parle de Marie 1/4 (Introduction, LG 52-54) et 2/4 (Marie dans le mystère du Christ LG 55-59)

Vatican II parle de Marie - Marie dans le mystère de l'Eglise LG 60-69

 

            Le concile Vatican II a beaucoup parlé de Marie, plus qu’aucun autre concile avant lui, et il a choisi d’en parler dans une « Constitution dogmatique », Lumen gentium (21 novembre 1964), c’est-à-dire ce qui a la plus haute autorité parmi les textes du concile. Notre étude est donc très importante.           

            Lumen Gentium traite de l’Eglise en elle-même et forme un dyptique avec le document conciliaire Gaudium et Spes, Constitution pastorale, qui traite de l’Eglise dans son rapport au monde.

            Lumen Gentium a huit chapitres :

  1. « Le Mystère de l’Eglise
  2. Le Peuple de Dieu
  3. La constitution hiérarchique de l’Eglise et spécialement l’Episcopat
  4. Les Laïcs
  5. L’appel universel à la Sainteté dans l’Eglise
  6. Les Religieux
  7. Le Caractère eschatologique de l’Eglise en marche et son union avec l’Eglise du ciel
  8. De la Bienheureuse Marie, Vierge, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise » 

 

            Le chapitre VIII apparaît dans la continuité, comme le sommet qui illumine toute la Lumen gentium, et donc aussi tout le concile Vatican II dont la Lumen gentium est un document clef.

 

            Rappelons ce que nous avons expliqué précédemment. Jésus a pris l’appellation « Fils de l’homme », ce qui signifie plus que simplement « homme » : il fait référence au prophète Daniel (Dn 7) où le « fils de l’homme »symbolise un royaume (une organisation sociale, une communauté, une collectivité) qui s’oppose aux « bêtes » qui symbolisent aussi des royaumes. Autrement dit, Jésus veut nous incorporer en lui, ce qui saint Paul traduira par l’image du « corps du Christ ».

            La mère de Jésus le Fils de l’homme est de manière indissociable

  • la mère de Jésus (figure individuelle),
  • et la mère de son royaume (Dn 7), l’Eglise.

            L’Eglise primitive a donc embrassé d’un seul regard la mission de « Marie dans le mystère du Christ et de l’Eglise ».

 

            Le chapitre VIII de la Lumen Gentium a pour titre : « De la Bienheureuse Marie, Vierge, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise ».

            Tous les mots sont choisis et pesés :

De Beata Maria Vergine Mater Deipara : De la Bienheureuse Marie, Vierge, Mère de Dieu.

« Bienheureuse » : le titre Bienheureuse est dans l’écriture, par exemple, l’adjectif sainte ne l’est pas, il a sa valeur dans le texte, mais dans le titre de ce document il ne convient pas.

« Marie » est son nom biblique

Le titre « Vierge » vient de l’évangile de Luc et du concile de Chalcédoine.

Le titre « Mère de Dieu » vient du concile d’Ephèse. (Théotokos)

« Dans le mystère du Christ et de l’Eglise » : on a choisi d’écrire au singulier « le mystère » car il y a un seul et unique mystère, celui du Christ et de l’Eglise qui forment un seul corps.

 

            Le plan du chapitre contient une introduction (52-54), une partie dogmatique sur Marie et le mystère du Christ (55-59) puis sur Marie et le mystère de l’Eglise (60-65), et une partie cultuelle (66-67) puis une ouverture eschatologique (68-69).

 

            Entrons dans le texte du concile.

 

Table des matières

Vatican II. 1

I. Introduction. 2

52. La Sainte Vierge dans le mystère du Christ 2

53. La Sainte Vierge et l’Église. 2

54. L’intention du Concile. 3

II. Rôle de la Sainte Vierge dans l’économie du salut 3

55. La Mère du Messie dans l’Ancien Testament 4

56. Marie à l’Annonciation. 4

57. La Sainte Vierge et l’enfance de Jésus. 6

58. La Sainte Vierge et le ministère public de Jésus. 6

59. La Sainte Vierge après l’Ascension. 7

III. La Vierge et l’Église. 7

60. Marie, servante du Seigneur 8

61. Marie, l’associée du Seigneur 8

62. Marie, Mère de la grâce. 9

63. Marie, modèle de l’Église. 9

64. L’Église, Mère et Vierge. 10

65. L’Église et l’imitation des vertus de Marie. 10

IV. Le culte de la Vierge dans l’Église. 11

66. Nature et fondement du culte de la Sainte Vierge. 12

67. L’esprit de la prédication et du culte de la Sainte Vierge. 12

V. Marie, signe d’espérance et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche. 14

68. Marie, signe d’espérance. 14

69. Marie et l’union des chrétiens. 14

 

 

I. Introduction

 

52. La Sainte Vierge dans le mystère du Christ

            « Ayant résolu, dans sa très grande bonté et sagesse, d’opérer la rédemption du monde, Dieu "quand vint la plénitude du temps, envoya son Fils né d’une femme... pour faire de nous des fils adoptifs" (Ga 4, 4-5). C’est ainsi que son Fils, "à cause de nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel et prit chair de la Vierge Marie par l’action du Saint-Esprit[1]".

            Ce divin mystère de salut se révèle pour nous et se continue dans l’Église, que le Seigneur a établie comme son Corps et dans laquelle les croyants, attachés au Christ chef et unis dans une même communion avec tous ses saints, se doivent de vénérer, "en tout premier lieu la mémoire de la glorieuse Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ[2]". »

 

Observation :

            Le chapitre VIII de Lumen gentium (LG) s’ouvre au § 52 avec une grande solennité « Ayant résolu, dans sa très grande bonté et sagesse, d’opérer la Rédemption du monde, Dieu… » (LG 52), comme le fit Pie IX pour la définition de l’Immaculée conception (dans la bulle Ineffabilis Deus) ou Pie XII pour la définition de l’Assomption (dans la constitution Munificentissimus Deus). Cette phrase nous renvoie aussi au début de cette même constitution Lumen Gentium : « Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a décidé d’élever les hommes à la communion de sa vie divine ; après leur chute en Adam, il ne les a pas abandonnés, leur apportant sans cesse les secours salutaires, en considération du Christ rédempteur… » (LG 2)

 

53. La Sainte Vierge et l’Église

            « La Vierge Marie en effet, qui, lors de l’Annonciation angélique, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps, et présenta au monde la Vie, est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur. Rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils, unie à lui par un lien étroit et indissoluble, elle reçoit cette immense charge et dignité d’être la Mère du Fils de Dieu, et, par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du Saint-Esprit, don exceptionnel de grâce qui la met bien loin au-dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre.

            Mais elle se trouve aussi réunie, comme descendante d’Adam, à l’ensemble de l’humanité qui a besoin de salut ; bien mieux, elle est vraiment "Mère des membres [du Christ]... ayant coopéré par sa charité à la naissance dans l’Église des fidèles qui sont les membres de ce Chef"[3]. C’est pourquoi encore elle est saluée comme un membre suréminent et absolument unique de l’Église, modèle et exemplaire admirables pour celle-ci dans la foi et dans la charité, objet de la part de l’Église catholique, instruite par l’Esprit Saint, d’un sentiment filial de piété, comme il convient pour une mère très aimante. »

 

Observation :

            Le concile montre Marie dans l’Eglise (elle est membre de l’Eglise, elle est notre sœur) et Mère des membres du Christ (on dira ensuite « Mère de l’Eglise »).

            Cf. Marie est la mère du « fils de l’homme », saint Augustin…

 

54. L’intention du Concile

            « Aussi, présentant la doctrine de l’Église en laquelle le divin Rédempteur opère notre salut, le saint Concile se propose de mettre avec soin en lumière, d’une part le rôle de la bienheureuse Vierge dans le mystère du Verbe incarné et du Corps mystique, et d’autre part les devoirs des hommes rachetés envers la Mère de Dieu, Mère du Christ et Mère des hommes, des croyants en premier lieu ;

            le Concile toutefois n’a pas l’intention de faire au sujet de Marie un exposé doctrinal complet, ni de trancher les questions que le travail des théologiens n’a pu encore amener à une lumière totale. Par conséquent, les opinions demeurent légitimes qui sont librement proposées dans les écoles catholiques au sujet de celle qui occupe dans la Sainte Église la place la plus élevée au-dessous du Christ, et nous est toute proche. »

 

Observation :

            La Constitution dogmatique Lumen gentium décrit largement le rôle de Marie vis-à-vis du Christ et de l’Eglise, mais elle ne prétend pas être un point final.

            Par exemple, les apparitions d’Amsterdam (achevées en 1957 et reconnues en 2002) demandent à aux chrétiens de s’unir (œcuménisme) et, ce qui paradoxalement pourrait sembler risqué pour l’œcuménisme, elles demandent un cinquième dogme marial ! Les opinions restent libres dit le concile… Cette liberté interpelle aussi en dehors du catholicisme ; un orthodoxe va jusqu’à dire : « l’absence même de dogme, telle qu’elle est vécue par le protestantisme, ne doit pas devenir un dogme à son tour... »[4] !

 

II. Rôle de la Sainte Vierge dans l’économie du salut

 

55. La Mère du Messie dans l’Ancien Testament

            « Les Saintes Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament et la Tradition vénérable mettent dans une lumière de plus en plus grande le rôle de la Mère du sauveur dans l’économie du salut et le proposent pour ainsi dire à notre contemplation. Les livres de l’Ancien Testament, en effet, décrivent l’histoire du salut et la lente préparation de la venue du Christ au monde.

            Ces documents primitifs, tels qu’ils sont lus dans l’Église et compris à la lumière de la révélation postérieure et complète, font apparaître progressivement dans une plus parfaite clarté la figure de la femme, Mère du Rédempteur. Dans cette clarté, celle-ci se trouve prophétiquement esquissée dans la promesse (faite à nos premiers parents après la chute) d’une victoire sur le serpent (cf. Gn 3, 15). De même, c’est elle, la Vierge, qui concevra et enfantera un fils auquel sera donné le nom d’Emmanuel (cf. Is 7, 14 ; cf. Mi 5, 2-3 ; Mt 1, 22-23).

            Elle occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Enfin, avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps et s’instaure l’économie nouvelle, lorsque le Fils de Dieu, par elle, prit la nature humaine pour libérer l’homme du péché par les mystères de sa chair. »

 

Observations :

            Marie est « prophétiquement esquissée » : l’Ancien Testament nous prépare à comprendre Marie, le concile donne trois exemples, soulignons le premier : Marie « nouvelle Eve », un thème qui nous conduira aussi à parler de Marie immaculée et associée au nouvel Adam.

            Marie est « parmi les humbles qui espèrent » : l’Ancien Testament prépare Marie personnellement, nous avons vu par exemple comment Marie est préparée à vivre l’Alliance du Sinaï, à attendre « l’ouverture du ciel », à traverser les épreuves à la suite de Job…

 

56. Marie à l’Annonciation

            « Mais il plut au Père des miséricordes que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. Ce qui est vrai à un titre exceptionnel de la Mère de Jésus qui donna au monde la vie destinée à tout renouveler, et fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d’une si grande tâche. Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que l’usage se soit établi chez les saints Pères, d’appeler la Mère de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de péché, ayant été comme pétrie par l’Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature.

            Enrichie dès le premier instant de sa conception d’une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l’ange de l’Annonciation, qui parle au nom de Dieu, comme « pleine de grâce» (cf. Lc 1, 28). Messager céleste auquel elle fait cette réponse : « Voici la servante du Seigneur, qu’il en soit de moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Ainsi Marie, fille d’Adam, donnant à la Parole de Dieu son consentement, devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l’œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant, au mystère de la Rédemption.

            C’est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coopération de sa libre foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, "par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause du salut". Aussi avec lui, un bon nombre d’anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications : « Le nœud dû à la désobéissance d’Ève s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; ce qu’Ève la vierge avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi" ; comparant Marie avec Ève, ils appellent Marie "la Mère des vivants" et déclarent souvent : "Par Ève la mort, par Marie la vie". »

 

Observations :

            Attention à l’adjectif « prédestinée ». L’Ecriture dit : « Ceux qu’il a prédestinés, il [Dieu] les a aussi appelés; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Rm 8, 30). Dieu agit pour le bien. Luther fit l’erreur d’ajouter que Dieu prédestine aussi au mal, une erreur que l’on retrouve aussi dans l’islam et que l’on retrouvera chez l’Antichrist[5]. Or, c’est faux. Nous sommes comme de bonnes et de mauvaises poteries (Rm 9,21) ; Dieu "a préparé" les vases d’élection (v.23), mais ce n’est pas lui qui prépare les vases pour la perdition, il les "supporte" (v.22)[6].

Eve était vierge et immaculée, sortie toute pure des mains du Créateur, et elle n’avait pas de mauvais exemples. Eve a péché. Marie était vierge et immaculée, mais elle était entourée de mauvais exemples. Marie n’a pas péché, elle a au contraire attiré Dieu. « En sorte que, une femme [latin : la femme] ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme [latin : la femme] contribuât aussi à la vie. » (LG 56).

            Mais pour qu’une femme puisse coopérer à l’œuvre de Dieu il faut qu’elle en ait la stature, qu’elle soit immaculée et comblée de grâce. Pour l’exprimer, le texte du concile intègre les traditions d’Orient (la Toute Sainte) et d’Occident (indemne de toute tache de péché).

            La Vierge est placée devant « la parole de Dieu », qu’elle écoute avec la foi de son cœur vierge et obéissant, et elle donne son consentement ; dénouant ainsi le nœud dû à la désobéissance d’Eve qui elle aussi fut placée « devant la parole de Dieu ».

            Son Oui situe la Vierge comme épouse de Dieu, « épousant à plein cœur… la volonté divine de salut ». Le cœur a ici le sens biblique, le lieu profond de la conscience et du don de soi.

            Son Oui n’est pas retardé, « sans que nul péché ne la retienne ». Se reflète ici l’actualisation du dogme de l’Immaculée conception. Si auparavant la préservation du péché originel était comprise dans le but de donner une chair immaculée au Fils de Dieu, aujourd’hui la préservation du péché originel est comprise comme la possibilité d’une réponse pleinement humaine, d’un Oui libre, aimé et irrévocable.

            Le Oui de Marie consacre Marie « à la personne et à l’œuvre du Christ », elle devient mère de Jésus qui est le sauveur. Elle est la servante du Seigneur, mais pour la rédemption de tous : « pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant au mystère de la Rédemption ». La rédemption ne dépend pas de Marie mais du Christ, mais le Père a voulu que Marie lui soit associée, d’une manière subordonnée, et Marie, librement et avec responsabilité s’y est associée.

            Le concile n’enseigne pas uniquement à partir de l’Evangile de Luc mais à partir des pères de l’Eglise, notamment saint Irénée († vers l’an 200).

57. La Sainte Vierge et l’enfance de Jésus

            « Cette union de la Mère avec son Fils dans l’œuvre du salut est manifeste dès l’heure de la conception virginale du Christ jusqu’à sa mort ; et d’abord quand Marie, partant en hâte pour visiter Élisabeth, est saluée par elle du nom de bienheureuse pour avoir cru au salut promis, tandis que le Précurseur tressaillait au sein de sa mère (cf. Lc 1, 41-45) ; lors de la Nativité ensuite, quand la Mère de Dieu présenta dans la joie aux pasteurs et aux mages son Fils premier-né, dont la naissance était non la perte mais la consécration de son intégrité virginale.

            Puis lorsque, dans le Temple, après avoir fait l’offrande des pauvres, elle présenta son Fils au Seigneur, elle entendit Siméon prophétiser en même temps que le Fils serait un signe de contradiction, et que l’âme de la mère serait transpercée d’un glaive : ainsi se révéleraient les pensées intimes d’un grand nombre (cf. Lc 2, 34-35).

            Ayant perdu l’Enfant Jésus et l’ayant cherché avec angoisse, ses parents le trouvèrent au Temple occupé dans la maison de son Père, et la parole du Fils ne fut pas comprise par eux. Sa mère cependant gardait tout cela dans son cœur et le méditait (cf. Lc 2, 41-51). »

 

Observations :

            Le concile a choisi la simplicité et le récit.

            Il nous prépare à percevoir le « pèlerinage de la foi » de Marie (LG 58), en contemplant son union à Jésus. Cette foi constitue la virginité du cœur qui consacre la virginité physique de Marie.

            Il est bon aussi d’observer que Jésus, Marie, et Joseph sont proches de nous. La vie de la sainte famille est un soutien pour nos familles car ils ont traversé nos épreuves : l’épreuve au moment des fiançailles quand Joseph ne comprend pas, la naissance de Jésus à Bethléem où la tribu de David ne les accueille pas, la pauvreté de la crèche, la violence d’Hérode, l’épreuve de la fuite en un pays étranger, la recherche d’un travail…

 

58. La Sainte Vierge et le ministère public de Jésus

« Pendant la vie publique de Jésus, sa mère apparaît expressément, et dès le début, quand aux noces de Cana en Galilée, touchée de pitié, elle provoque par son intercession le premier signe de Jésus le Messie (cf. Jn 2, 1-11). Au cours de la prédication de Jésus, elle accueillit les paroles par lesquelles le Fils, mettant le Royaume au-delà des considérations et des liens de la chair et du sang, proclamait bienheureux ceux qui écoutent et observent la Parole de Dieu (cf.Mc 3, 35 par. et Lc 11, 27-28), comme elle le faisait fidèlement elle-même (cf. Lc 2, 19.51).

            Ainsi la bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l’union avec son Fils jusqu’à la croix où, non sans un dessein divin, elle était debout (cf. Jn 19, 25), souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d’un cœur maternel à son sacrifice, donnant à l’immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la croix, donnée comme sa Mère au disciple par ces mots : "Femme, voici ton Fils" (cf. Jn 19, 26-27). »

 

Observations :

            Le concile souligne la dimension profonde de la présence de la Vierge sur le Calvaire ; elle se tient droite, et son consentement à l’immolation de Jésus ne constitue pas une acceptation passive, mais un acte authentique d’amour, elle est réellement protagoniste de l’événement rédempteur, tout en restant subordonnée à son Fils divin. (La mort en elle-même n’est pas un sacrifice, pour qu’elle devienne un sacrifice il faut au moins deux choses : la volonté du Père qui veut cette mort comme un sacrifice et la volonté humaine qui la consomme en obéissance au Père).

            Aux insultes arrogantes dirigées contre le Messie crucifié, partageant les dispositions intimes de Jésus, Elle oppose l’indulgence et le pardon, en s’associant à la supplique au Père : « Pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).

 

59. La Sainte Vierge après l’Ascension

            « Mais Dieu ayant voulu que le mystère du salut des hommes ne se manifestât ouvertement qu’à l’heure où il répandrait l’Esprit promis par le Christ, on voit les Apôtres, avant le jour de Pentecôte, « persévérant d’un même cœur dans la prière avec quelques femmes dont Marie, Mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14) ; et l’on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l’Esprit qui, à l’Annonciation, l’avait déjà elle-même prise sous son ombre. Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute souillure de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort. »

 

Observations :

            Le concile fait le lien avec l’Annonciation. Par l’Esprit Saint, Marie à l’Annonciation est la mère du sauveur, et, à la Pentecôte, elle est la mère des sauvés.

            Le concile reprend la définition dogmatique de Pie IX concernant l’Immaculée. Le concile ré-affirme l’Assomption et sous-entend le lien entre l’Immaculée conception et l’Assomption de Marie, comme l’avait fait Pie XII dans la Munificentissimus Deus. Enfin, le concile affirme Marie Reine de l’univers, comme l’avait fait Pie XII dans Ad coeli Reginam.

            Le concile indique la raison de ces privilèges de Marie : « pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19,16) [= voilà ce qui explique Marie reine de l’univers], victorieux du péché [= voilà ce qui explique Marie immaculée] et de la mort [= voilà ce qui explique l’Assomption de Marie]. » 

 

III. La Vierge et l’Église

 

60. Marie, servante du Seigneur

            « Unique est notre Médiateur selon les paroles de l’Apôtre : « Car, il n’y a qu’un Dieu, il n’y a aussi qu’un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s’est donné en rançon pour tous » (1Tm 2, 5-6). Mais le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.

            Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d’une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu ; l’union immédiate des croyants avec le Christ ne s’en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire favorisée. »

 

Observations :

1)La médiation de Marie « a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d’une nécessité objective » : on n’enferme pas Dieu dans une logique et des axiomes.

2)Elle « découle de la surabondance des mérites du Christ », et elle « s’appuie sur sa médiation (du Christ) ».

3)« dont elle dépend en tout », les paroles de Jésus « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,15) valent aussi pour Marie… « et d’où elle tire toute sa vertu » : la parabole de la vigne et des sarments vaut aussi pour Marie.

4)« L’union immédiate des croyants avec le Christ ne s’en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée ». Cette phrase est surtout présente pour lever les objections des frères protestants.

 

61. Marie, l’associée du Seigneur

            « La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d’une disposition de la Providence divine, l’aimable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourait sur la croix, elle apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère. »

 

Observations :

            « A un titre absolument unique », en latin, « singulater prae aliis ». « singulater » : d’une manière éminente, extraordinaire ; « prae aliis » plus que les autres. Autrement dit, Marie n’est pas la seule à être associée à l’œuvre du Rédempteur, mais elle est plus que les autres :

a)Par sa vie intérieure, ses mérites « par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité » (= Cause ou dimension formelle).

b)Par son intention (en conformité avec la volonté du Père) : « pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle » (= Cause ou dimension finale).

 

62. Marie, Mère de la grâce

            « À partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint sous la croix dans sa fermeté, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après l’Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas : par son intercession multiple, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel.

            Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse.

            C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ.

            Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source.

            Ce rôle subordonné de Marie, l’Église le professe sans hésitation ; elle ne cesse d’en faire l’expérience ; elle le recommande au cœur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s’attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur. »

 

Observations :

            Le concile souligne la continuité entre la maternité spirituelle de Marie sur la terre et au ciel.

            Le concile n’a pas voulu préciser les modalités concrètes de la maternité spirituelle de Marie au ciel (prière, intercession, aide, intervention, apparitions) : « son intercession multiple ».

            L’action maternelle de Marie a d’abord pour but notre salut éternel. Mais elle concerne aussi tous « les périls et les épreuves » liés à la vie terrestre.

            Par quel moyen Marie agit-elle ? Par l’amour maternel.

 

63. Marie, modèle de l’Église

            « La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité divine qui l’unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont siennes, se trouve également en intime union avec l’Église : de l’Église, comme l’enseignait déjà saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l’ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ.

            En effet, dans le mystère de l’Église, qui reçoit elle aussi à juste titre le nom de Mère et de Vierge, la bienheureuse Vierge Marie occupe la première place, offrant, à un titre éminent et singulier, le modèle de la vierge et de la mère : par sa foi et son obéissance, elle a engendré sur la terre le Fils lui-même du Père, sans connaître d’homme, enveloppée par l’Esprit Saint, comme une nouvelle Ève qui donne, non à l’antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n’altère. Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait le premier-né parmi beaucoup de frères (Rm 8, 29), c’est-à-dire parmi les croyants, à la naissance et à l’éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel. »

 

Observations :

            Marie n’est pas seulement le type ou la figure de l’Eglise, ce qui suggère habituellement l’idée d’une infériorité par rapport à ce qui est représenté, mais elle est son « modèle », modèle de la vierge (par la foi) et de la mère.

            Modèle de foi (à l’Annonciation, à la croix…) modèle de charité (elle accueille les bergers, elle accueille les disciples qui ont abandonné Jésus…).

            Cependant, Marie n’est pas un modèle comme par exemple un modèle de couture ou un plan d’architecte. Elle est un modèle vivant, agissant, un moule vivant… Elle stimule en nous ce que nous avons de meilleur. Nous passons ainsi de l’idée de modèle à l’idée de coopération ou de médiation maternelle que le concile développe :

            « … les croyants, à la naissance et à l’éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel » : l’action de Marie coopère (maintenant, au présent) à l’action du Christ et des Sacrements, spécialement le baptême, sacrement de la régénération.

 

            Par exemple, dans ce que l’on appelle consécration à Jésus par Marie, on se donne à Dieu pour qu’il opère en nous son œuvre créatrice et rédemptrice (Marie étant le « milieu » maternel, le « lieu saint » où Dieu peut opérer pleinement). Il se produit à la fois un renouvellement des vœux du baptême et une réactualisation, dans l’Esprit Saint, de la grâce du baptême.

 

64. L’Église, Mère et Vierge

            « Mais en contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, l’Église (grâce à la Parole de Dieu qu’elle reçoit dans la foi) devient à son tour Mère : par la prédication en effet, et par le baptême, elle engendre à une vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu.

            Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu’elle garde intègre et pure ; imitant la Mère de son Seigneur, elle conserve, par la vertu du Saint-Esprit, dans leur pureté virginale une foi intègre, une ferme espérance, une charité sincère. »

 

Observations :

            Dieu qui avait voulu la coopération libre et responsable de Marie à l’Incarnation de son Fils veut aussi la libre coopération libre et responsable de l’Eglise qui devient « Vierge-Mère ».

 

65. L’Église et l’imitation des vertus de Marie

            « Cependant, si l’Église en la personne de la bienheureuse Vierge atteint déjà à la perfection sans tache ni ride (cf. Ep 5, 27), les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché : c’est pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie exemplaire de vertu qui rayonne sur toute la communauté des élus.

            En se recueillant avec piété dans la pensée de Marie, qu’elle contemple dans la lumière du Verbe fait homme, l’Église pénètre avec respect plus avant dans le mystère suprême de l’Incarnation et devient sans cesse plus conforme à son Époux. En effet intimement entrée dans l’histoire du salut, Marie rassemble et reflète en elle-même d’une certaine façon les requêtes suprêmes de la foi et lorsqu’on la prêche et l’honore, elle renvoie les croyants à son Fils et à son sacrifice, ainsi qu’à l’amour du Père.

            L’Église, à son tour, poursuivant la gloire du Christ, se fait de plus en plus semblable à son grand modèle en progressant continuellement dans la foi, l’espérance et la charité, en recherchant et accomplissant en tout la divine volonté. C’est pourquoi, dans l’exercice de son apostolat, l’Église regarde à juste titre vers celle qui engendra le Christ, conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge précisément afin de naître et de grandir aussi par l’Église dans le cœur des fidèles.

            La Vierge a été par sa vie le modèle de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui, associés à la mission apostolique de l’Église, coopèrent pour la régénération des hommes. »

 

Observations :

  1. Marie est l’archétype de la sainteté de l’Eglise
  2. Marie est modèle des vertus
  3. Par Marie à son Fils
  4. Par le Christ à Marie
  5. Marie modèle de l’action apostolique

 

Exemple 1 : Ceux qui participent à la mission de l’Eglise doivent être animés de la foi, de la patience, de la douceur de Marie ; ils doivent prendre pour modèle sa pureté, son espérance, sa miséricorde…

 

Exemple 2 : Marie nous inspire pendant la messe :

  • Accueil / Marie vierge de l’accueil
  • Confiteor / Marie, mère de miséricorde
  • Lectures / Marie nous aide à garder et à méditer toute chose dans notre cœur (Lc 2, 19, 51).
  • Homélie qui donne des exemples concrets et actualise la Parole / Marie nous aide à incarner la Parole.
  • Consécration / Tenir l’hostie comme Marie tenait Jésus à la crèche ou au pied de la croix… Etre avec Marie, unie au Christ jusqu’à la croix.
  • Communion / Marie « épouse » nous aide à communier profondément au Christ.
  • Envoi / Marie, comme au cénacle de la Pentecôte, nous encourage à partir en mission.

 

            Cet exemple, par son « christocentrisme », nous introduit bien à ce qui va suivre.

 

IV. Le culte de la Vierge dans l’Église

 

66. Nature et fondement du culte de la Sainte Vierge

            « Ayant pris part, comme la Mère très sainte de Dieu, aux mystères du Christ, élevée par la grâce de Dieu, après son Fils, au-dessus de tous les anges et les hommes, Marie est légitimement honorée par l’Église d’un culte spécial.

            Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de « Mère de Dieu » ; et les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous les dangers et leurs besoins.

            Surtout depuis le Concile d’Ephèse, le culte du Peuple de Dieu envers Marie a connu un merveilleux accroissement, sous les formes de la vénération et de l’amour, de l’invocation et de l’imitation, réalisant ses propres paroles prophétiques : « Toutes les générations m’appelleront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses » (Lc 1, 48).

            Ce culte, tel qu’il a toujours existé dans l’Église, présente un caractère absolument unique ; il n’en est pas moins essentiellement différent du culte d’adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu’au Père et à l’Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir. En effet, les formes diverses de piété envers la Mère de Dieu, que l’Église approuve (maintenues dans les limites d’une saine doctrine orthodoxe) en respectant les conditions de temps et de lieu, le tempérament et le génie des peuples fidèles, font que, à travers l’honneur rendu à sa Mère, le Fils, pour qui tout existe (cf. Col 1, 15-16) et en qui il a plu au Père éternel « de faire habiter toute la plénitude » (Col 1, 19), peut être comme il le doit, connu, aimé, glorifié et obéi dans ses commandements. »

 

Observations.

  • Le concile donne trois fondements du culte marial :

a) Marie est la « Mère très sainte de Dieu » (maternité et sainteté fondent son culte).

b) Marie est « présente aux mystères du Christ », c’est à dire le fait qu’elle fut associée à son œuvre rédemptrice.

c) Marie est « élevée », c’est à dire qu’elle est reine de l’univers, d’une manière subordonnée au Christ roi.

 

  • Le concile donne trois références du caractère traditionnel du culte marial :

a) L’évangile (Lc 1,48) qui décrit l’attitude de la première communauté chrétienne.

b) La prière du « Sub tuum Praesidium » datant du 2e ou 3e siècle, avant le concile de Nicée, et comportant déjà le titre de Mère de Dieu. C’est ce à quoi fait allusion « depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de " Mère de Dieu" ; et les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous les dangers et leurs besoins. » (LG 66)

c) Le concile d’Ephèse (431).

 

            Le concile précise quelle est la nature du culte marial : il est au-dessus du culte rendu aux anges et aux saints mais il est distinct et inférieur au culte rendu à Dieu.

Le concile rappelle que le culte marial est christocentrique, son but est de nous conduire au Christ.

 

67. L’esprit de la prédication et du culte de la Sainte Vierge

            « Cette doctrine catholique, le saint Concile l’enseigne formellement.

            Il invite en même temps les fils de l’Église à apporter un concours généreux au culte, surtout liturgique, envers la bienheureuse Vierge, à faire grand cas des pratiques et exercices de piété envers elle, que le magistère a recommandés au cours des siècles et à conserver religieusement toutes les règles portées dans le passé au sujet du culte des images du Christ, de la bienheureuse Vierge et des saints.

            Il exhorte vivement les théologiens et ceux qui portent la Parole de Dieu à s’abstenir avec le plus grand soin, quand la dignité unique de la Mère de Dieu est en cause, à la fois de tout excès contraire à la vérité et non moins d’une étroitesse injustifiée.

L’application à la Sainte Écriture, aux écrits des Pères et des docteurs, à l’étude des liturgies de l’Église, sous la conduite du magistère, doit leur faire mettre dans une juste lumière le rôle et les privilèges de la bienheureuse Vierge, lesquels sont toujours orientés vers le Christ, source de toute vérité, sainteté et piété.

            Qu’ils se gardent avec le plus grand soin de toute parole ou de tout geste susceptibles d’induire en erreur (sur la véritable doctrine de l’Église) soit nos frères séparés, soit toute autre personne.

Que les fidèles se souviennent en outre qu’une véritable dévotion ne consiste nullement dans un mouvement stérile et éphémère de la sensibilité, pas plus que dans une vaine crédulité ; la vraie dévotion procède de la vraie foi, qui nous conduit à reconnaître la dignité éminente de la Mère de Dieu, et nous pousse à aimer cette Mère d’un amour filial, et à poursuivre l’imitation de ses vertus. »

 

Observation :

Le concile s’adresse aussi bien aux théologiens qu’aux simples fidèles, afin que tous soient pieux et équilibrés.

 

 

 

V. Marie, signe d’espérance et de consolation pour le Peuple de Dieu en marche

 

68. Marie, signe d’espérance

« Cependant, tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette terre, en attendant la venue du jour du Seigneur (cf. 2 P 3, 10), elle brille déjà devant le Peuple de Dieu en pèlerinage comme un signe d’espérance assurée et de consolation. »

 

Observations :

Au pèlerinage de la foi de Marie (LG 58) correspond son rôle comme signe d’espérance et de consolation pour le peuple de Dieu en pèlerinage lui aussi…

 

69. Marie et l’union des chrétiens

            « Le saint Concile trouve une grande joie et consolation au fait que, parmi nos frères séparés, il n’en manque pas qui rendent à la Mère de notre Seigneur et Sauveur l’honneur qui lui est dû, chez les Orientaux en particulier, lesquels vont, d’un élan fervent et d’une âme toute dévouée, vers la Mère de Dieu toujours Vierge pour lui rendre leur culte. Il faut que tous les fidèles croyants adressent à la Mère de Dieu et la Mère des hommes d’instantes supplications, afin qu’après avoir assisté de ses prières l’Église naissante, maintenant encore, exaltée dans le ciel au-dessus de tous les bienheureux et des anges, elle continue d’intercéder près de son Fils dans la communion de tous les saints, jusqu’à ce que toutes les familles des peuples, qu’ils soient déjà marqués du beau nom de chrétiens ou qu’ils ignorent encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité. »

 

Observations.

            Le concile mentionne Marie dans la communion des saints, ce qui est aussi d’une grande importance œcuménique. Cette délicieuse sensibilité œcuménique, sans nuire à la vérité, révèle la charité apostolique de l’Eglise.

            Le concile élargit son horizon à tous les peuples.

 


[1] Credo de la Messe romaine, symbole de Constantinople...

[2] "Canon de la messe romaine"

[3] Saint Augustin, De S. Virginitate, 6

[4] ZELINSKY, V., Mary in the Mystery of the Church : The Orthodox Search for Unity, in Miravalle, M. I. (ed.), Mary Coredemptrix, Mediatrix, Advocate. Theological Foundations. II. Papal, Pneumatological, Ecumenical, Queenship Publishing, Santa Barbara 1997, p. 224.

[5] Bien évidemment, l’Antichrist et ses adeptes auront tout intérêt à dire qu’ils sont prédestinés à commettre toutes les iniquités qu’ils feront !

[6] Cf. CONCILE DE TRENTE, 6° session, Canons sur la justification.

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